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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 00:42

Wallis prénom de la semaine pour la Cour de Récré de Jill Bill. Mais où va-t-elle nous chercher tout ça ?

Ce matin, comme tous les matins, le Père Paterne se rend dans son église histoire d'imiter Don Camillo et tailler une petite bavette avec Jésus et les habitants à demeure que sont l'ange Blaise toujours coincé dans son bigorneau et Doria la petite étoile semeuse de muguet.

Mais ce qui change des autres matins, c'est la curieuse odeur de peinture qui règne. Venceslas, l'âne peintre se serait-il laissé enfermer ?

Le Père Paterne commence donc une tournée d'inspection, vite bouclée car l'église de Bigorbourg n'a quand même pas la taille de Notre-Dame de Paris et que Venceslas est plus gros et moins furtif qu'un chat !

Perplexe, il se gratte la tête et renifle une nouvelle fois, pas de doute ça sent bien la peinture.

Il se met donc à fureter sous le regard bienveillant de Jésus dans les bras de sa mère. (Juste une parenthèse, il y a bien une croix au-dessus de l'autel, mais elle est vide, le Père Paterne est un sensible il préfère Jésus enfant plutôt que supplicié).

Lorsqu'il passe près de la statue, il lui semble entendre un petit rire. Jésus et Marie se moqueraient-ils de lui ? Il lève la tête prêt à engager la conversation lorsqu'il reste sidéré.

Depuis qu'il est prêtre à Bigorboug, cette statue a toujours été vaguement blanche, vaguement grise et là, ahuri, il contemple une vierge revêtue d'une somptueuse robe bleue parsemée de fleurettes jaunes, l'auréole bien dorée, le teint délicatement rosé avec un sourire cerise. Jésus, brun et potelé, est enveloppé dans … Paterne est tellement sidéré qu'il en choit sur le premier banc à portée, Jésus, donc, est enveloppé dans un plaid écossais vert et rouge.

Oui, vous avez bien lu, l'enfant Jésus sourit de toutes ses dents au milieu d'un tartan que ne renierait aucun clan écossais.

Le Père Paterne se creuse la tête, voyons, voyons, sa fidèle gouvernante Pélagie n'aurait quand même pas osé allonger son café matinal d'une bonne rasade de Calvados quand même !

Il secoue le chef, histoire de s'éclaircir les idées et de dissiper ce qui doit être une hallucination, à nouveau il regarde la mère et l'enfant, et… ils sont toujours aussi, aussi, comment dire, aussi étonnants, voire détonants !

Un brin égaré, il fouille l'église du regard, il ne voit décidément rien, pas d'âne farceur, pas de bigorneau mort de rire.

Pour en avoir le cœur net, il va voir Blaise et l'interroge. Mais l'ange fait la sourde oreille et Paterne sent bien que ce coquin jubile.

Un léger mal de tête commençant à se faire jour, il préfère sortir et aller se promener.

Lorsqu'il revient, l'après-midi, lesté du délicieux repas de Pélagie, il envisage la vie avec beaucoup plus de sérénité. Il a sûrement dû rêver.

Il entre à nouveau dans l'église et l'odeur de peinture est encore là ! C'est maintenant les deux colonnes qui encadrent Marie et Jésus qui se sont transformées. Les motifs végétaux qui les décorent arborent maintenant des teintes multicolores somptueuses. Paterne se rend même compte qu'il aperçoit maintenant des détails qui jusqu'à maintenant lui avaient échappé, ici des oiseaux se nichent entre les branches, là c'est le museau d'une souris qui pointe, ailleurs il devine la queue d'un renard qui disparait dans les profondeurs de la pierre.

Bref, s'il n'avait pas les pieds sur terre, le Père Paterne crierait au miracle, encore qu'à Bigorbourg ce ne soit pas une impossibilité ! Mais que voulez-vous, il faut croire que son second prénom est Thomas parce qu'il décide de tirer ce mystère au clair.

La nuit venue, il se glisse subrepticement dans son église. L'odeur de peinture est toujours bien là, mais en plus, il y a maintenant une lumière dorée qui luit, tandis qu'une voix douce chantonne.

A pas de loup, Paterne s'approche et là, il découvre palette dans une main, pinceau dans l'autre, une charmante jeune femme, échappée des années "Peace and Love", cheveux parés des fleurs, revêtue d'une robe chamarrée, qui tranquillement s'occupe à peindre un angelot qui semble tellement content de ses belles ailes mauves qu'on le sent prêt à s'envoler.

Le Père Paterne n'a même pas le temps d'interpeler l'étrange demoiselle que celle-ci se retourne et lui sourit.

"Bonsoir mon père ! Que pensez-vous de mon travail ?"

"Eh bien, euh" balbutie le Père Paterne "c'est un peu surprenant, je dois dire !"

Un rire perlé lui répond "Surprenant certes, mais je ne fais que rendre à votre église les couleurs qu'elle ahttp://www.boutique-jourdefete.com/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/6/0/6037_1.jpg perdu au fil du temps."

Paterne ne peut qu'opiner.

Et maintenant, les Bigorbourgeois lorsqu'ils viennent faire un petit tour à l'église peuvent admirer les œuvres de Wallis et c'est chaque fois une surprise et un bonheur de se laisser porter par l'imagination de cette drôle d'artiste.

 

(Vous avez bien sûr noté mon idée tordue : Wall pour les murs bien sûr)

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Published by Martine27 - dans Bigorbourg
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commentaires

@ Marie-Louve 30/05/2012 23:01


The Wall and Pink Flood, la belle époque des couleurs et des fleurs partout Bravo pour cette géniale idée concrétisée par Wallis à Bigorbourg.

Martine27 31/05/2012 19:01



Tiens c'est vrai que j'avais un peu oublié Pink Floyd, mais manifestement Wallis s'en souvenait c'est le principal



Pascal Djemaa 30/05/2012 22:27


J'aime votre blog... Pascal.

Martine27 31/05/2012 19:00



Merci beaucoup



Lenaïg Boudig 30/05/2012 20:28


Ah, bravo, Martine, encore plus d'originalité que d'hab' ! Je m'en veux de ne pas avoir fait le rapprochement entre "wall" et Wallis, mais oui ! Toujours une super atmosphère à Bigorbourg, qui a
maintenant une église magnifiquement recolorée !


J'ai la même préférence que toi concernant les représentations de Jésus.


Bises.



Martine27 31/05/2012 18:58



Tu n'as pas à t'en vouloir, c'était vraiment tordu comme raisonnement. Wallis va peut-être ensuite s'attaquer à quelques maisons du village. Et il faut reconnaître que le Christ en croix n'est
pas vraiment l'idéal pour une soi-disante religion de paix, mais bon !



Malika 30/05/2012 17:47


Très bonne journée.

Martine27 30/05/2012 18:44



Et maintenant bonne soirée



pimprenelle 30/05/2012 15:50


Alors là, oui, tu es un peu tordue. Cela ne m'étonne pas de toi !


Mais que j'aime les histoire de Bigobourg. (je ne sais encore plus comme cela s'écrit !)

Martine27 30/05/2012 18:44



Il fallait bien que je justifie un tant soit peu ce prénom et l'envie de peindre sur les murs de ma jeune demoiselle. Tu as juste oublié le R, Bigorbourg, je te rassure j'ai aussi du mal à
l'écrire parfois



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