Pages

Bonjour à tous

Mais encore

Pour partager avec vous mes créations, mes coups de coeur ou d'humeur, mes passions, mes plaisirs


 

Images Aléatoires

  • P9120042.jpg

Rechercher

Et pour commencer

Pour en savoir plus sur le contenu de mon Carnet à surprises n'hésitez pas à aller consulter la rubrique En savoir plus sur "en passant par". Son but est de vous distraire alors ne soyez pas timide et laissez moi vos commentaires. Bonne visite et bon amusement je l'espère.

Et si vous aimez "patouiller" la terre, la pâte à sel, la pâte polymère,le papier,le carton,la pierre, ou autres, bref travailler les matières qui permettent le relief que ce soit sous forme de bijoux, de tableaux, de statuettes ou de bibelots, venez me rejoindre sur la communauté :

http://www.over-blog.com/com-1000519987/Le+modelage.html

La Page d'Ecriture

J'avais écrit ce petit texte il y a plus d'un an, et oui mon côté fourmi je stocke, en fait je n'avais pas trouvé l'illustration qui allait bien. C'est maintenant chose faite grâce à une photo de Mima.


L'enfant joue.

Il s'invente des mondes et des aventures.

Il est bien tout au fond du jardin à la lisière de la forêt qui s'insinue jusqu'à lui.

Il a découvert avec bonheur cette étrange racine qui, au gré de son imagination, devient cheval, vaisseau spatial, camion de pompier ou simplement fauteuil pour rêvasser.

Jour après jour, il revient près de son compagnon de jeu.

Jour après jour, celui-ci envahi de plus en plus son univers.

Il l'entend lui parler de mondes au-delà de son monde, d'espaces qu'il peut lui faire découvrir s'il veut bien lui faire confiance.

Bercé par cette voix qui lui devient peu à peu plus familière que celle de ses parents, l'enfant doucement s'enfonce dans cette galaxie de rêves.

Ses parents s'inquiètent, trouvent qu'il passe trop de temps seul au fond du jardin, parlant à ce morceau de bois aux formes torturés et qu'ils voudraient éradiquer tant il leur semble une menace. Mais, le petit a l'air tellement heureux qu'ils n'osent intervenir.

Une nuit, l'enfant entend son compagnon l'appeler.

A pas de loup, il se lève pour le rejoindre, il s'approche de la souche, la caresse, la laisse l'enlacer, l'absorber.

Au matin, les parents fous d'inquiétude cherchent l'enfant.

Dix fois ils passent près de ce morceau de bois.

Dix fois, ils pensent voir leur enfant assis sur la racine.

Dix fois, ils repartent en hurlant son nom.

Peu à peu l'espérance s'effiloche. Pourtant, l'espoir n'arrivant pas à mourir ils resteront dans cette maison à attendre le retour de leur fils.

Doucement ils vieilliront près de cette souche qu'en fin de compte, sans savoir pourquoi ils n'ont jamais pu se résoudre à faire arracher peut-être parce que leur enfant l'aimait tant.

Et du fond de ce morceau de tronc, deux yeux, enfantins à jamais, les observent parfois avec tendresse avant de se clore à nouveau sur leur monde parallèle fait de rêves.

 

Et pour ceux qui n'auraient pas repérer l'enfant, la photo de plus près

 

Par Martine27
Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires

Pour le défi du samedi, le jouteur écrira*  (au choix) : une lettre/ un discours / un règlement / un mode d’emploi / une recommandation / un plaidoyer / une harangue / une charte / un avis / un sermon... Toutefois, il se pliera** à certaines exigences :

  • dans un premier temps, son texte sera tout empreint de bon sens et de réalisme ;
  • progressivement, le lecteur devra percevoir quelques scories*** dans le discours ;
  • le final devra appartenir à l’ordre du grand n’importe quoi.

De plus, chacun s’obligera à donner cinq**** notes de bas de page de longueur décroissante, et, ultime défi, profitera de ce 79e pour communiquer à ses camarades de jeu, de la manière qu’il lui plaira, l’une de ses mensurations***** sans avoir aucunement besoin de justifier pourquoi celle-là plutôt qu’une autre.

* écriture manuscrite ou assistée par ordinateur*
** de la meilleure grâce qui lui soit donnée**
*** sans aucune restriction de taille***
**** disons quatre plus une****
***** nul ne vérifiera*****
***********
*******
***
*



MODE D’EMPLOI DU SHAVE HAIR TERMINATOR

Vous voulez en finir avec les poils disgracieux !
Vous venez d’acquérir pour ce faire notre épilateur électrique (1)

Pour utiliser au mieux votre appareil (2) voici quelques conseils d’utilisation.

Nous vous conseillons de faire votre épilation après un peeling qui aura permis d’exfolier la couche supérieure de votre épiderme.

Assurez-vous toutefois que vos jambes soient parfaitement sèches avant utilisation de notre épilateur. D’autre part, n’utilisez pas l’appareil sous l’eau (3).

Maintenant vous pouvez mettre notre épilateur sous tension.

Pour cela : branchez le transformateur A dans votre prise de courant classique, puis la fiche B du transformateur dans l’emplacement C de votre épilateur (4).

Ensuite, poussez le bouton D sur la position « on », la position « off » vous permettra d’éteindre votre appareil.

Pour l’épilation elle-même, maintenez la peau de votre jambe bien tendue avec une main, mais évitez quand même de l’arracher complètement, puis procédez en partant de la cheville et en remontant vers la cuisse avec un petit mouvement rotatif de gauche à droite ou de droite à gauche selon vos convictions politiques.

Si un repli de peau se coince dans les pincettes, évitez de tirer. Arrêtez l’épilateur, puis avec un cutter scalpez la peau surnuméraire. Si vous n’arrivez pas à arrêter l’hémorragie afférente à l’opération, dirigez-vous vers les urgences ou appelez le Samu si la perte sanguine est trop importante.

Dans tous les cas, n’oubliez pas de désinfecter votre épilateur pour éviter que des odeurs de chair nécrosée ne se développent.

Pour les petits poils rebelles, ainsi que pour le maillot, nous vous conseillons d’utiliser les produits proposés dans votre mallette de rangement.

Soit vous pouvez araser le tout à l’aide du papier de verre gros grain E, soit s’il y a encore des résistances, vous pouvez frotter les poils récalcitrants avec un coton imbibé de la solution à base d’acide chlorhydrique contenue dans la fiole F.

Ne pas oublier ensuite de bien rincer et, afin d’éviter le développement de boutons ou de rougeurs malvenues, pensez à enduire les parties épilées avec la crème G constituée de la molécule révolutionnaire MNVNAPM (5).

Votre épilateur peut également s’occuper de vos aisselles et de votre moustache, toutefois, veuillez noter que notre société se dégage de toute responsabilité en cas d’ablation de la lèvre supérieure ou du nez.

Et maintenant Chère Cliente, Cher Client, bonne épilation !
 

(1) Autant vous le dire vous avez fait le bon choix, nous sommes les plus performants sur le marché pour régler vos problèmes de poils.
(2) Nous avons fait un travail technique impeccable, ce n’est pas pour que l’utilisiez à tort et à travers.
(3) Sauf si vous tenez à vous électrocutez un bon coup ou à modifier votre coupe de cheveux.
(4) Appareil réservé aux personnes maîtrisant l’alphabet.
(5) Mais Non Vous N’Avez Pas Mal.

 

Par Martine27
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Le défi de Bigornette répond aujourd'hui au doux prénom de Venceslas

Venceslas est l'arrière-tout-plein-d'arrière-petit-fils de Dimitri. Mais si vous savez bien l'âne qui aida Blaise à baptiser Bigorbourg.

Notre Venceslas est, comme de bien entendu, un âne qui sort du commun.

Tout petit déjà, il savait tellement bien se faire comprendre que les deux pattes renchérissaient à qui mieux-mieux "il ne lui manque que la parole" ce qui agaçait prodigieusement notre ânon dans la mesure où les-dits deux pattes ne comprenaient pas la moitié de ce qu'il voulait leur dire.

Il décida donc de mettre au point une technique pour lui permettre de communiquer avec ces êtres inférieurs, mais somme toute attachants, après tout ce n'était pas de leur faute s'ils étaient un peu limités.

La transmission de pensée échoua, les humains n'étaient pas assez réceptifs et le seraient-ils jamais ?

L'écriture lui posait un problème, ses sabots manquant de prises pour attraper un stylo.

Il essaya aussi de parler mais ses hi-han, bien que modulés avec précision énervaient vite ses interlocuteurs.

Mais un jour, il entendit son jeune protégé (je vous rappelle que nous sommes dans une famille qui pratique la parité : un enfant/un âne) raconter une histoire qu'il avait apprise à l'école, celle d'un certain Roland Dorgeles et d'Ali Boron l'âne peintre.

Il comprit vite que c'était de l'esbrouffe. En fait Ali Boron se contentait d'agiter sa queue à laquelle était attaché un pinceau plein de peinture, bref rien de vraiment spectaculaire, mais l'idée était bonne.

Venceslas décida donc de devenir artiste peintre.

Bon, une fois la décision prise restait à la mettre en pratique.

Hors de question d'utiliser ses sabots qui comme il l'avait déjà constaté n'étaient pas assez agiles, sa queue manquait aussi de souplesse et en plus il lui aurait fallu garder constamment la tête tournée, des coups à se choper un torticolis. Non ne restait qu'une possibilité : sa bouche, de grandes dents, des lèvres souples et préhensiles, cela ferait parfaitement l'affaire. Il s'entraîna à dessiner par terre avec un petit morceau de bois, cela fonctionna parfaitement.

Maintenant il lui fallait trouver pinceaux, peintures et toiles.

Voilà qui relevait du défi.

Un jour que son jeune deux pattes laissa traîner son matériel de dessin, Venceslas fit un essai. Les crayons s'usaient trop vite, il n'arrivait pas à décapuchonner les feutres, pas plus qu'à ouvrir les tubes de peinture qui de plus s'écrasaient sous ses sabots. Bon inutile de dire que son jeune ami fut un peu furibond de voir l'état dans lequel il retrouva son matériel, ce à quoi sa mère (comme toute mère qui se respecte) rétorqua qu'il n'avait qu'à ranger ses affaires.

Tout cela était bel et bon mais n'arrangeait pas notre quadrupède.

Il partit donc se promener dans le bourg à la recherche du matériel adéquat.

Aidé par toute la clique des animaux du coin, Belle Aggie, Paterne et Casimir en tête (plus d'autres que vous découvrirez peut-être un jour) il découvrit le nirvana du peintre.

Un des habitants (se reporter aux parenthèses précédentes) adorait peindre et repeindre chez lui, il possédait donc dans sa remise pléthore de pinceaux et de pots de peinture.

Venceslas, aidé de ses amis à quatre pattes, profita d'un jour d'absence du brave homme pour s'emparer des pots et des pinceaux.

Ne restait qu'à trouver la toile adéquate, ce qui fut rapidement réglé lorsqu'ils arrivèrent dans le jardin du presbytère où Pélagie avait mis à sécher les draps du Père Paterne.

Belle Aggie et Paterne lestèrent le bas du drap pour empêcher qu'il ne bouge, Casimir aida à ouvrir les pots de peinture et Venceslas après un moment de concentration intense, s'empara d'un pinceau, le trempa dans la peinture et commença son tableau.

Bientôt on vit apparaître sur le beau drap blanc une maison de rêve perdue au milieu d'un foisonnement de fleurs multicolores et près de laquelle jouaient enfants et animaux.

Malgré quelques petites fautes de style Venceslas était très fier de son oeuvre, en revanche Pélagie lorsqu'elle découvrit l'Oeuvre commença par pousser des cris d'orfraie qui alertèrent le Père Paterne. Rapidement toutefois ils restèrent bouche bée d'admiration devant la fraîcheur de la représentation.

Entre-temps, le peintre et ses complices s'étaient cachés pour attendre la réaction des deux pattes et ma foi, ils furent fort satisfaits.

Le Père Paterne refusa que Pélagie détruisit cette étrange oeuvre d'art et la fit tendre dans l'église, qui n'était plus à une originalité près.

Les habitants mirent quelques temps avant de trouver qui était le "coupable" parce que Venceslas mis en appétit se mit à peindre nuitamment sur toutes les surfaces blanches qu'il put trouver et c'est ainsi que bon nombre de maisons se trouvèrent agrémentées de fresques murales délicieusement fraîches et naïves.

Un jour bien sûr Venceslas fut pris sur le fait par des villageois ébahis et admiratifs qui, malins, lui procurèrent le matériel ad hoc et mirent ses tableaux en vente dans les galeries des grandes villes environnantes.

Venceslas resta pour tous ceux hors de Bigorbourg, l'artiste mystère mais cela ne le dérangeât pas et en plus il pouvait maintenant communiquer parfaitement avec ses deux pattes à l'aide de petits croquis vite faits, bien faits. Voulez-vous que je vous dise, "Elle est pas belle la vie ?"


Par Martine27
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires

En italique ce que vous avez lu hier.

Depuis plusieurs jours déjà, je faisais halte dans ce petit bourg. Je n’avais prévu qu’une étape, mais, je ne sais pourquoi, le calme et la sérénité de l’endroit m’avaient retenue.

J’avais pris l’habitude d’aller me promener dans les bois et la campagne environnants. A chacun de mes retours, l’hôtesse me demandait avec un petit sourire en coin : « Alors avez-vous rencontré des personnes intéressantes ? » J’avais l’impression qu’elle attendait une réponse bien précise, mais laquelle ?

Ce matin là, je dirigeai mes pas vers la forêt et optai pour un sentier que je n’avais pas encore exploré. Le silence m’environnait, tout juste troublé par moment par le chant lointain d’un oiseau. Il régnait une atmosphère étrange comme faite d’attente. Du coin de l’œil, j’aperçus une minuscule sente qui s’enfonçait plus profondément sous la futaie, elle semblait m’appeler. Curieuse je me laissai tenter.

Brusquement, je me trouvai face à des ruines, les vieilles pierres disparaissaient en partie sous la végétation foisonnante. Elles semblaient se cacher aux regards. J’entrepris de l’explorer. Des restes de pilastres luttaient avec les ronces, un chemin de pierre faisait le tour d’un jardin revenu à l’état sauvage, au centre le reste de ce qui ressemblait à un grand crucifix cherchait à s’élancer vers le ciel. Soudain, j’aperçus un homme assis sur une large pierre détachée d’un mur, vêtu d’un ample vêtement sombre, le visage caché par un capuchon. Un instant décontenancée par cette présence, je finis par m’approcher et je le saluai :

« Bonjour, quel étrange endroit pour un cloître. »

Il parut ne pas m’avoir entendue, il restait là sans bouger, puis sa voix s’éleva dans le calme de la forêt :

« Je vais vous raconter la légende de cet endroit. »

Sans détourner la tête, il me fit signe pour que je prenne place à ses côtés. Un peu sidérée par son attitude, mais curieuse d’en savoir plus, je m’installai près de lui et laissai mon regard errer sur les vieilles pierres.

Il reprit :

« Il y a fort longtemps, vivait ici une petite communauté de moines. Le plus jeune était herboriste. C'était un jeune homme rêveur et tendre, nouvellement arrivé dans la communauté pour remplacer le vieil herboriste qui venait de rejoindre son créateur.

Dans le village voisin vivait une jeune femme, belle comme un rayon de soleil. Elle possédait un jardin de simples qu'elle mettait à la disposition de ses voisins en leur concoctant potions et pommades pour soulager leurs maux. En dépit de sa beauté, elle ne suscitait nulle convoitise de la part des hommes, nulle jalousie de la part des femmes. Sa bonté et sa joie de vivre faisaient d'elle un ange, aux yeux des villageois.

Un jour le jeune moine vint à passer devant ce jardin, pour lui rempli de merveilles. Le voyant admiratif devant ses plantations la jeune femme sortit, le salua gentiment :

« Bonjour mon frère, mes plantes vous intéresseraient-elles ? »

Rougissant, il lui retourna son salut et ils commencèrent à échanger quelques recettes.

Le jeune moine rentra au monastère, des rêves dans les yeux et de la joie au cœur. La vie continua un moment ainsi sans heurts, les jeunes gens continuant à se rencontrer pour confronter leurs connaissances, leur amitié devenant rayonnante.

Mais voilà qu'un jour, le destin arriva sous les traits d'un inquisiteur venu faire une inspection dans la région. C'était un bel homme mais son visage était tellement sévère que tous tremblaient en le voyant et personne n'osait le regarder dans les yeux. Tous, sauf la jeune femme qui l'accueillit comme elle accueillait tout le monde, avec gentillesse et douceur.

Las, sa spontanéité se retourna aussitôt contre elle. Pour l'inquisiteur cette femme, qui brusquement faisait battre son cœur et se lever dans son esprit des pensées impures, ne pouvait être qu'une sorcière.

Alors il se mit à harceler les villageois, posant question après question. Elle sortait à la pleine lune, n'est-ce pas ? Elle empoisonnait le bétail, n'est-ce pas ? Elle avait de nombreux amants, n'est-ce pas, n'est-ce pas ?

Mais, personne n'avoua quoique ce soit d'aussi terrible. Bien au contraire, tous insistèrent sur le fait qu'elle ne préparait que des potions bénéfiques, qu'elle aidait tout un chacun. Hélas, en voulant bien faire, ils allèrent trop loin. L'un indiqua que le jeune herboriste du monastère n'hésitait pas à la consulter et qu'ils échangeaient des plantes, l'autre précisa que la jeune femme soulageait les femmes en gésine avec des pommades calmantes, une autre qu'elle connaissait des plantes qui permettaient d'espacer des grossesses épuisantes. Cela suffit bien sûr à l'inquisiteur.

Pas de doute c'était une sorcière, elle pervertissait un moine, elle allait à l'encontre des préceptes du Seigneur qui disait "croissez et multipliez-vous" et "tu donneras la vie dans la douleur".

Devant ses voisins anéantis, mais qui devant les armes de l'escorte n'osèrent rien faire, elle fut arrêtée et traînée dans le monastère pour y subir la question. Le jeune herboriste voyant le sort réservé à son amie tenta d'intervenir, l'inquisiteur bien sûr n'attendait que ce faux pas pour l'emprisonner lui aussi.

Malgré ce que le monstre leur fit subir, ils clamèrent leur innocence et la pureté de leurs sentiments. Mais la jalousie, l'envie et la colère de l'homme de dieu réclamaient d'être assouvies.

Un matin, tous les villageois furent contraints de se rendre au monastère. Dans une clairière, les moines prostrés attendaient devant un bûcher. Installé sous un dais, l'inquisiteur rendit son verdict. La jeune femme avait été convaincue de commerce avec le démon et elle serait brûlée vive, l'herboriste quant à lui resterait emprisonné à vie.

La "sorcière" fut tirée de sa prison, affaiblie par les sévices infligés, elle arriva soutenue par deux gardes. L'herboriste, dans le même état, fut traîné sous le dais et jeté aux pieds de son accusateur.

L'inquisiteur, voyant la réprobation dans les yeux de tous, fit semblant de faire preuve de mansuétude. Si elle avouait devant tous qu'elle était bien une sorcière, il la ferait étrangler avant de livrer son corps aux flammes.

Elle se redressa, fière et belle. « Je suis innocente, Dieu en jugera et vous punira ». En rage, l'homme ordonna qu'elle soit livrée au supplice. Deux gardes, avec maintes précautions, la lièrent au poteau, sur leur visage se lisait une peine infinie. Un brandon enflammé fut approché des fagots.

Au moment même où le feu prenait, l'herboriste, malgré ses nombreuses blessures, se releva,  et s’emparant d’une épée il la planta dans le corps du tortionnaire qui s'écroula. Puis, sans que personne n'essaie de l'arrêter, il se jeta dans le brasier pour rejoindre sa bien-aimée.

Il l'enlaça sous les imprécations de l'inquisiteur mourant. Une colonne d'air entoura les deux jeunes gens, les séparant du feu. Leurs corps s'unirent, se fondirent l'un dans l'autre et à leur place un grand oiseau blanc s'éleva au dessus du bûcher en flamme. Il effleura l'inquisiteur du bout de l'aile et celui-ci commença à se recroqueviller, à brûler sur place en poussant des hurlements. Puis son corps tomba en poussière et le vent l'emporta.

Personne n'intervint, ni ses gardes, ni les moines, ni les villageois, tous le regardèrent agoniser en murmurant « Le jugement de Dieu est rendu ».

Levant les yeux, ils regardèrent le bel oiseau voler de plus en plus haut et dans leur cœur un grand bonheur se répandit.

Voilà l'histoire de l'herboriste et de la sorcière. Je peux aussi vous dire qu'après cet événement, les moines préfèrent partir vers d'autres monastères et celui-ci tomba en ruine peu à peu. Le village, quant à lui, sembla bénéficier au cours des siècles d'une étrange protection, il fut épargné par les maladies, les famines, les guerres. Tous pensent que l'oiseau blanc veille sur lui. »

La triste voix du conteur, s’effilocha dans le silence revenu. Je me levai et regardai les ruines d'un autre œil. Je restai pensive quelques instants, essayant d’imaginer cet embrasement d’amour. Un mouvement dans le ciel attira mon regard et j’eus l’impression de voir tournoyer l'oiseau fabuleux. Prise d’un étourdissement, je ramenai vivement mes yeux vers mon compagnon qui s’était levé. Je m’aperçus alors qu’il était vêtu d’une bure monastique. Je jetai un dernier coup d’œil aux ruines de l’ancien monastère et murmurai à l’intention de mon mystérieux narrateur :

 « Merci, mon frère, pour cette merveilleuse légende ». Mais, en me retournant à nouveau, je m’aperçus qu’il avait disparu, je ne l’avais pas entendu s’éloigner et je ne le vis nulle part.

Songeuse, je repris le chemin de l'auberge. En me voyant arriver, l'hôtesse ne me posa pas la question rituelle, et se contenta de me sourire. J'avais fait la rencontre qu'elle attendait.


Voilà la très belle photo de Casy qui m'a inspiré cette histoire. Elle était dans ma tête depuis un moment lorsque Fanes de Carottes a proposé comme jeu d'écriture le thème "Bûcher" et voilà 1 + 1 = 2. C'est Infolio qui m'a aidée à mettre mon texte en bon ordre de marche. Et puis ce texte est dédiée à toutes ces milliers de femmes qui ont été brûlées, noyées, pendues sous le fallacieux prétexte de sorcellerie simplement parce que des hommes avaient peur d'elles qui revendiquaient une liberté qui leur était interdite ou qui tout simplement se refusaient à eux. Et il est dédiée également à tout ces femmes de notre époque qui sont battues, lapidées, vitriolées parce qu'elles aussi font peur au sexe dit fort.









Par Martine27
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Je ne vous indiquerai pas le titre du défi auquel je répondais ce serait trop simple pour deviner la fin de mon histoire. De même je vous ne vous mettrai la photo qui me l'a inspirée seulement demain. Je sais, je sais, je suis dure !

Depuis plusieurs jours déjà, je faisais halte dans ce petit bourg. Je n’avais prévu qu’une étape, mais, je ne sais pourquoi, le calme et la sérénité de l’endroit m’avaient retenue.

J’avais pris l’habitude d’aller me promener dans les bois et la campagne environnants. A chacun de mes retours, l’hôtesse me demandait avec un petit sourire en coin : « Alors avez-vous rencontré des personnes intéressantes ? » J’avais l’impression qu’elle attendait une réponse bien précise, mais laquelle ?

Ce matin là, je dirigeai mes pas vers la forêt et optai pour un sentier que je n’avais pas encore exploré. Le silence m’environnait, tout juste troublé par moment par le chant lointain d’un oiseau. Il régnait une atmosphère étrange comme faite d’attente. Du coin de l’œil, j’aperçus une minuscule sente qui s’enfonçait plus profondément sous la futaie, elle semblait m’appeler. Curieuse je me laissai tenter.

Brusquement, je me trouvai face à des ruines, les vieilles pierres disparaissaient en partie sous la végétation foisonnante. Elles semblaient se cacher aux regards. J’entrepris de l’explorer. Des restes de pilastres luttaient avec les ronces, un chemin de pierre faisait le tour d’un jardin revenu à l’état sauvage, au centre le reste de ce qui ressemblait à un grand crucifix cherchait à s’élancer vers le ciel. Soudain, j’aperçus un homme assis sur une large pierre détachée d’un mur, vêtu d’un ample vêtement sombre, le visage caché par un capuchon. Un instant décontenancée par cette présence, je finis par m’approcher et je le saluai :

« Bonjour, quel étrange endroit pour un cloître. »

Il parut ne pas m’avoir entendue, il restait là sans bouger, puis sa voix s’éleva dans le calme de la forêt :

« Je vais vous raconter la légende de cet endroit. »

Sans détourner la tête, il me fit signe pour que je prenne place à ses côtés. Un peu sidérée par son attitude, mais curieuse d’en savoir plus, je m’installai près de lui et laissai mon regard errer sur les vieilles pierres.

Il reprit :

« Il y a fort longtemps, vivait ici une petite communauté de moines. Le plus jeune était herboriste. C'était un jeune homme rêveur et tendre, nouvellement arrivé dans la communauté pour remplacer le vieil herboriste qui venait de rejoindre son créateur.

Dans le village voisin vivait une jeune femme, belle comme un rayon de soleil. Elle possédait un jardin de simples qu'elle mettait à la disposition de ses voisins en leur concoctant potions et pommades pour soulager leurs maux. En dépit de sa beauté, elle ne suscitait nulle convoitise de la part des hommes, nulle jalousie de la part des femmes. Sa bonté et sa joie de vivre faisaient d'elle un ange, aux yeux des villageois.

Un jour le jeune moine vint à passer devant ce jardin, pour lui rempli de merveilles. Le voyant admiratif devant ses plantations la jeune femme sortit, le salua gentiment :

« Bonjour mon frère, mes plantes vous intéresseraient-elles ? »

Rougissant, il lui retourna son salut et ils commencèrent à échanger quelques recettes.

Le jeune moine rentra au monastère, des rêves dans les yeux et de la joie au cœur. La vie continua un moment ainsi sans heurts, les jeunes gens continuant à se rencontrer pour confronter leurs connaissances, leur amitié devenant rayonnante.

Mais voilà qu'un jour, le destin arriva sous les traits d'un inquisiteur venu faire une inspection dans la région. C'était un bel homme mais son visage était tellement sévère que tous tremblaient en le voyant et personne n'osait le regarder dans les yeux. Tous, sauf la jeune femme qui l'accueillit comme elle accueillait tout le monde, avec gentillesse et douceur.

Las, sa spontanéité se retourna aussitôt contre elle. Pour l'inquisiteur cette femme, qui brusquement faisait battre son cœur et se lever dans son esprit des pensées impures, ne pouvait être qu'une sorcière.

Alors il se mit à harceler les villageois, posant question après question. Elle sortait à la pleine lune, n'est-ce pas ? Elle empoisonnait le bétail, n'est-ce pas ? Elle avait de nombreux amants, n'est-ce pas, n'est-ce pas ?
Par Martine27
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Pour le Défi du Samedi il fallait s'appuyer sur ce montage

pour vous emmener au pays de l'imagination.
J'ai demandé un petit coup de main à Maxime qui a bien voulu me prêter son bateau. N'essayez pas de chanter il y a des passages où ça cafouille.

C'est un bateau bleu
Perché sur la dune
On y vient à pied, on ne frappe pas
La passerelle est toujours en place
Il accueille les navigateurs solitaires
De toute son amitié
Tout le monde se presse
Autour du mat à 5 heures du matin
Quand Saint Malo s'embrume
Amis où êtes-vous ?
Amis attendez-moi !

Nageant dans le brouillard
Les sirènes et les tritons
S'installent sur la grève
Ils écoutent Tom à la guitare
Phil à la kena jusqu'à l'aube blanchissante
La baleine bleue viendra
Donner des nouvelles
De ceux qui rament au loin
Et près des dauphins
On s'endormira heureux

C'est un bateau bleu
Accroché à nos rêves
On y vient à la nage ou en volant
On entre simplement en chantant
Peuplé de rires et d'amour
Il sera le dernier à naviguer
Si Saint Malo est engloutie
Amis où êtes-vous ?
Amis attendez-moi !

 
Par Martine27
Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires

Prénom suivant de notre amie Bigornette qui vient donner la main à Fulbert.

Voulez-vous que je vous dise, les pères de Bigorbourg ne sont pas raisonnables ! Après notre chère Pélagie qui s'est retrouvée avec ce prénom parce que son père, trop émotif, était retombé en enfance à sa naissance (sa naissance à elle Pélagie, vous suivez là ?), aujourd'hui, je vais vous conter la triste histoire de Bertille.

Le père de Bertille, tout heureux d'avoir enfin une fille après quatre garçons, se rendit à la Mairie en chantant à tue-tête "Bertille a de belles gambilles, Bertille a de belles gambilles". Eh oui, le pauvre n'avait plus toute sa tête non plus !

Malheureusement pour Bertille, il croisa sans même s'en rendre compte une petite fée de mauvaise humeur, elle aussi prénommée Bertille. Bref, elle prit la mouche, vola ailes vrombissantes jusqu'au berceau de son homonyme et lui jeta un sort "Tu auras de belles gambilles, mais de tous petits petons, ça apprendra à ton père à dire des bêtises !".

Oui, je sais, c'est totalement injuste, mais la vie des héroïnes de contes est rarement rose.

Bref, Bertille grandit. C'était une jolie fillette, éveillée, intelligente, charmante avec, en effet, de belles gambilles potelées.

Mais, au fil du temps, ses parents finirent par s'inquiéter, les pieds de Bertille ne grandissaient pas au même rythme qu'elle.

Si elle pût faire ses premiers pas sans trop de difficultés, les choses se gâtèrent rapidement. Comme les malheureuses chinoises aux pieds mutilés, Bertille avait beaucoup de mal à se déplacer et ne parlons même pas des jours de grand vent qui la faisaient tanguer comme un coquille de noix dans la tempête.

Quand elle arriva à l'âge adulte; elle était devenue une belle jeune femme de près d'un mètre soixante dix, mais avec la pointure d'une enfant de deux ans.

Inutile de dire que cet état de fait lui pourrissait la vie.

Bien sûr, Monsieur Crépin fit ce qu'il put pour l'aider, mais il était lutin, pas magicien de haut rang.

La pauvre Bertille était obligée de se déplacer avec des béquilles (oui ça rime, mais je ne l'ai pas fait exprès). D'un naturel plutôt optimiste, il en faut des gens comme ça, elle accepta son état et bien que regrettant de ne pas pouvoir danser et courir comme ses amis, elle compensa en les faisant danser et en devenant une prof de musique émérite, aucun instrument n'avait de secret pour elle.

La vie passait donc ainsi, cahin-caha si je puis dire, jusqu'au jour où elle alla avec ses amies au bal de Bigorbourg, ah, vous me voyez venir avec mes gros sabots peut-être ?

Bref, elle s'installa au piano et fit s'envoler les pieds des danseurs. Puis elle laissa la place à d'autres musiciens et vint s'installer près du buffet pour reprendre des forces.

Au même moment, entraient dans la salle (oui vous avez deviné) Fulbert et ses grands pieds. Sauvage comme il l'était, ils ne s'étaient jamais rencontrés.

Quand ils se virent ça fit Zip, Flash, Pop.

Et sans plus de façon, Fulbert le grand timide, enlaça Bertille, plaça ses délicats petits pieds sur ses grandes pompes (allons vous avez sûrement dû danser comme ça avec votre père et faire de même avec vos enfants) et l'entraîna dans la danse, lui qui ne savait pas danser.

Bien sûr un miracle survint (obligé sinon ce n'était pas la peine d'écrire cette histoire). Il faut croire que la fée Bertille s'était enfin calmée, car tout à coup les pieds de Bertille et ceux de Fulbert reprirent des proportions normales (les chaussures suivirent, forcément puisque c'était des créations de Monsieur Crépin) et ils se mirent à tournoyer en riant à gorge déployée.

Toute l'assistance se figea et admira l'attendrissant jeune couple, sans bien sûr s'étonner de ce qui venait de se passer, à Bigorbourg personne ne s'étonne plus de rien depuis bien longtemps.

Et un beau jour de printemps, Bertille et Fulbert se marièrent devant l'Abbé Paterne, la réception étant orchestrée par notre amie Pélagie bien sûr.

Furent-ils heureux, eurent-ils beaucoup d'enfants ? Ce sera peut-être une autre histoire !

Par Martine27
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires

Encore un doux prénom de Bigornette

Fulbert était né dans une famille nombreuse de Bigorbourg. C'était le petit dernier. Mais alors qu'en général les petits derniers sont bien souvent chouchouter, ce n'était pas le cas de notre ami Fulbert. Ces ainés n'arrêtaient pas de le bousculer, de le taquiner, de lui marcher sur les pieds métaphoriquement parlant.

Bref, Fulbert eu tôt fait de développer une personnalité bien à lui.

Il n'arrêtait pas de fulminer, d'être furieux, furax, de péter régulièrement les fusibles.

Mais bon ça c'était l'extériorisation de son mal être, le plus étonnant c'est qu'à force de se faire marcher sur les pieds au réel ou au figuré, par ses parents, frères, sœurs, condisciples et autres, les-dits pieds se mirent à prendre des proportions furieusement pléthoriques. En un mot, il se retrouva bientôt à chausser du 50 fillette ! Toute la famille était bien sûr effarée, qu'allait-on faire de cet étonnant rejeton ?

Celui-ci aurait pu fuir, fuguer, devenir clown, mais il fit face et comme il avait de grands pieds et que ces appendices qu'il avait appris à domestiquer étaient du genre fidèles au poste et costauds, il se fit garde-chasse.

Mais attention, pas n'importe quel  garde-chasse, ses grands pieds le portaient furtivement au milieu des bois et gare à ceux qu'il surprenait à braconner, ils se faisaient copieusement incendier, ça fumait.

Le meilleur ami de Fulbert était son furet qu'il emportait partout perché sur son épaule ou fourré dans sa poche. Tous deux se comprenaient parfaitement et savaient traquer les contrevenants.

En période de chasse, très curieusement, les grands pieds de Fulbert devenaient terriblement bruyants, écrasant branches et brindilles avec entrain et déclenchant la fuite des petits animaux aussi sûrement qu'un coup de fusil.

Oui vraiment un drôle de garde-chasse.

Mais notre ami Fulbert fini par se lasser de sa solitude et de son état de perpétuelle fureur.

Il commença par aller demander conseil à Monsieur Crépin, celui-ci aurait peut-être une solution pour réduire la taille de ses pieds.

Après un examen approfondi, Monsieur Crépin ne put que lui fabriquer une paire de bottes remarquablement profilées qui lui faisait le pied sinon plus court tout au moins plus délicat, c'était toujours mieux que rien.

Le pauvre Fulbert, démoralisé, se retrouva sans force pour résister à sa sœur aînée qui décida, le jour de la fête du Bigorneau sacré, de l'emmener se divertir au grand bal qui clôturait les festivités. Jusqu'à maintenant il avait toujours réussi à se défiler ne voulant pas que les filles se plaignent de se faire écrabouiller les pieds par ses grands panards. Mais voilà, les grandes sœurs ont souvent le dernier mot.

Fulbert se retrouva donc entraîné dans la salle des fêtes pavoisée dans laquelle les couples tournoyaient joyeusement. Il se traîna jusqu'au buffet. Et là !!! (suite au prochain prénom ! Pour toutes réclamations sur le fait de vous faire planter comme ça en pleine histoire veuillez vous adresser à Bigornette).

Par Martine27
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires
Je fais depuis septembre partie d'un club d'écriture dont je vous parlerai d'ici peu. En passant par chez vous j'ai découvert la proposition de Cristal de rédiger un texte à partir des titres des chansons d'un CD, j'ai donc proposé cet exercice à l'atelier. Voilà ma contribution à moi, et tant qu'à faire je me suis lâchée :

Chansons d'Adamo

C'est fou "le bien que tu me fais". "Mille ans déjà" que nous nous sommes rencontrés "au Café du temps perdu". Il était tenu par "Ce Georges" qui n'arrêtait pas de nous dire "Lâche pas ton rêve". J'étais "Toute seule" à cette table feuilletant "Mon agenda" quand tu m'as abordée une "Fleur" de "La couleur du temps" à la main. Tu m'as dit "La part de l'ange" c'est "Le féminin sacré". Maintenant je vais "Là où mon cœur me porte" "Vers toi" car "On n'peut plus s'quitter". Et si ça arrive "Comment veux-tu que je t'oublie ?"

Chansons d'Anne Sylvestre

"Après le théâtre" "La poule aux oeufs d'or" a mis "Cap au Nord" avec "Les rescapés des Fabulettes". Elle a fait une "Pause" "Zen" "Bye Mélanco" a-t-elle caqueté "Laissez les enfants" chanter "Ah l'amour, l'amour" et "Gay marions-nous" au coq de service.

Chansons de Gullivan (et clin d'œil à Frida Boccara)

"Une nuit humide" "L'épouvantail" qui s'amusait à "Taquiner le doudou" fit un "Appel à candidature" en envoyant le "Billet" suivant : "Le clou et la lune" voulaient disputer une "Partie d'échecs" avec le "Scout" et la "Vouivre" "Si belle". Le "Picbois" jaloux s'exclame non "Elle m'attend" sur "Le bout du banc". Forts dépités, le clou, la lune et le scout s'en allèrent boire "Le whisky de papa" avec l'épouvantail.

Par Martine27
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Dans notre petit village de Bigorbourg, cohabitent deux types de population, les anciens c'est-à-dire ceux dont la famille vit ici depuis plusieurs générations et les nouveaux ceux qui arrivent parfois par hasard (mais pas toujours) dans ce charmant petit bourg.

Parmi ces derniers je vais vous présenter aujourd'hui Mademoiselle Zita. C'est une charmante jeune femme sûrement venue des pays de l'est car elle parle avec ce délicieux accent slave qui fait rouler les r, mais bien sûr si les spéculations vont bon train personne ne lui pose de questions, c'est tellement plus agréable d'imaginer n'est ce pas ?

Elle est grande, fine, se déplace telle une ballerine avec grâce et légèreté, mais elle a un mode de vie un peu spécial.

Il semblerait qu'une maladie, enfin c'est ce que les gens du village supposent, l'empêche de sortir le jour, elle ne vit que la nuit la pauvre.

Toutefois, cette particularité lui permet d'exercer son étrange profession.

En effet, Mademoiselle Zita est hypnotiseuse, elle a le don étrange d'aider les insomniaques à s'endormir, les bébés tourmentés par des quenottes impatientes de vivre leur vie à laisser un peu de sommeil à leurs parents, de calmer les enfants hyperactifs et de les envoyer au lit avant d'avoir lu la cinquantième histoire censée les assommer.

Bref, voilà comment elle procède.

Dès la tombée de la nuit, elle ouvre ses volets, puis elle sort et, toute légère, parcourt les rues.

Pas besoin de l'appeler, elle sait dans quelle maison un patient impatient l'attend.

Elle frappe à la porte, l'habitant du lieu vient lui ouvrir sans se poser de questions et l'invite à entrer.

Ensuite, elle s'installe avec l'insomniaque ou l'enfant tourmenté, lui prend délicatement les mains, plonge son regard dans le sien et se met à chantonner bouche fermée une mélodie lancinante.

Très vite, un grand bâillement vient détendre le visage crispé et le sommeil s'empare de celui qui le poursuivait en vain.

Curieusement, personne n'est capable de se souvenir de ce qui se passe entre le moment où Mademoiselle Zita prend vos mains dans les siennes à la fois fortes et douces et le moment où vous vous réveillez. Mais qu'importe puisque vous vous sentez en pleine forme.

Mademoiselle Zita semble aussi sentir les insomnies épisodiques et n'hésite pas à offrir son aide à ceux qui tournent encore en rond à trois heures du matin.

Quant elle a terminé sa tournée et que le jour commence à poindre, Mademoiselle Zita rentre chez elle, referme ses volets et à son tour s'endort.

Une bien étrange personne n'est-ce pas ? A vous je vais en dire un peu plus, en fait Mademoiselle Zita Ladcrau a bien voulu me confier son secret. Elle est une vampire, mais elle ne se nourrit pas de sang, c'est d'un vulgaire ! Elle se nourrit d'énergie, cette énergie surnuméraire qui vous transforme en pile électrique et vous empêche de vous endormir. Et cela lui suffit à se nourrir. Quand je vous dis que Bigorbourg attire de bien singuliers personnages !


Par Martine27
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires

Pages

Bonne promenade

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés