Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 00:12
Nouveau prénom de notre Bigornette

Apolline est la petite amie d'Aymard le canard.

C'est une fort jolie cane sauvage qui a atterri, enfin je veux dire amerri dans la mare d'Aymard un beau jour de printemps.

Un peu tête en l'air, elle s'était éloignée de son groupe et faisait une halte sur le clocher de l'église. Igor lui avait conseillé de visiter le cours de l'Olive et d'aller saluer de sa part la bande de canards de l'étang, elle y serait bien reçue.

En bonne touriste, Apolline avait suivi les conseils du vieux sage.

Après avoir musardé au-dessus de Bigorbourg elle avait fait une arrivée remarquée au milieu de la petite bande d'Aymard.

Il faut dire que si elle est brillante voleuse (je l'entends dans le sens de voler avec des ailes, pas de chaparder), elle est même capable de faire des loopings c'est dire, elle est en revanche très peu douée pour les atterrissages et casse régulièrement du bois.

Ce jour-là donc, elle fit un plouf retentissant juste devant le bec d'Aymard qui pris une bonne douche.

Il s'apprêtait à incendier copieusement la coupable lorsqu'il se noya (un comble pour un canard) dans deux grands yeux noirs. Son petit cœur de canard ne fit qu'un tour et il pris un bon coup de jus (forcément, un coup de foudre dans l'eau et c'est parti pour l'électrocution !).

Apolline le tira donc de l'eau et lui fit du bec à bec.

Aymard cru être arrivé au paradis des canards.

Tout bêta il ne sut que bredouiller "quoi, quoi, quoi"

Mutine Apolline lui fit remarquer qu'il n'était pas de la bonne couleur pour coasser, ce qui cloua le bec à notre bégayeur.

La belle le planta là, elle se restaura d'un petit poisson qui passait par-là bêtement et repris son vol.

Le pauvre Aymard n'était plus en état de mettre une palme devant l'autre, il traînait son vague à l'âme de la ferme à l'étang, de l'étang à la ferme. Tous ces compagnons s'inquiétaient, lui habituellement si joyeux n'était plus que l'ombre de lui-même. Que se passait-il ?

Après un interrogatoire serré, comme savent si bien les mener les mères, maman Cane finit par arracher des aveux à son caneton (si, c'est pour les mères canes comme pour les mères humaines, leurs enfants même adultes restent leur bébé, enfin leur oisillon).

Pas de doute, le pauvre était malade, malade d'amour et en plus il avait choisi une vagabonde qui repartirait avec les premiers froids, Maman Cane en était sûre, il n'y survivrait pas. Elle prit donc les choses en main.

Avec une parfaite mauvaise foi, elle décida que tout était de la faute d'Igor, après tout c'est lui qui avait indiqué leur mare à "l'étrangère". A lui donc de réparer les dégâts, non mais !

Petit problème, Maman Cane n'était pas en mesure de voler jusqu'en haut du clocher. Connaissant le secret d'Igor, capable de voler quand les cloches sonnaient, elle demanda à Venceslas l'âne peintre de lui dessiner vite fait un petit rébus pour Anthelme le sonneur de cloches, bedeau, fossoyeur.

Venceslas par amitié pour Aymard s'exécuta.

Maman Cane prit donc le chemin de l'église son dessin dans le bec et le déposa au pied d'Anthelme, comme il semblait ne pas s'en préoccuper, elle lui pinça (en douceur) le mollet. L'homme et la cane se fixèrent.

Anthelme habitué à en voir de drôle ramassa et déchiffra le message, alla voir Père Paterne qui lui donna le droit de sonner les cloches, il ne savait pas pourquoi, mais un dessin de Venceslas n'est jamais à négliger.

Dès que les cloches se mirent en branle Igor s'envola et atterri près de Maman Cane qui lui vola dans les plumes, bon façon de parler vu qu'Igor étant en métal, Maman Cane n'avait pas envie de s'abîmer le bec.

Elle lui expliqua les malheurs de son rejeton et la responsabilité qui était la sienne.

Igor, philosophe, ne releva pas la mauvaise foi maternelle et promit d'essayer de rectifier la situation.

Dans les jours qui suivirent les habitants étonnés virent une multitude de canards sauvages et d'oiseaux de toutes races tourner autour du clocher.

Igor battait le rappel des troupes pour arriver à localiser la belle Apolline.

Après quelques jours d'angoisse pour la famille d'Aymard qui le voyait fondre à vue d'œil, elle fut repérée par un pigeon, ça ne pouvait pas mieux tomber, celui-ci ayant entendu une fable d'un certain La Fontaine sut trouver les mots pour convaincre la belle d'accorder un peu de son temps à son amoureux transi.

La douce n'avait pas un cœur de pierre, elle se rendit donc à la mare d'Aymard. Celui-ci dûment entraîné par Maman Cane sut se montrer à la hauteur, il retrouva la parole pour se faire poète, apporta à sa dulcinée fleurs fraîches et libellules, mais par-dessus tout il arriva à rester lui-même et la fit rire, la partie était gagnée.

Et lorsque les canards sauvages repartir en automne, Apolline fit le choix de rester avec la tribu http://le.coloriage.free.fr/maxi/cane.jpgde la mare, on lui fit une place au chaud pour qu'elle ne souffre pas du froid et la nuit de Noël, elle accompagna fièrement Aymard à la messe de minuit.

Et peut-être bien que ce printemps, Maman Cane deviendra Grand-Maman Cane, en tout cas elle attend avec impatience !

Partager cet article
Repost0
13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 00:49
Le petit prénom charmant de Bigornette pour cette semaine : Igor

Igor est le coq de Bigorbourg. Pour être tout à fait exacte, c'est le coq de l'église.

Celui qui se trouve en haut du clocher et qui se balade au gré du vent.

Notre ami Igor est un fort bel oiseau au plumage cuivré. Il a été créé il y a fort longtemps par le forgeron du village.

Depuis Igor surveille SON village comme s'il s'agissait d'un poulailler.

Il connaît tout le monde, les anciens et les nouveaux habitants, les "normaux" et les surnaturels.

Il est la mémoire de Bigorbourg et il peut en raconter des choses.

Selon le sens du vent il peut regarder Pélagie s'agiter dans le presbytère, suivre des yeux la jeune Léonce lorsqu'elle va se promener dans les bois, se délecter de loin des gâteaux de Thècle, s'amuser des facéties des animaux en chair et en os qui vont et viennent dans les rues.

Les oiseaux du coin viennent régulièrement tailler une petite bavette avec lui et lui racontent les derniers potins, il a beau avoir une vue perçante et une position élevée l'ami Igor, il y a quand même des choses qui lui échappent.

Bref, il estime que sa vie dans l'ensemble n'est pas désagréable, à un bémol près ! Il ne supporte plus les cloches qu'Anthelme fait sonner à toute volée. Elles lui filent mal à la tête, elles lui donnent des fourmillements dans les pattes, le font trembler de la crête à la queue. Pour tout dire, ça devient intenable et il estime qu'en 300 ans (voire plus, il a un peu perdu la notion du temps) il a fait preuve de beaucoup de patience !

Il a donc décidé de réagir.

Depuis quelques temps tout le village est réveillé au petit (vraiment très petit) matin par des cocoricos tonitruants, la trompette de Pélagie à côté ressemble à un tout petit cui-cui de poussin nouveau-né, c'est dire !

Bien sûr tout le monde se demande à qui appartient ce coq exaspérant.

Mais les habitants ont beau guetter, rien de rien.

Et vient un moment où tout le monde est sur les genoux par manque de sommeil, voire pour cause d'insomnie à guetter le Cocorico triomphant.

Même Mademoiselle Zita n'est plus en mesure de calmer les insomniaques et pour tout dire elle-même se retrouve un peu trop gonflée d'énergie.

Un climat de suspicion se met à régner, et s'il s'agissait d'un plaisantin maniant un MP3 et amplificateur, allez savoir. Et voilà que nos Bigorbourgeois commencent à se regarder de travers, du jamais vu.

Il est temps que quelqu'un prenne les choses en main.

Prudence, l'ange gardienne a depuis belle lurette repéré Igor qui fait son fier du haut de son clocher, elle sait que c'est lui la cause de tout ce tohu-bohu, d'ailleurs un de ses apprentis ange gardien particulièrement copain avec les oiseaux a appris par l'un d'eux qu'Igor n'était pas étranger à cette perturbation.

Bien que n'ayant guère apprécié les gallinacés de son vivant (sauf peut-être rôtis), elle se décide à jouer une fois de plus les intermédiaires.

Elle plane donc jusqu'en haut du clocher et interroge Igor sur le pourquoi du comment, et enfin, celui-ci peut s'adresser à quelqu'un doté d'un peu plus de jugeotte que ces têtes en l'air d'oiseaux. Il lui explique donc qu'il en a ras la crête des cloches de l'église et que tant qu'elles résonneront, eh bien lui il chantera et toc.

Prudence va donc en référer en haut lieu, l'archange Gabriel fatigue parfois un peu des extravagances de Bigorbourg, mais bon à côté de ça ce village l'amuse et le distrait de ses occupations routinières.

Il invite donc Prudence à contacter Madame Thècle et celle-ci trouve dans ses grimoires une potion qui va parfaitement faire l'affaire pour régler "l'Affaire du Coq fantôme" comme l'appellent les habitants exténués.

Et un soir de pleine lune, Thècle perché sur Herbert son fidèle balai et Prudence font une proposition tout à fait honnête à Igor, proposition accueillie avec enthousiasme par le perturbateur.

Thècle arrose donc Igor avec sa potion spéciale et le lendemain matin, pas un bruit, les habitants ahuris se réveillent sur le coup de midi après une longue nuit (et matinée) de sommeil réparateur. Le coq fantôme s'est tu !

Tout à son bonheur, Anthelme se rue sur ses cloches et les fait chanter à plein poumon (pardon à plein battant).

Les cocoricos indignés vont-ils recommencer le lendemain ?

Mais non, deuxième nuit tranquille, Bigorbourg respire.

Seules Prudence et Thècle savent ce qui se passent. Maintenant dès que les cloches se mettent à sonner, Igor quitte le clocher pour aller survoler son cher village et ses alentours, il en profite pour mettre le bec dans les affaires des uns et des autres avec délectation, découvrant de nouveaux petits secrets.

Et quand les cloches se taisent, il retourne au bercail.

Vous vous demandez si on s'est rendu compte que le coq du clocher n'était pas toujours à sa place ? En fait http://www.ferronnerieandre.com/images/C-27+.jpgnon parce qu'un des apprentis de Prudence vient le remplacer le temps de sa promenade et comme Prudence est pleine de sagacité elle a établi un planning pour que ses apprentis se relaient en haut du clocher, elle n'a pas envie de se retrouver avec une grève sur les bras pour cause de travail fatigant pour les nerfs.

Partager cet article
Repost0
6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 00:20

Bigornette nous fait commencer l'année avec le prénom Olive, en avant marche !

Pas de village digne de ce nom sans une rivière pour le traverser qu'en pensez-vous ?

Bigorbourg peut s'enorgueillir d'avoir l'une des plus adorables rivières de France et de Navarre. L'Olive, oui c'est son nom, prend sa source dans une petite colline au milieu de la forêt, elle passe nonchalamment au milieu de Bigorbourg, pas bien profonde on pourrait presque la traverser à pied, mais elle a eu la bonne idée d'amener avec elle quelques pierres qui disposées avec art font de charmants passages à gué en plus des petits ponts de bois qui l'enjambent de-ci, de-là. Et elle va finir sa course dans les étangs à l'autre bout de Bigorbourg dans lesquels la famille d'Aymard le canard a pris ses pénates. En fait, elle soit sûrement poursuivre son chemin plus loin, mais personne ne sait trop où elle file après.

Pourquoi cette charmante petite rivière s'appelle-t-elle l'Olive. En fait c'est parce qu'un ancien habitant était un peu dur d'oreille.

Pour tout vous dire notre rivière est habitée par une ondine, la très adorable Eau Vive, et le premier Bigorbourgeois à l'avoir rencontrée était un aimable centenaire quelque peu mal entendant. Ce jour là la belle se livrait à l'occupation habituelle des Ondines, elle coiffait sa belle chevelure d'or assise sur la berge de son domicile.

A cette époque là, les habitants de Bigorbourg ne s'étonnaient déjà plus de grand chose, et voir assise là une belle jeune fille aux cheveux longs de plusieurs mètres en train de se peigner avec une superbe brosse sertie de pierres précieuses ne perturba pas plus que ça notre centenaire qui en avait déjà vu d'autres.

Il s'assit à côté de la jeune fille, celle-ci connaissait bien les habitants du coin et les savait ouverts au féérique, elle continua donc à brosser sa longue chevelure tout en engageant la conversation avec le vieil homme, qu'elle avait d'ailleurs eu l'occasion de connaître beaucoup plus jeune lorsqu'il comptait fleurette à sa fiancée au bord de la rivière au clair de lune.

Eau Vive les regardait faire avec amusement et un brin d'envie aussi peut-être. Ce n'est pas facile pour une ondine de trouver chaussure à son pied.

Elle pris donc des nouvelles de la descendance du charmant vieux monsieur, même si le décryptage de ses réponses n'était pas évident. Les enfants se transformant en faons, la femme en âme, la ferme en cerne, la santé en château hanté.

Tout en répondant avec beaucoup de constance à côté des questions, notre centenaire admirait la gracieuse personne assise près de lui, ah pensait-il si j'avais 30 ans de moins (eh oui un optimiste !) avant de se souvenir que sa chère et tendre n'aurait peut-être pas été d'accord pour le voir compter fleurette à cette jolie blondinette.

Le soleil commençant à décliner, il était temps pour Eau Vive de retourner à son cottage du fond de la rivière (je sais c'est une rivière peu profonde, mais les ondines ne sont pas n'importe qui non plus, pour une visite chez elle, nous attendrons une autre occasion).

Elle salua donc notre vieil homme avec courtoisie avant de commencer à avancer dans l'eau, celui-ci la héla avant qu'elle ne disparaisse et lui demanda son prénom.

"Eau Vive" répondit-elle et lui il entendit "Olive".

Tout guilleret, il rentra chez lui en racontant à qui voulait bien l'entendre qu'il venait de passer l'après-midi avec une charmante fée qui vivait dans l'eau et qui s'appelait Olive. Les habitants habitués aux extravagances des uns et des autres trouvèrent que ce nom était parfait pour leur petite rivière qui n'avait pas encore été baptisée et voilà comment l'Olive naquit. 

Eau vive, ondine de bonne composition (pas comme une certaine fée Bertille) ne se formalisa pas http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bd/John_William_Waterhouse_-_Undine.JPG/457px-John_William_Waterhouse_-_Undine.JPGoutre mesure de ce nouveau prénom et le trouvant amusant, finit par l'adopter,  elle continue à observer avec intérêt la vie des Bigorbourgeois et à laisser filer dans l'onde quelques cheveux d'or qui font chatoyer la rivière.

Partager cet article
Repost0
24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 00:13
Bon des ennuis se préparaient, les voici détaillés !

Voilà que Monsieur Lazare arrive avec des doléances.

Depuis qu'il a débarqué à Bigorbourg, Monsieur Lazare semble avoir développé des relations privilégiées avec les animaux du bourg.

Il vient donc représenter Paterne et Belle Aggie les chats, Casimir son bizarre chien, Aymard le canard adepte de la course et bien sûr la douce Fleur qui, au contact de Venceslas l'âne a développé un caractère bien trempé.

Les réclamations de toute cette marmaille à poils et à plumes portent sur le fait qu'ils ne sont pas invités à participer à la crèche.

Anthelme a beau insister sur le fait que si, en effet, on peut penser que les bergers étaient accompagnés de leurs moutons et peut-être de leurs chiens, il n'est nulle part fait mention de chats, de canards et de biches !

Père Paterne est appelé en urgence avec les organisateurs pour débattre de la question.

Ils se retrouvent au presbytère face à une ménagerie pas contente, d'autant que Venceslas fait cause commune avec ses amis et que toute la famille d'Aymard, cousins éloignés compris, est là, ainsi que quelques moutons, lapins, renards, écureuils venus en renfort.

Les pourparlers vont être difficiles.

Père Paterne insiste bien sur le fait que l'église n'est pas extensible et n'a pas vocation pour jouer les Arches de Noé !

Bref, c'est la fronde, d'autant que sont accueillis, comme le fait finement remarquer Paterne le chat, qui pourrait être chat de jésuite, un fantôme, une ange gardienne, une sorcière, une vampire pour ne citer qu'eux. Si ce n'est pas faire dans le bizarre là, qu'est ce que c'est ?

Le pauvre Anthelme perd pied, un coup de main céleste ne serait peut-être pas le malvenu.

Et ça tombe bien, voilà que dégringole au sens propre du terme, au milieu de la mêlée un Blaise, Saint Patron occulte de Bigorbourg, qui manifestement est toujours un tantinet embarrassé par ses pieds et ses bras. Vladimir son âne, après un braiment enjoué à l'attention de Venscelas son descendant, l'attrape par le col de son bliaud et le remet sur pied.

Sur la demande de Blaise, le Bigorneau enchanté est amené en grandes pompes par Père Paterne qui le confie au fondateur.

S'engage entre eux un dialogue purement télépathique que personne ne peut suivre. Blaise fixe le Bigorneau, semble poser une question, puis il porte le coquillage à son oreille pour écouter la réponse.

Ils paraissent bien s'amuser tous les deux, mais le reste de l'assemblée commence à s'impatienter.

Anthelme, qui après tout, est l'autorité organisatrice fini par se décider à remettre de l'ordre dans tout ce tohu-bohu.

Il est donc décidé que Monsieur Lazare se transformerait en "ravi" et irait rendre hommage au petit Jésus en costume de lapin, à son père en bottes de chasse et à sa mère rutilante comme un oiseau de paradis, accompagné des principaux meneurs, Fleur la biche, Belle Aggie et Paterne les chats, Casimir le chien, Aymard le canard et sa nouvelle petite amie.

Tous les autres, animaux de basse-cour, de ferme et des bois formeront un haie d'honneur à l'entrée de l'église.

Tous les participants se déclarent satisfaits du compromis et Anthelme peut respirer.http://www.santons-de-provence.net/magasin/themes/santons%20habillage%20noel/img/santon_ravi.png

Mais, me direz-vous, il manque quelqu'un ! Donald le coucou ne serait-il pas de la fête ? Mais si pour être sûr que la cérémonie commencera à l'heure, Père Paterne a décidé de le nommer remplaçant des cloches. Un micro sera installé dans son bureau ce qui permettra à Donald de lancer ses coucous pour lancer les réjouissances.

Partager cet article
Repost0
23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 00:09
Bigornette nous proposait le prénom Anthelme pour la durée des fêtes. Comme mon texte est un peu long en voilà une partie pour aujourd'hui et le reste demain (je ne vous fais pas trop attendre)

La préparation de Noël bat son plein à Bigorbourg.

En première ligne on trouve Anthelme Tombe, mais si vous savez le fossoyeur, sachez qu'il fait également office de bedeau.

Cette année il a été décidé, pour la Messe de Minuit, de mettre en place une crèche vivante.

Plus facile à dire qu'à faire !

Anthelme va devoir faire preuve de beaucoup de diplomatie !

Pour Marie, Joseph et l'enfant Jésus, pas de problème Bertille et Fulbert qui viennent d'avoir un beau poupon joueront le rôle. Juste un petit problème, Marie, enfin Bertille n'aimant pas le bleu est bien décidée à revêtir une adorable robe bohémienne qu'elle affectionne particulièrement. Fulbert quant à lui tient à garder aux pieds les bottes magiques de Monsieur Crépin, pas question de chausser des sandales. Quant à leur angelot, Bertille ne tient pas à ce qu'il attrape froid, donc il sera niché dans sa grenouillère lapin pourvu d'adorables oreilles duveteuses et pas question de revenir là-dessus, déjà elle accepte la crèche remplie de paille, mais pas question que son bambin manque d'un minimum de confort.

Bon, pour l'âne pas de problème Venceslas est en tête de liste, pour le bœuf ce sera un bœuf que vous n'avez pas encore croisé (d'ailleurs il se peut que ce soit un taureau, allez savoir).

La décoration florale sera bien sûr assurée par Sylvère, mais inutile de dire qu'Anthelme et le Père Paterne vont devoir subir un interrogatoire serré et une visite approfondie du lieu avant d'obtenir ce qu'ils veulent.

La collation d'après messe sera fournie par Pélagie et Thècle qui ont réussi à se mettre d'accord autour d'une bonne tasse de thé. Elles seront secondées par Honorine la cuisinière prête à faire feux de tous bois.

Mademoiselle Zita, qui ce soir là devra sûrement aider quelques enfants énervés à trouver le sommeil, fera profiter tout le monde de sa belle voix apaisante en accompagnant le Père Paterne, Sidoine le moine (la tête bien arrimée) et Prudence l'ange gardienne et ses apprentis, qui par dérogation spéciale et haut placée, viendront joindre leurs voix au chœur.

Il a aussi été décidé que Léonce, en raison de ses rapports privilégiés avec le Père Noël, se http://www.tourisme-alsace.info/lei/wangenbourg2/photos/255000801_1.jpgtransformerait en ange pour distribuer de menus cadeaux aux enfants (je vais vous révéler un petit secret, il s'agit de petites chaussettes de Noël cousues par Monsieur Crépin et brodée par Madame Crépin, chaussettes extensibles à loisir pour recevoir le plein de cadeaux).

Seulement, voilà, aucune raison que tout soit aussi simple.

Partager cet article
Repost0
16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 00:39
Bigornette nous propose le doux nom de Fleur aujourd'hui.

Ce matin, c'est branle-bas de combat chez Monsieur Lazare.

Casimir, son pseudo chien, ne tient pas en place.

Lui qui d'habitude attend sagement, en en renversant qu'une ou deux chaises juste histoire de rappeler qu'il existe, l'heure du lever de son maître adoré, ne tient pas en place. Il aboie comme un fou, rebondit dans tous les coins tel un ludion diabolique, monte sur le lit et piétine le ventre de Monsieur Lazare qui, abasourdi par l'attitude de son canin, finit par se lever en maugréant.

Qu'est ce qui peut énerver ainsi Casimir ? Même le chat Paterne et sa copine Belle Aggie ne l'on jamais mis dans un état pareil !

Monsieur Lazare s'étire, chausse lunettes et pantoufles et emboîte le pas à un Casimir heureux d'avoir enfin été compris par son deux pattes.

Il se rue dans l'escalier, dérapant des quatre fers sur les marches, et se met à geindre devant la porte.

"Quoi !" s'exclame Monsieur Lazare furibond "tu me réveilles pour ça ? Tu ne pouvais pas te retenir encore cinq minutes ?"

Il ouvre la porte et laisse sortir Casimir qui se rue dehors et continue à gémir tout doucement.

C'est bien la première fois qu'il réagit ainsi, serait-il malade ?

Monsieur Lazare, inquiet, sort pour observer son chien et reste pantois devant le spectacle.

Là devant lui, nichée au creux d'un parterre de fleurs, il trouve roulée en boule une jeune biche au pelage maculé de sang à l'épaule.

Il s'approche tout doucement pour ne pas l'effrayer. Celle-ci lève sur lui de grands yeux pleins de souffrance, d'espoir et de confiance.

Bien sûr, Monsieur Lazare fond !

Il se précipite dans la maison, récupère de l'eau, sa sacoche de médecin, des linges propres et retourne près de la blessée.

Alertée, elle aussi par les chats du presbytère, Pélagie arrive pour donner un coup de main.

A eux deux, ils ont tôt fait de nettoyer la plaie et de la soigner.

La biche surveillée de près par Paterne, Belle Aggie et Casimir (ayant mis de côté leurs menus différends pour le moment) qui chacun dans sa langue la rassure, se tient tranquille et attend placidement que les deux pattes terminent leur travail.

Averti on ne sait comment, enfin si probablement par un dessin, le jeune compagnon de Venceslas amène de quoi manger à la blessée.

Bientôt, très courroucé, déboule Fulbert le garde-chasse qui déteste qu'on vienne braconner sur ses terres, enfin celles de la commune, mais c'est tout comme et qui promet à la rescapée de dire deux mots à celui qui a osé lui tirer dessus.

Tandis que la jeune biche se remet tout doucement de ses émotions, les habitants viennent aider Monsieur Lazare à transformer la cabane de jardin en refuge pour... pour qui d'ailleurs ? Pour Fleur bien sûr puisque c'est ainsi que Monsieur Lazare a décidé de prénommer sa nouvelle protégée.

A la messe de dimanche, Père Paterne dans son sermon rappelle avec force et conviction à ses ouailles que s'il en croise un avec un fusil à la main, il se fera un plaisir de lui botter les fesses, approuvé en cela par Fulbert près à être la main, enfin le pied de la justice.

Et depuis Fleur déambule régulièrement dans le bourg souvent accompagnée de Venceslas qui ne reste pas http://www.maxi-fond-ecran.com/fond-ecran/animaux/biche_002.jpginsensible à ses doux yeux de biche bien sûr !

La semaine prochaine je vous ferai faire connaissance avec Anthelme et la semaine suivant puisqu'il y a relâche avec les prénoms de Bigornette, je vous raconterai l'histoire vraie de Fleur.

Partager cet article
Repost0
9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 00:57

Sauf erreur de ma part aujourd'hui pour Bigornette, nous allons parler de Sylvère.

Sylvère est le fleuriste de Bigorbourg. Un fleuriste un peu particulier forcément.

En effet, Sylvère ne vend que des fleurs en pot, il a horreur des fleurs coupées, pour lui c'est une torture insupportable de cueillir une fleur aussi bien pour lui que pour elle, il préfère les laisser vivre en liberté.

Et attention, lorsque vous entrez chez Sylvère, il faut être sûr d'avoir du temps devant vous parce qu'il ne vend pas ses chéries à n'importe qui !

Bon lorsque vous êtes un vieux client et qu'il est certain que vous traiterez bien sa protégée, votre visite peut être un peu écourtée, encore faut-il que vous lui parliez de l'état de santé de vos pensionnaires.

Par contre, si vous êtes un nouveau client ou si vous venez acheter une plante pour offrir, là il vaut mieux prendre votre mal en patience parce que Sylvère tient absolument à connaître les conditions d'hébergement de la future adoptée, si elle sera correctement traitée, aimée, nourrie.

Bref, un minimum de culture horticole vous sera nécessaire et vous ou le futur adoptant devrez montrer patte blanche.

En gros, il est indispensable d'être bigorbourgeois pour faire affaire avec Sylvère, lorsqu'un "étranger" de passage entre dans ce curieux magasin, bien souvent il en ressort bredouille et complètement à l'ouest !

A côté de ça, si l'une de vos plantes montre des signes de faiblesse, vous pouvez être sûr de trouver Sylvère devant votre porte le jour même pour ausculter la malade. La première fois, ça surprend un peu, mais lorsqu'on a déjà trouvé Mademoiselle Zita sur le pas de sa porte une nuit d'insomnie, ma foi voir le fleuriste visiter vos plantes n'étonne pas vraiment.

Le soir, lorsqu'il ferme boutique, la journée de travail de Sylvère n'est pas encore terminée, loin de là.

Dès que la nuit est tombée, Sylvère prend sa houlette et devient le Berger des Fleurs.

Il bichonne les nouvelles nées, lorsqu'un terrain est appauvri ou que le propriétaire est négligent, il n'hésite pas à emmener les locataires vers d'autres pâturages plus riants, certains sont bien surpris le matin en découvrant un jardin tout nu, tandis que d'autres, ayant les faveurs de Sylvère, se retrouvent au milieu d'une jungle foisonnante de couleurs et d'odeurs.

Lorsqu'il croise une fleur coupée ou écrasée par des pieds indifférents qui se meurt doucement, il la câline jusqu'à ce que sa petite âme rejoigne le paradis des fleurs, puis il lui trouve un coin tranquille pour retourner à la terre. Il ravive les couleurs des fatiguées, fait se rencontrer de futurs couples.

Bref, son deuxième travail le tient occupé encore une bonne partie de la nuit.

Et un peu avant l'aube, il rejoint sa petite maison pour s'occuper de ses plantes apprivoisées et de celles malmenées qu'il a recueillies (voire même carrément enlevées si le besoin s'en faisait sentir), puis il va se coucher dans son pot rempli de terre nourricière qui va le ressourcer pour la journée qui vient.

Partager cet article
Repost0
2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 00:07
Nouveau prénom de Bigornette "Thècle". Et pour s'y retrouver plus facilement dans mon petit bourg, j'ai créé la catégorie "Bigorbourg".

Que diriez-vous aujourd'hui de vous restaurer un peu le corps et l'esprit ?

Oui ?

Je vous invite donc à rejoindre le "Salon de Thècle".

Thècle est une charmante petite dame arrivée depuis peu à Bigorbourg, elle descend paraît-il de la montagne. Bref, vous connaissez les Bigorbourgeois et leur philosophie "vivre et laisser vivre", ils ne se sont donc pas posé beaucoup de questions lorsque Thècle, accompagnée de son adorable chatte Rune, a déposé ses bagages à Bigorbourg et a ouvert dans ce qui était le salon de la coquette petite maison qu'elle venait d'acheter le "Salon de Thècle".

C'est un salon de thé un peu spécial pour tout dire, mais cela ne vous étonne pas outre mesure n'est ce pas ?

Il faut reconnaître que Madame Thècle est aussi une personne qui sort de l'ordinaire.

Le "Salon de Thècle" est pimpant, meublé de délicats guéridons recouverts de nappes en dentelle assorties aux rideaux, les petits fauteuils installés devant les tables sont délicieusement moelleux, le corps y trouve sa place sans problème. Aux murs quelques tableaux bucoliques de Venceslas permettent de rêver. Ceux qui ne souhaitent ne se contenter que d'un thé, d'un chocolat ou d'un café peuvent s'installer dans un fauteuil crapaud flanqué d'une petite table basse, tout en feuilletant l'un des livres rangés dans les bibliothèques qui bordent l'un des murs. La lumière est douce et met en valeur les convives, même le bruit des conversations semble atténué, d'ailleurs si on tend bien l'oreille on peut discerner une musique d'ambiance merveilleusement relaxante, comme un chœur de petites voix flûtées.

Et l'odeur, ah l'odeur, elle varie pour chacun, lui remettant à l'esprit l'odeur des pâtisseries de son enfance.

Dans ce petit royaume de douceur Madame Thècle officie, elle passe de table en table pour prendre les commandes puis se rend dans son domaine réservé, son antre, son coin secret, sa cuisine. Dès la porte franchie, Madame Thècle, sorcière de son état se transforme, son nez et son menton se recourbent et se réunissent au-dessus d'un large sourire, tandis que ses cheveux s'ébouriffent. Bon, donc Madame Thècle est une sorcière, mais une sorcière sympa. Là dans sa cuisine, aidée par de drôles de petits bonhommes du plus beau vert, elle concocte boissons étranges, gâteaux et confitures bizarres, mais délectables qui vous reboostent le moral.

Mais le "Salon de Thècle" a une autre destination. A la nuit tombée, il devient salon de thé ésotérique, les nappes de dentelle sont retirées et les amateurs peuvent venir faire tourner les guéridons et se brancher sur leurs chers disparus, les livres des bibliothèques se métamorphosent en livres de divination, Madame Thècle de son côté, pendant que ses marmitons servent potions plus ou moins magiques et bizarres, officie tarots en main, elle lit l'avenir et donne des conseils toujours judicieux aux demandeurs. Une fois par semaine, elle revêt sa plus belle robe noire avec dentelles de toiles d'araignée et collier de gouttes de pluie, astique son beau balai joliment prénommé Herbert et l'enfourche avec Rune perchée sur son épaule puis s'envole pour un sabbat autour d'une bonne tasse de thé avec ses copines des environs.



Partager cet article
Repost0
25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 00:43
Nouveau prénom de Bigornette, âmes sensibles s'abstenir

Aujourd'hui, branle-bas de combat dans la cuisine de Pélagie. On est le 14 novembre et le Père Paterne reçoit son ami le moine Sidoine pour sa fête.

Sidoine était un bon vivant qui aimait bien manger donc Pélagie va mettre les petits plats dans les grands. Ah, vous vous demandez pourquoi je parle de lui au passé ?

Tout simplement parce que le moine Sidoine a trépassé, raccourci d'une tête pendant la Révolution française. Cela se passait bien sûr hors de Bigorbourg qui a bien heureusement échappé à cette tourmente.

Pardon ? Comment ces deux là se sont-ils rencontrés et ont-ils fait ami-ami ? Eh bien voilà.

Le Père Paterne aime bien lorsqu'il a un petit moment de calme aller explorer la campagne environnante perché sur sa bicyclette, soutane au vent. Je sais, c'est dangereux, mais comme il semble que le Père Paterne reste sourd aux conseils de Prudence, celle-ci lui a délégué un ange gardien débutant pour empêcher la soutane de se coincer dans les roues ou le pédalier et ce n'est pas une partie de plaisir pour le pauvre apprenti.

Bref, ce 14 novembre là, le Père Paterne se retrouva face aux ruines d'un monastère qu'il n'avait encore jamais vu, ce qui ne manqua pas de l'étonner dans la mesure où enfant du pays, il connaissait le coin comme sa poche. L'endroit n'était guère engageant sous la lumière pâle de ce mois de novembre, mais le Père Paterne décida d'explorer plus à fond ce lieu étrange.

Il commença par déambuler dans ce qui était l'ancien jardin intérieur du cloître, envahi par les mauvaises herbes. Il avait bien du mal à se frayer un passage au milieu de ces herbes folles qui tentaient de le retenir. Son angelot personnel lui, pas fou, avait préféré rester près du vélo, après tout les ordres de Prudence portaient sur un Paterne roulant, pas un Paterne marchant.

Le Père Paterne cru apercevoir de la lumière dans ce qui était probablement le réfectoire de la communauté. Vaille que vaille, il y dirigeât ses pas.

Tout à coup, il buta dans quelque chose qui se mit à rouler.

"Aïe" fit une voix "Faites attention où vous mettez les pieds !"

"Excusez-moi" répondit Père Paterne avant de se demander qui pouvait bien parler "Mais où êtes-vous ?"

"En partie devant vous, en partie à 3 mètres sur votre gauche" repartit la voix.

"???" fit Père Paterne.

"Je sais, je sais" reprit son interlocuteur "C'est un peu dur à suivre, mais je suis maladroit et j'ai encore fait tomber ma tête. Si vous pouviez me donner un coup de main pour me remettre un peu en ordre, je vous en serais reconnaissant".

Père Paterne sentit ses cheveux se hérisser, mais la voix ne paraissait pas menaçante, il s'approcha en regardant où il mettait les pieds et son regard tomba sur une tête rondouillarde qui lui souriait amicalement. Un peu tendu, il ramassa le-dit appendice et se dirigeât vers sa gauche où il aperçut le corps sans tête, mais bien rembourré d'un moine enveloppé dans sa bure. Hésitant, il mit la tête souriante entre les mains tendues vers lui. Avec un soupir de contentement les deux parties se réunirent.

"Merci beaucoup mon Père, je me présente Frère Sidoine, ex-moine de mon état".

"Pas de quoi mon frère. Mais puis-je vous demander pourquoi vous n'avez point rejoint le royaume de notre Seigneur ? Quelques graves péchés vous retiendraient-ils dans cette vallée de larmes ?" Vous avez entendu comme il parle bien le Père Paterne, l'habitude des sermons !

"En fait, ma place est réservée là-haut, mais que voulez-vous j'ai beaucoup de mal à quitter cette terre où j'ai été heureux, même si ma fin fut un peu spectaculaire. Et pour tout vous dire je hante ce réfectoire à la recherche d'un des mets délicieux que nous concoctait le frère cuisinier".

"J'ai à mon service une cuisinière hors pair, si vous pouvez quitter votre monastère, je suis sûr qu'elle pourra vous régaler, enfin si les fantômes peuvent manger bien sûr !"

"Pas de problème" reprit le rieur Frère Sidoine "En revanche la journée va bientôt se terminer et je ne serai autorisé à revenir sur notre terre que le jour de ma prochaine fête".

"Qu'à cela ne tienne, je vous invite cordialement au presbytère pour le 14 novembre prochain, ce qui me donnera le temps d'en parler à Pélagie, ma gouvernante".

Pélagie prit l'annonce de la venue d'un revenant coupé en deux pour un repas gastronomique avec beaucoup de philosophie. Le Père Paterne n'en attendait pas moins de sa part.

Et c'est pour cela qu'aujourd'hui le Père Paterne et Pélagie accueillent à leur table un moine rubicond et heureux de se délecter encore une fois de bons petits plats. Pour éviter tout incident pouvant jeter un froid, comme une tête tombant dans le potage, Frère Sidoine a pris la précaution de nouer autour de son cou une large écharpe qui maintient sa tête bien en place s'il évite les mouvements brusques. A son arrivée Paterne le chat et Belle Aggie ont été un peu méfiants, les chats n'appréciant guère les revenants, mais quelques caresses bien placées ont eu raison de leurs réticences.

Et voulez-vous que je vous dise, le repas fut très gai, Frère Sidoine étant un homme plein d'humour et de gentillesse, bref un digne bigorbourgeois d'adoption.



Partager cet article
Repost0
18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 00:43
Prudence nous dit le prénom de Bigornette d'aujourd'hui.

Prudence en a marre.

Elle a vécu une vie consacrée aux autres, toujours prête à rendre service et voilà que maintenant qu'elle est morte et que donc, logiquement, elle devrait pouvoir jouir d'un repos bien mérité, voilà que Gabriel, le chef des anges, a décidé de la promouvoir ange gardienne (pas de raison de ne pas féminiser la profession) de Bigorbourg. DE TOUT Bigorbourg !!!

Alors la pauvre Prudence ne sait plus où donner de la tête, bon d'accord elle a retrouvé ses jambes de vingt ans, mais quand même !

Certes de son vivant, elle rendait service mais elle savait aussi se comporter de manière responsable, elle n'avait jamais réalisé à quel point ses concitoyens étaient de vrais kamikazes.

Bon déjà en tête de liste, il lui faut veiller sur Prudence sa petite-nièce qui a hérité de son prénom, rien que pour ça elle lui doit bien un peu de protection supplémentaire.

Prudence bis est donc une jeune casse-cou de la pire espèce, toujours à se fourrer dans des situations impossibles, comme grimper en haut d'un arbre et ensuite miauler qu'elle ne sait plus comment descendre, aller embêter les poules du fermier et piailler parce qu'elles lui picorent les mollets, se prendre pour un torero et enquiquiner le taureau, bon d'accord ce n'est pas un féroce, mais il doit bien charger de temps en temps pour garder son prestige et notre Prudence de meugler de détresse.

Bref, Prudence l'aînée en a marre de cette mouflette, elle a beau se dire qu'elle va la laisser se débrouiller, c'est plus fort qu'elle, il faut qu'elle intervienne.

Et ses autres ex-concitoyens ne sont pas mieux. Ici, en voilà un qui se perche sur une chaise branlante pour accrocher un cadre, celui-ci bidouille une prise électrique sans couper le courant, celle là jongle avec le couteau électrique branché, Prudence n'avait jamais réalisé le nombre d'engins susceptibles de causer des catastrophes.

Bon d'accord, c'est vrai que l'ange coincé dans le bigorneau magique plus prodigue de bons conseils, mais en attendant c'est elle qui se pastille le boulot et elle est au bord de la crise de nerfs.

Toute ronchonnante, elle s'en va voir le big boss Gabriel pour se plaindre de ce village d'écervelés et réclamer de l'aide.

"Désolé" lui répond Gabriel "en ce moment c'est la crise des vocations, j'ai de plus en plus de mal à trouver des volontaires".

"Mais je n'étais pas volontaire moi" s'indigne Prudence

"Certes" rétorque Gabriel chafouin "mais vous êtes terriblement influençable".

"C'est de l'arnaque, de l'abus de confiance" fulmine Prudence "Je vais me plaindre en haut lieu"

"Euh, évitons d'en arriver à de telles extrémités" plaide Gabriel un peu penaud du vilain tour joué à cette brave femme "Je vous laisse les pleins pouvoirs pour mettre du plomb dans la tête des Bigobourgeois".

Prudence, toujours bougonnante redescend sur terre bien décidée à en découdre avec les imprudents.

Bon bien sûr, elle ne peut pas les laisser se blesser mais elle trouve un arrangement avec le petit peuple de l'air, de la terre, du feu, de l'eau et de l'électricité, dès qu'un imprudent est à deux doigts de faire une ânerie (toutes mes excuses Venceslas) une humânerie grosse comme lui dirons-nous plutôt, l'une des aides de Prudence lui murmure en boucle à l'oreille "Réfléchis, est-ce prudent, réfléchis, est-ce prudent,...".

Bien sûr au début le Docteur Lazare en a vu défiler des habitants se plaignant d'entendre des voix.

Mais petit à petit, voilà que la prudence est devenue une seconde nature chez les Bigorbourgeois.

Bon, bien sûr, pour éviter la monotonie, de temps en temps Prudence permet une pitrerie ou deux, juste ce qu'il faut pour l'ambiance, mais au moins elle jouit enfin d'une éternité à peu près paisible.

Partager cet article
Repost0

Bonjour À Tous

  • : Mon carnet à Malices
  • : Ecriture, créations en fimo et autres modelages, lecture (fantastique, fantasy, thriller, humour), nos félins domestiques dans tous leurs états, photographie, musique
  • Contact

Rechercher

Mais encore

En Stock