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8 juillet 2007 7 08 /07 /juillet /2007 00:01

Nouveau petit exercice d'écriture de Papier Libre.
Ce grand chêne dénudé par l'hiver, que vous inspire-t-il ? En vers ou en prose, ou simplement par un Haïku, célébrez-le, transmettez-nous vos émotions, vos souvenirs, soit de lecture, soit de rencontre avec un de ses semblables., sous un de ses semblables.... Les scénaris peuvent être multiples...

Me souvenir de mes premiers instants ? C'est bien loin tout ça. J'ai entendu les éphémères dirent que je suis né sous le règne d'un de leurs grands arbres, François Premier je crois, et d'après eux je serais un descendant d'un chêne comme ils appellent ma race sous lequel un autre de leur roi rendait justice. Je ne sais, j'ai un peu de mal à comprendre ces bizarres créatures qui ne sont pas attachées à notre mère nourricière.

Bref, la première chose dont je me souvienne c'est d'avoir été entraîné par une curieuse petit chose rousse, elle m'a arraché à la branche maternelle et enterré dans cette clairière où elle m'a oublié.

Là, à l'abri dans la terre noire j'ai senti sortir de ma coque une racine qui s'est enfoncée dans l'humus pour se gorger de vie, dans le même temps je risquais un minuscule tronc à l'extérieur. Le monde autour de moi m'émerveilla. Le vert, le vent, la pluie, le soleil, la vie. C'était merveilleux.
Bien sûr, mes premières années furent difficiles, il me fallait grandir pour trouver les rayons réconfortants du soleil, je devais développer des branches et des feuilles pour recueillir cette manne céleste, tandis que mes racines se multipliaient et s'étiraient dans toutes les directions sous la terre, je devais aussi espérer échapper aux créatures qui m'auraient bien avalé. Il y avait de la concurrence et ma croissance en a tué beaucoup autour de moi, mais qui pouvais-je ?
Les éphémères raisonnent en années, nous les arbres pensons saisons. Celle du repos où nous nous reposons sous la neige, celle de la renaissance où nos feuilles jaillissent, celle de la reproduction où nos fruits se séparent de nous, celle de l'endormissement où nos feuilles prennent des couleurs que les éphémères admirent.
Ainsi passèrent les saisons. J'ai eu beaucoup de chance d'arriver dans cette clairière au cœur de la forêt, car pour mes congénères de l'orée la vie n'était pas facile, souvent j'entendais leurs hurlements lorsque les éphémères qui pensent gouverner notre terre les abattaient pour en faire du feu ou les transformer pour leur confort. 
Oui, j'eus de la chance. Sous mon ombrage venaient souvent se nicher des éphémères amoureux qui allaient donner naissance à d'autres comme eux, parfois aussi des jeunes enfants jouaient dans mes branches. Mais, il faut dire que je suis un géant débonnaire, certains d'entre nous aspirent la force vitale de ceux qui se couchent sous eux, moi au contraire cette force je la leur donnait à tous ces petits être si faibles.
Au fil des saisons je donnais naissance à de nombreux petits, je ne sais combien ont survécu. J'en vois quelque-uns près de moi, d'autres ont été emmenés loin, parfois aussi je reconnais leurs voix dans le lointain.
Mais mon temps va bientôt s'achever. Mon sang circule moins bien, j'ai de plus en plus de mal à développer branches et feuilles. J'ai envie de m'assoupir dans un hiver sans fin, me reposer. Les éphémères viennent me voir souvent et m'examinent, certains semblent me vénérer, comme c'est étrange. 
Me laissera t-on finir paisiblement mes jours, me dessécher et rejoindre notre mère la terre ou m'infligera t-on la torture de la scie. Je ne sais, et dans mon grand âge ceci m'importe peu. J'ai vécu pleinement ma vie, répandant ma semence, abritant les petites créatures fragiles de la forêt, les nourrissant, donnant paix et tranquillité aux éphémères capables de comprendre la grandeur de la Vie. Oui j'ai bien vécu et je peux maintenant rejoindre le grand tout et peut-être renaître ailleurs.

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commentaires

Joëlle 09/09/2008 22:41

Une pure merveille !... et avec la voix de C. Barrault dessus j'imagine l'émotion qui devait régner dans l'Assistance, félicitations en tous les cas Martine ;-)

Martine 10/09/2008 07:53


Merci. Comme j'étais vers le fond de la salle je n'ai pas percuté tout de suite que c'était Marie-Christine Barrault qui la lisait, mais quand je m'en suis rendu
compte, ça m'a fait tout drôle


edith 09/07/2007 10:25

Tu manies très bien les mots ...En écriture, tu es forte comme le chêne ...Dans la vie , es-tu souple comme le roseau?je te dis Bravo...et je m'en vais continuer ma lecture...

Martine 09/07/2007 11:12

Je suis plutôt comme une balle de caoutchouc qui rebondit, bondit, dit, it

Frederianne 08/07/2007 18:09

J'aime beaucoup cette sensibilité...C'est si vivant la façon dont tu écris !;-)

Martine 08/07/2007 18:31

La consigne de papier libre m'avait inspirée je suppose, mais je suis plus prose que poème comme toi

Pepita 08/07/2007 00:28

Il y an a tellement que je ne sais pas par où commencer !Par le chêne donc qui t'inspire joliment :)Par les chats ensuite dont je partage aussi la passion.Merci :)Pepita

Martine 08/07/2007 10:12

Merci de ta visite et bienvenue. N'hésite pas à fouiller dans la chatière et dans mes pages d'écriture.

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