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23 septembre 2007 7 23 /09 /septembre /2007 00:13

Ceci est une histoire improbable.

En me rendant au travail j'ai croisé à plusieurs reprises la route d'un tigre blanc à l'air triste et d'un papillon cœur.

De jour en jour, un murmure de plus en plus fort paraissait émaner d'eux.

Alors, un soir, je me suis arrêtée, je les ai pris en photo, et j'ai entendu leur conversation.

Le tigre était là depuis peu lorsque le papillon en forme de cœur vint le rejoindre.

Profitant peut-être de ma présence, il osa prendre la parole dans un doux feulement pour ne pas effrayer la frêle créature au-dessus de lui.

"Qui es-tu ? Que fais-tu ?

"Je ne sais, je crois que je devais donner un rendez-vous comme toi".

"Le mien est déjà passé, ceux qui m'ont déposé ici sont partis loin. Je n'ai plus de raison d'exister".

"Moi aussi mon rendez-vous est passé. Et j'en ai assez d'être posé sur ce poing. Je n'aime pas les poings, je préfère les mains ouvertes".

"Qu'importe, notre temps va bientôt s'achever. D'autres viendront nous recouvrir, j'ai vu cela se passer juste en face de nous avant ton arrivée. En attendant, je suis heureux de t'avoir comme compagnon, le temps me semblera moins long".

"Tu as l'air triste, Tigre !"

"Oui, j'en ai assez d'être prisonnier ici, j'aimerais connaître la liberté"

"Moi c'est l'air sous mes ailes que j'espère. Hélas nous sommes coincés ici. Que fait cette femme avec son appareil ? Crois-tu qu'elle nous entend ?"

Là, j'en profitai et j'intervins.

"Vouloir, c'est pouvoir. Essayez, échappez-vous !"

"Tu nous entends humaine ? Crois-tu vraiment que nous pourrions partir ?"

"Bien sûr, essayez simplement de tout votre cœur !"

Je repartis avec la photo que voici.

Puis de jour en jour, en passant devant eux, je les ai vus s'éclaircir doucement. La couleur blanche devenant transparente, la couleur rouge s'estompant en rosé.

De jour en jour, doucement ils sont partis vers un autre monde.

Et un matin, en allant au travail, je vis qu'ils avaient disparu, laissant derrière eux dans une trace bleutée, un cirque vide et un poing inutile.

Au loin, peut-être comme moi, verrez-vous passer la silhouette floue d'un tigre évanescent portant sur son épaule un papillon cœur d'un doux rosé, ou peut-être les devinerez-vous nuages flottants dans le bleu du ciel.

En tout cas, ils se sont évadés de leur prison de papier et de notre monde gris, juste avant qu'un nouveau panneau publicitaire ne vienne les emprisonner et détruire leurs rêves car bien sûr vous le savez certaines affiches rêvent et espèrent.

 
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commentaires

C


Je suis bien d'accord concernant ta répulsion à voir des animaux enfermés.


 



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M


Au moins dans les parcs, comme Cerza près de Lisieux, ils bénéficient d'un très vaste territoire, c'est moins cruel qu'une petite cage



C


Je comprends pas, je comprends pas pourtant j'ai mes lunettes !





Dramatique !


Bon enfin donc politique


et pouvoir


Comme d'habitude, je vois après mes erreurs !


Bise



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M


Mes yeux avaient rectifiés d'eux-mêmes



C


Il y en a des messages dans ce texte !


Et c'est aussi un des plus attendrissants de ceux que j'ai lu.


J'ai énormément aimé le lire et il m'a énormément émue : leur détresse, leur candeur, leur prison, leur solitude, leur amitié, cette écoute. 


J'ai aimé aussi les mains ouvertes et non les poings (comme pour une Journée de l'Humanité d'ailleurs cela devrait être plus parlant mais peut-être cela semblerait naif sur une affiche? Probable
en plotique !) et le vent sous les ailes.


Liberté liberté chérie, combat avec tes défenseurs.


Libres et eux, dans une autre sphère.


Vouloir c'est pouvoie : tu leur as donné la clé.


Croire et aller.


 



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M


Merci pour ce commentaire. Je dois dire que, comme bien souvent, mes mains se sont mises au service de mes personnages, et en relisant je me demande qui a bien pu l'écrire ce texte, sûrement
quelqu'un bien planqué au fond de moi. Je dois dire que ce qui m'avait surtout émue dans cette affiche c'était l'air désespéré de ce tigre. J'ai du mal à voir ces superbes animaux derrière les
barreaux d'un cirque asservis à l'humain.



K
Mon tigre et mon papillon sont aussi amis dans mon texte mais pas avec la même finalité.En tout cas ton article est plein d'imagination et de poésie...Et en plus t'as fait une mise en image...Bravo.
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M
Je viens de lire ton histoire, eh bé ! J'aurais du me méfier avec le titre. La mise en image m'a bien amusée aussi et c'était une bonne façon de conclure mon histoire. En ce qui te concerne évite peut-être l'image !
A
Ton histoire est très jolie ! Parfois je voudrais faire comme Pierre Perret et ouvrir les cages de tous ces pauvres animaux de cirque ou de zoo ! Ce tigre a des yeux à vous déchirer l'âme et je ne comprends pas que le proprio du cirque s'en soit servi pour faire la promo de son spectacle! C'est à vous dégoûter au contraire ! Bises !
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M
Ce qui m'avait attirée dans cette superposition d'affiches c'était le papillon (pas la fête de l'huma) et les yeux désolés de ce tigre. Tu as raison c'est plutôt une contre-pub.

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