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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 00:10

http://www.decitre.fr/gi/08/9782226194008FS.gifLa forêt des mânes - Jean Christophe Grangé

Résumé Decitre : Jeanne Korowa n'a fait qu'une erreur. Elle cherchait le tueur dans la forêt. C'était la forêt qui était dans le tueur comme l'enfant sauvage au fond de l'homme. Jeanne Korowa, brillante juge d'instruction à la vie affective désastreuse, enquête avec François Taine sur une série de meurtres particulièrement sauvages. Abusant de son autorité, elle fait installer des micros dans le cabinet d'Antoine Féraud, le psychanalyste qui reçoit chaque semaine son ancien petit ami, et tombe sur une séance où un père révèle les pulsions sanguinaires de son fils autiste.

Mon avis : Au début qu'elle est antipathique cette Jeanne, grosse travailleuse d'accord, mais bourrée de complexes et de préjugés. Heureusement, elle se rattrape bien après en refusant de suivre sa hiérarchie qui fait tout pour étouffer l'affaire du "cannibale", elle est prête à tout pour que justice soit rendue aux victimes et elle fait bien, tout au moins d'un côté humain, parce que pour ce qui est de la justice c'est une autre paire de manche. Elle traque donc l'assassin jusqu'en Amérique du Sud. Va-t-elle y découvrir une nouvelle race d'hommes comme semblaient le croire certaines des personnes assassinées ? Jean-Christophe Grangé nous fait par la même occasion redécouvrir les abominations commises pendant le règne des généraux, monstruosités qui n'ont même pas été punies ou si peu. Bref, ça se lit vite et bien.

En prime un extrait du texte que j'ai particulièrement apprécié et qui montre qu'il ne faut pas se montrer trop condescendant vis-à-vis des sauvages !

Jeanne eut un haussement d'épaules. Presque un geste d'humeur. Il prit ce mouvement pour du mépris. Le Ladino était ce soir d'humeur maya.

"Tu as lu Tintin et le temple du soleil ?"

"Il y a longtemps"

"Tintin et ses amis vont être sacrifiés aux dieux incas. Mais Tintin a lu dans le journal qu'une éclipse est prévue pour ce jour-là. Il demande a être exécuté à l'heure du phénomène et fait mine d'invoquer le soleil, qui s'obscurcit aussi sec. Les indiens terrifiés libèrent les héros".

"Et alors ?"

"Dans Apocalypto, un film tout récent, Mel Gibson remet ça. Toujours les indiens naïfs, épouvantés par une éclipse solaire..."

Jeanne croisa les bras et passa au tutoiement.

"Où veux-tu en venir ?"

"Tout ça à une source réelle. Le fait s'est perdu dans l'histoire coloniale, mais un écrivain guatémaltèque, Augusto Monterroso, l'a racontée. Son conte s'appelle l'Eclipse"

Elle soupira. Elle n'échapperait pas à l'histoire.

"C'est un missionnaire, Barthélémy Arrazola, au XVIème siècle. Les mayas l'ont fait prisonnier et s'apprêtent à le sacrifier. L'homme se souvient alors qu'une éclipse solaire doit survenir. Il parle un peu la langue locale. Il menace les indiens de noircir le soleil s'ils ne le libèrent pas. Les indiens l'observent, incrédules. Ils organisent un conseil. Le missionnaire, toujours ligoté, attend tranquillement qu'on le libère. Il est sûr de lui. Sûr de sa supériorité. De sa culture et de ses ancêtres. Quelques heures plus tard, son corps repose, sans vie, le coeur arraché, sous l'astre noir, alors que les indiens, d'une voix neutre et lente, récitent la liste de toutes les éclipses que les astronomes de la communauté maya ont prévus pour les siècles à venir".

Silence. Il n'y avait pas même un moustique dans cette salle.

"Je ne comprends pas la morale".

Nicolas se pencha en avant. Ses yeux noirs. Sa figure étroite et blanche. Son crâne chauve. Son nez aquilin et ses lèvres minces. Jeanne reconnaissait maintenant les traits indiens derrière le vernis occidental. Un visage sculpté dans la pierre calcaire des pyramides de ses ancêtres.

"La morale" fit-il d'une voix sifflante "c'est que vous avez tort de nous prendre pour des cons. Au VIème siècle, nos calendriers étaient aussi précis que les vôtres aujourd'hui"


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commentaires

H


J'avais lu le tout premier Grangé, "les rivières" et l'avais trouvé très bon .. sauf la fin. Pour ce qui est de cet extrait, je me demande qui peut encore prendre les mayas pour des c... sachant
la qualité de leur astronomie ! est ce que l'auteur n'a pas un peu forcé la note ?


Bisous



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M


L'histoire relatée par Grangé se passe je pense au temps de la conquête espagnole, à un moment où les "êtres civilisés" qu'étaient les européens prenaient tous les autres peuples pour des
sauvages sans culture. Savoir si ça a changé, ça c'est une autre question.



S


Bonsoir,


L'écriture me semble incisive à souhait... J'aime assez quand on ne se perd pas dans les méandres de phrases trop longues. L'intrigue a l'air intéressante aussi. Je vais l'ajouter à ma liste de
lecture ( qui ne cesse de s'allonger !).


 


gros bisous,


 


sandra



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M


Jean Christophe GRANGE est une "valeur sûre" même si ce roman ci n'est pas le meilleur



P


J'aime beaucoup l'extrait que tu nous offres. Je vais le lire rapidos. En ce moment je re-re-lis d'anciens bouquins et c'est achtement agréable, même si je me souviens très vite de
l'histoire.


Plein de bisouches les minettes



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M


Je l'ai trouvé très "instructif" concernant la suffisance des "civilisés"



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