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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 00:02
Aujourd'hui Bigornette a mis de l'Aymard au menu ! Bon appétit.

Aymard est un aimable canard. Il a élu domicile près de la petite mare de Bigorbourg. Attention, j'ai bien dit "près" pas "dans". Parce qu'étant à Bigourbourg vous vous doutez bien qu'Aymard n'est pas un canard comme les autres, d'ailleurs avez-vous connu beaucoup de canards s'appelant Aymard ?

Donc Aymard était un canard qui n'aimait pas l'eau. Il faut dire que caneton à peine sorti de l'œuf, un cousin malintentionné l'avait balancé à la baille alors qu'il ne savait pas encore nager (oui, ça se fait aussi chez les humains et nous sommes d'accord c'est stupide).

Bien sûr Maman Cane avec repêché son rejeton, mais depuis, pas moyen de l'amener à tremper ne serait-ce que le bout d'une palme.

Maman Cane en était fort marrie, rien n'y faisait ni cajolerie, ni menace, ni moquerie, Aymard restait fermement ancré sur ses positions, jamais il ne mouillerait sa petite personne.

Bien sûr Aymard, s'il ne nageait pas avait d'autres atouts. C'était un champion de course à pied, il fallait le voir se dandiner du croupion à toute allure, il était aussi un pro en insectes et en plantes, capable de vous donner la carte d'identité complète de chacun. C'était aussi un canard de garde qui prévenait de l'arrivée du moindre intrus. Bon tout cela était bel et bon, mais pour les autres palmipèdes, ce n'était pas un vrai canard.

Jusqu'au jour où, bien sûr, il y a forcément, un jour où dans mes petites histoires.

Jusqu'au jour où, disais-je donc, l'ami Paterne, le chat, pas le curé, se retrouva coursé par un chien étranger et sur qui sa diplomatie habituelle n'avait aucune prise, en plus, sa complice Belle Aggie n'était malheureusement pas là pour lui sauver la mise.

Notre Paterne détalait donc ventre à terre (et là c'est presque au sens littéral de l'expression qu'il faut le prendre dans la mesure où les pâtées de Pélagie étaient copieuses et goûteuses) devant le monstre baveux qui tenait absolument à le croquer.

Complètement affolé Paterne zigzaguait comme un fou à travers champs sans plus trop savoir où il se trouvait.

Brusquement, le sol se déroba sous ses coussinets et il fit un floc magistral dans la mare d'Aymard.

Il se mit à miauler au secours, il arrivait bien à patauger mais la nage ce n'était pas son truc.

Entendant les miaulements désespérés de son ami, Aymard battit des records pour arriver le plus vite possible sur les lieux du drame suivi de peu par Venceslas.

Le pauvre Aymard essaya bien de rameuter sa famille plumeuse, mais ceux-ci n'étaient pas assez véloces pour arriver à temps.

Faisant une brève prière à Saint Adjutor, Saint patron de nageurs (vous pouvez vérifier c'est vrai et en plus il était normand) et se jeta à l'eau. Après un bref moment de flottement (mot à comprendre au figuré) Aymard réussit à rétablir sa ligne de flottaison et battant des palmes comme un plongeur poursuivit par un requin, il arriva près de Paterne au moment où celui-ci buvait la tasse.

Il plongeât, passa sous le pauvre minet sonné pour le hisser sur son dos et regagna la berge en gîtant de toutes parts.

Pendant ce temps, Venceslas, d'une magistrale ruade, avait renvoyé l'affreux canidé dans ses buts.

Délicatement entre des grandes lèvres de peintre, il attrapa par la peau du cou un Paterne transformé en serpillière dégoulinante et le déposa sur la terre ferme où il se répandit en flaque.

Aymard quant à lui faisait le tour de la mare en cancanant de plaisir, c'était super chouette de nager en fin de compte.

Sur le bord de l'eau, le reste de la bande de canards était enfin arrivé et ils se mirent à applaudir (mais si à Bigorbourg les canards peuvent applaudir) à la fois le sauvetage de Paterne qui commençait à retrouver ses esprits et le fait de voir qu'Aymard avait surmonté sa phobie de l'eau.

Quand le héros regagnât la berge Maman Cane fière comme un paon (bon pas de réflexion voulez-vous !) congratulât son rejeton, tandis que Paterne lui débarbouillait le bec d'une langue râpeuse en ronronnant de reconnaissance.

Laissant les canards faire la fête pour le retour du fils prodigue en quelque sorte, Venceslas raccompagna Paterne qui pu se remettre de ses émotions réconforté par la chaleur d'Honorine, la gamelle de Pélagie et les tendres câlineries de Belle Aggie.

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 00:13
Le défi de Bigornette répond aujourd'hui au doux prénom de Venceslas

Venceslas est l'arrière-tout-plein-d'arrière-petit-fils de Dimitri. Mais si vous savez bien l'âne qui aida Blaise à baptiser Bigorbourg.

Notre Venceslas est, comme de bien entendu, un âne qui sort du commun.

Tout petit déjà, il savait tellement bien se faire comprendre que les deux pattes renchérissaient à qui mieux-mieux "il ne lui manque que la parole" ce qui agaçait prodigieusement notre ânon dans la mesure où les-dits deux pattes ne comprenaient pas la moitié de ce qu'il voulait leur dire.

Il décida donc de mettre au point une technique pour lui permettre de communiquer avec ces êtres inférieurs, mais somme toute attachants, après tout ce n'était pas de leur faute s'ils étaient un peu limités.

La transmission de pensée échoua, les humains n'étaient pas assez réceptifs et le seraient-ils jamais ?

L'écriture lui posait un problème, ses sabots manquant de prises pour attraper un stylo.

Il essaya aussi de parler mais ses hi-han, bien que modulés avec précision énervaient vite ses interlocuteurs.

Mais un jour, il entendit son jeune protégé (je vous rappelle que nous sommes dans une famille qui pratique la parité : un enfant/un âne) raconter une histoire qu'il avait apprise à l'école, celle d'un certain Roland Dorgeles et d'Ali Boron l'âne peintre.

Il comprit vite que c'était de l'esbrouffe. En fait Ali Boron se contentait d'agiter sa queue à laquelle était attaché un pinceau plein de peinture, bref rien de vraiment spectaculaire, mais l'idée était bonne.

Venceslas décida donc de devenir artiste peintre.

Bon, une fois la décision prise restait à la mettre en pratique.

Hors de question d'utiliser ses sabots qui comme il l'avait déjà constaté n'étaient pas assez agiles, sa queue manquait aussi de souplesse et en plus il lui aurait fallu garder constamment la tête tournée, des coups à se choper un torticolis. Non ne restait qu'une possibilité : sa bouche, de grandes dents, des lèvres souples et préhensiles, cela ferait parfaitement l'affaire. Il s'entraîna à dessiner par terre avec un petit morceau de bois, cela fonctionna parfaitement.

Maintenant il lui fallait trouver pinceaux, peintures et toiles.

Voilà qui relevait du défi.

Un jour que son jeune deux pattes laissa traîner son matériel de dessin, Venceslas fit un essai. Les crayons s'usaient trop vite, il n'arrivait pas à décapuchonner les feutres, pas plus qu'à ouvrir les tubes de peinture qui de plus s'écrasaient sous ses sabots. Bon inutile de dire que son jeune ami fut un peu furibond de voir l'état dans lequel il retrouva son matériel, ce à quoi sa mère (comme toute mère qui se respecte) rétorqua qu'il n'avait qu'à ranger ses affaires.

Tout cela était bel et bon mais n'arrangeait pas notre quadrupède.

Il partit donc se promener dans le bourg à la recherche du matériel adéquat.

Aidé par toute la clique des animaux du coin, Belle Aggie, Paterne et Casimir en tête (plus d'autres que vous découvrirez peut-être un jour) il découvrit le nirvana du peintre.

Un des habitants (se reporter aux parenthèses précédentes) adorait peindre et repeindre chez lui, il possédait donc dans sa remise pléthore de pinceaux et de pots de peinture.

Venceslas, aidé de ses amis à quatre pattes, profita d'un jour d'absence du brave homme pour s'emparer des pots et des pinceaux.

Ne restait qu'à trouver la toile adéquate, ce qui fut rapidement réglé lorsqu'ils arrivèrent dans le jardin du presbytère où Pélagie avait mis à sécher les draps du Père Paterne.

Belle Aggie et Paterne lestèrent le bas du drap pour empêcher qu'il ne bouge, Casimir aida à ouvrir les pots de peinture et Venceslas après un moment de concentration intense, s'empara d'un pinceau, le trempa dans la peinture et commença son tableau.

Bientôt on vit apparaître sur le beau drap blanc une maison de rêve perdue au milieu d'un foisonnement de fleurs multicolores et près de laquelle jouaient enfants et animaux.

Malgré quelques petites fautes de style Venceslas était très fier de son oeuvre, en revanche Pélagie lorsqu'elle découvrit l'Oeuvre commença par pousser des cris d'orfraie qui alertèrent le Père Paterne. Rapidement toutefois ils restèrent bouche bée d'admiration devant la fraîcheur de la représentation.

Entre-temps, le peintre et ses complices s'étaient cachés pour attendre la réaction des deux pattes et ma foi, ils furent fort satisfaits.

Le Père Paterne refusa que Pélagie détruisit cette étrange oeuvre d'art et la fit tendre dans l'église, qui n'était plus à une originalité près.

Les habitants mirent quelques temps avant de trouver qui était le "coupable" parce que Venceslas mis en appétit se mit à peindre nuitamment sur toutes les surfaces blanches qu'il put trouver et c'est ainsi que bon nombre de maisons se trouvèrent agrémentées de fresques murales délicieusement fraîches et naïves.

Un jour bien sûr Venceslas fut pris sur le fait par des villageois ébahis et admiratifs qui, malins, lui procurèrent le matériel ad hoc et mirent ses tableaux en vente dans les galeries des grandes villes environnantes.

Venceslas resta pour tous ceux hors de Bigorbourg, l'artiste mystère mais cela ne le dérangeât pas et en plus il pouvait maintenant communiquer parfaitement avec ses deux pattes à l'aide de petits croquis vite faits, bien faits. Voulez-vous que je vous dise, "Elle est pas belle la vie ?"


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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 00:12

Prénom suivant de notre amie Bigornette qui vient donner la main à Fulbert.

Voulez-vous que je vous dise, les pères de Bigorbourg ne sont pas raisonnables ! Après notre chère Pélagie qui s'est retrouvée avec ce prénom parce que son père, trop émotif, était retombé en enfance à sa naissance (sa naissance à elle Pélagie, vous suivez là ?), aujourd'hui, je vais vous conter la triste histoire de Bertille.

Le père de Bertille, tout heureux d'avoir enfin une fille après quatre garçons, se rendit à la Mairie en chantant à tue-tête "Bertille a de belles gambilles, Bertille a de belles gambilles". Eh oui, le pauvre n'avait plus toute sa tête non plus !

Malheureusement pour Bertille, il croisa sans même s'en rendre compte une petite fée de mauvaise humeur, elle aussi prénommée Bertille. Bref, elle prit la mouche, vola ailes vrombissantes jusqu'au berceau de son homonyme et lui jeta un sort "Tu auras de belles gambilles, mais de tous petits petons, ça apprendra à ton père à dire des bêtises !".

Oui, je sais, c'est totalement injuste, mais la vie des héroïnes de contes est rarement rose.

Bref, Bertille grandit. C'était une jolie fillette, éveillée, intelligente, charmante avec, en effet, de belles gambilles potelées.

Mais, au fil du temps, ses parents finirent par s'inquiéter, les pieds de Bertille ne grandissaient pas au même rythme qu'elle.

Si elle pût faire ses premiers pas sans trop de difficultés, les choses se gâtèrent rapidement. Comme les malheureuses chinoises aux pieds mutilés, Bertille avait beaucoup de mal à se déplacer et ne parlons même pas des jours de grand vent qui la faisaient tanguer comme un coquille de noix dans la tempête.

Quand elle arriva à l'âge adulte; elle était devenue une belle jeune femme de près d'un mètre soixante dix, mais avec la pointure d'une enfant de deux ans.

Inutile de dire que cet état de fait lui pourrissait la vie.

Bien sûr, Monsieur Crépin fit ce qu'il put pour l'aider, mais il était lutin, pas magicien de haut rang.

La pauvre Bertille était obligée de se déplacer avec des béquilles (oui ça rime, mais je ne l'ai pas fait exprès). D'un naturel plutôt optimiste, il en faut des gens comme ça, elle accepta son état et bien que regrettant de ne pas pouvoir danser et courir comme ses amis, elle compensa en les faisant danser et en devenant une prof de musique émérite, aucun instrument n'avait de secret pour elle.

La vie passait donc ainsi, cahin-caha si je puis dire, jusqu'au jour où elle alla avec ses amies au bal de Bigorbourg, ah, vous me voyez venir avec mes gros sabots peut-être ?

Bref, elle s'installa au piano et fit s'envoler les pieds des danseurs. Puis elle laissa la place à d'autres musiciens et vint s'installer près du buffet pour reprendre des forces.

Au même moment, entraient dans la salle (oui vous avez deviné) Fulbert et ses grands pieds. Sauvage comme il l'était, ils ne s'étaient jamais rencontrés.

Quand ils se virent ça fit Zip, Flash, Pop.

Et sans plus de façon, Fulbert le grand timide, enlaça Bertille, plaça ses délicats petits pieds sur ses grandes pompes (allons vous avez sûrement dû danser comme ça avec votre père et faire de même avec vos enfants) et l'entraîna dans la danse, lui qui ne savait pas danser.

Bien sûr un miracle survint (obligé sinon ce n'était pas la peine d'écrire cette histoire). Il faut croire que la fée Bertille s'était enfin calmée, car tout à coup les pieds de Bertille et ceux de Fulbert reprirent des proportions normales (les chaussures suivirent, forcément puisque c'était des créations de Monsieur Crépin) et ils se mirent à tournoyer en riant à gorge déployée.

Toute l'assistance se figea et admira l'attendrissant jeune couple, sans bien sûr s'étonner de ce qui venait de se passer, à Bigorbourg personne ne s'étonne plus de rien depuis bien longtemps.

Et un beau jour de printemps, Bertille et Fulbert se marièrent devant l'Abbé Paterne, la réception étant orchestrée par notre amie Pélagie bien sûr.

Furent-ils heureux, eurent-ils beaucoup d'enfants ? Ce sera peut-être une autre histoire !

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 00:21

Encore un doux prénom de Bigornette

Fulbert était né dans une famille nombreuse de Bigorbourg. C'était le petit dernier. Mais alors qu'en général les petits derniers sont bien souvent chouchouter, ce n'était pas le cas de notre ami Fulbert. Ces ainés n'arrêtaient pas de le bousculer, de le taquiner, de lui marcher sur les pieds métaphoriquement parlant.

Bref, Fulbert eu tôt fait de développer une personnalité bien à lui.

Il n'arrêtait pas de fulminer, d'être furieux, furax, de péter régulièrement les fusibles.

Mais bon ça c'était l'extériorisation de son mal être, le plus étonnant c'est qu'à force de se faire marcher sur les pieds au réel ou au figuré, par ses parents, frères, sœurs, condisciples et autres, les-dits pieds se mirent à prendre des proportions furieusement pléthoriques. En un mot, il se retrouva bientôt à chausser du 50 fillette ! Toute la famille était bien sûr effarée, qu'allait-on faire de cet étonnant rejeton ?

Celui-ci aurait pu fuir, fuguer, devenir clown, mais il fit face et comme il avait de grands pieds et que ces appendices qu'il avait appris à domestiquer étaient du genre fidèles au poste et costauds, il se fit garde-chasse.

Mais attention, pas n'importe quel  garde-chasse, ses grands pieds le portaient furtivement au milieu des bois et gare à ceux qu'il surprenait à braconner, ils se faisaient copieusement incendier, ça fumait.

Le meilleur ami de Fulbert était son furet qu'il emportait partout perché sur son épaule ou fourré dans sa poche. Tous deux se comprenaient parfaitement et savaient traquer les contrevenants.

En période de chasse, très curieusement, les grands pieds de Fulbert devenaient terriblement bruyants, écrasant branches et brindilles avec entrain et déclenchant la fuite des petits animaux aussi sûrement qu'un coup de fusil.

Oui vraiment un drôle de garde-chasse.

Mais notre ami Fulbert fini par se lasser de sa solitude et de son état de perpétuelle fureur.

Il commença par aller demander conseil à Monsieur Crépin, celui-ci aurait peut-être une solution pour réduire la taille de ses pieds.

Après un examen approfondi, Monsieur Crépin ne put que lui fabriquer une paire de bottes remarquablement profilées qui lui faisait le pied sinon plus court tout au moins plus délicat, c'était toujours mieux que rien.

Le pauvre Fulbert, démoralisé, se retrouva sans force pour résister à sa sœur aînée qui décida, le jour de la fête du Bigorneau sacré, de l'emmener se divertir au grand bal qui clôturait les festivités. Jusqu'à maintenant il avait toujours réussi à se défiler ne voulant pas que les filles se plaignent de se faire écrabouiller les pieds par ses grands panards. Mais voilà, les grandes sœurs ont souvent le dernier mot.

Fulbert se retrouva donc entraîné dans la salle des fêtes pavoisée dans laquelle les couples tournoyaient joyeusement. Il se traîna jusqu'au buffet. Et là !!! (suite au prochain prénom ! Pour toutes réclamations sur le fait de vous faire planter comme ça en pleine histoire veuillez vous adresser à Bigornette).

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 00:18

Dans notre petit village de Bigorbourg, cohabitent deux types de population, les anciens c'est-à-dire ceux dont la famille vit ici depuis plusieurs générations et les nouveaux ceux qui arrivent parfois par hasard (mais pas toujours) dans ce charmant petit bourg.

Parmi ces derniers je vais vous présenter aujourd'hui Mademoiselle Zita. C'est une charmante jeune femme sûrement venue des pays de l'est car elle parle avec ce délicieux accent slave qui fait rouler les r, mais bien sûr si les spéculations vont bon train personne ne lui pose de questions, c'est tellement plus agréable d'imaginer n'est ce pas ?

Elle est grande, fine, se déplace telle une ballerine avec grâce et légèreté, mais elle a un mode de vie un peu spécial.

Il semblerait qu'une maladie, enfin c'est ce que les gens du village supposent, l'empêche de sortir le jour, elle ne vit que la nuit la pauvre.

Toutefois, cette particularité lui permet d'exercer son étrange profession.

En effet, Mademoiselle Zita est hypnotiseuse, elle a le don étrange d'aider les insomniaques à s'endormir, les bébés tourmentés par des quenottes impatientes de vivre leur vie à laisser un peu de sommeil à leurs parents, de calmer les enfants hyperactifs et de les envoyer au lit avant d'avoir lu la cinquantième histoire censée les assommer.

Bref, voilà comment elle procède.

Dès la tombée de la nuit, elle ouvre ses volets, puis elle sort et, toute légère, parcourt les rues.

Pas besoin de l'appeler, elle sait dans quelle maison un patient impatient l'attend.

Elle frappe à la porte, l'habitant du lieu vient lui ouvrir sans se poser de questions et l'invite à entrer.

Ensuite, elle s'installe avec l'insomniaque ou l'enfant tourmenté, lui prend délicatement les mains, plonge son regard dans le sien et se met à chantonner bouche fermée une mélodie lancinante.

Très vite, un grand bâillement vient détendre le visage crispé et le sommeil s'empare de celui qui le poursuivait en vain.

Curieusement, personne n'est capable de se souvenir de ce qui se passe entre le moment où Mademoiselle Zita prend vos mains dans les siennes à la fois fortes et douces et le moment où vous vous réveillez. Mais qu'importe puisque vous vous sentez en pleine forme.

Mademoiselle Zita semble aussi sentir les insomnies épisodiques et n'hésite pas à offrir son aide à ceux qui tournent encore en rond à trois heures du matin.

Quant elle a terminé sa tournée et que le jour commence à poindre, Mademoiselle Zita rentre chez elle, referme ses volets et à son tour s'endort.

Une bien étrange personne n'est-ce pas ? A vous je vais en dire un peu plus, en fait Mademoiselle Zita Ladcrau a bien voulu me confier son secret. Elle est une vampire, mais elle ne se nourrit pas de sang, c'est d'un vulgaire ! Elle se nourrit d'énergie, cette énergie surnuméraire qui vous transforme en pile électrique et vous empêche de vous endormir. Et cela lui suffit à se nourrir. Quand je vous dis que Bigorbourg attire de bien singuliers personnages !


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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 00:28
Et on continue avec les prénoms de Bigornette. Bon aujourd'hui c'est un peu long, mais c'est ça avec les légendes !

A notre époque on dit "A l'aise Blaise" ! Mais le Blaise dont je vais vous parler aujourd'hui était non seulement maladroit, mais aussi malagauche. Autrement dit, il ne pouvait rien toucher, rien approcher sans provoquer une catastrophe et cela depuis sa naissance où il réussit à donner un coup de tête à la sage-femme qui l'extrayait du ventre maternel.

Bref, à l'époque notre petit bourg (ah oui j'oubliais de préciser que cette histoire se passe il y a fort longtemps) s'appelait encore Saint Machin-Chouette et notre ami Blaise y traînait sa grande carcasse qui semblait avoir trop de mains et trop de pieds tant il arrivait à en faire n'importe quoi.

Un jour, après un énième catastrophe, il décida de faire un pèlerinage pour être délivré de sa maladresse. Allez savoir pourquoi il choisit Saint Jacques de Compostelle, il ne me semble pas que ce brave Saint Jacques soit spécialisé dans la maladresse, mais bon, comme on dit l'important c'est de participer.

Donc un beau matin Blaise partit sur les chemins avec son fidèle compagnon et le seul à ne jamais se moquer de lui, Dimitri l'âne. Je sais Dimitri est un drôle de prénom pour un âne, mais il faut dire que Dimitri était aussi un drôle d'âne. Malin comme un singe, ce qui aidait bien l'ami Blaise qui tout préoccupé d'essayer de dompter mains et pieds avait parfois (très souvent en fait) la tête dans les nuages.

Blaise était en plus doté d'un sens de l'orientation très, comme dire, aléatoire ? C'est bien simple il arrivait encore à se perdre dans le minuscule village dans lequel il était né, c'est vous dire. Inutile de vous dire que les villageois l'avaient déjà passé par pertes et profits, sûrs qu'ils étaient de ne jamais le revoir. Mais bon, au moins le village pourrait de remettre des destructions massives de l'ami Blaise.

Voilà donc nos deux compagnons sur la route. Bien je vous rappelle que pour atteindre Saint Jacques de Compostelle il faut marcher sud, sud-ouest et passer quelques montagnes.

Blaise avait une assez vague idée de la direction du Sud, une histoire avec le soleil lui semblait-il se souvenir, mais reconnaissons le il comptait surtout sur Dimitri.

Bref, autant passer sur un certain nombre de mésaventures, j'en remplirais un livre entier, mais grâce à Dimitri, Blaise trouva à se nourrir régulièrement, à éviter les brigands qui foisonnaient dans les parages et à ne pas tomber dans tous les trous que la nature, facétieuse, s'amusait à creuser sous ses pas.

Et un jour, ils arrivèrent à la mer. Bon, il semblait bien à Blaise que Saint Jacques était symbolisé par un coquillage donc, s'ils arrivaient à la mer ce devait être Saint Jacques de Compostelle, même s'il n'avait pas souvenance d'avoir franchi des montagnes, mais quant on surveille constamment ses pieds, on a pas trop le temps d'admirer le paysage !

Dimitri l'âne le regardait du coin de l'œil satisfait que son jeune maître soit content de voir la mer, même s'il savait pertinemment lui, qu'ils n'étaient pas bon endroit, mais Dimitri n'avait pas eu envie de trop s'user les sabots, on peut être un âne plein d'amitié mais roublard quand même.

Pendant ce temps, là-haut, ça faisait un moment que Saint-Jacques et Dieu surveillaient du coin de l'œil ces bien étranges pèlerins.

Devant tant de bonne volonté de la part de Blaise, ils décidèrent de faire un geste. Bon bien sûr Blaise ne pouvait prétendre à recevoir la très sainte coquille, mais après tout son effort méritait quand même un petit cadeau.

Dieu attrapa par le bout de l'aile un ange qui passait par-là et il lui ordonna de trouver un très, mais alors un très, très beau coquillage et de le mettre sur le chemin de Blaise.

Rouspétant parce qu'il n'aimait pas trop se mouiller les plumes, l'ange respira un grand coup et plongeât dans une eau un tantinet fraîche, mais bon les ordres sont les ordres. Il se mit à fouiller au milieu des coquillages qui foisonnaient au fond de l'eau et tout-à-coup il tomba sur LE coquillage.

Il s'agissait d'un énorme bigorneau, et quand je dis énorme, c'est énorme, l'équivalent en taille d'un bon gros pamplemousse, bien heureusement l'occupant l'avait déserté depuis déjà longtemps. Notre ange se saisit donc de cette miraculeuse coquille, qui en plus à force d'être roulée par les flots avait perdu son calcaire et révélait toute la beauté irisée de sa nacre.

Il déposa la coquille sur la grève et attendit patiemment que Blaise découvre ce petit miracle, mais comme d'habitude la tête dans les nuages Blaise passa plusieurs fois à côté sans la voir. En désespoir de cause, l'ange finit par s'insérer avec moult difficultés dans la coquille et s'arrangeât pour que Blaise vienne buter dedans. Celui-ci, enfin redescendit sur terre et resta bouche bée devant la splendeur du coquillage, Dimitri dû le pousser du bout du nez pour qu'il se saisisse du coquillage.

Blaise était heureux il avait trouvé LE coquillage preuve de l'aboutissement de son pèlerinage, bon d'accord il lui semblait que la coquille Saint Jacques était plus plate, mais bon, on n'allait pas chicaner pour si peu.

Il mit le bigorneau dans la musette bien calé pour ne pas qu'il s'abîme et pris le chemin du retour.

Petit problème, l'ange, qui devait s'appeler Blaise aussi probablement, était resté coincé dans la coquille, pas moyen de s'en échapper. Il appela Dieu et Saint-Jacques à la rescousse, mais ceux-ci voyant le bonheur de Blaise, donnèrent une nouvelle mission au bigor-ange, protéger Blaise et les siens.

Et c'est ainsi que, triomphants Blaise et Dimitri rentrèrent chez eux.

Quand les villageois les virent arriver ce fut presque le sauve-qui-peut général, qu'allait-il encore arriver comme catastrophe ?

Blaise, qui brusquement semblait n'avoir plus que les deux pieds et les deux mains réglementaires, tendit fièrement au curé le coquillage miraculeux. Celui-ci préféra ne pas s'appesantir sur la forme étrange de cette coquille Saint Jacques et félicita le pèlerin.

Et le miracle arriva, tous sentir qu'une présence douce et tendre étendait son aile sur le village, les couleurs parurent prendre plus d'éclats, tous les visages se mirent à sourire.

Avec précaution le curé porta le coquillage et son hôte involontaire dans la petite église et le déposa sur l'autel d'où il continua à répandre ses bienfaits sur le village qui de Saint Machin-Chouette devint Bigorbourg.

Quant à Blaise enfin redescendu sur terre mais toujours avec une tendre âme d'enfant il trouva une charmante épouse qui lui donna quelques enfants, Dimitri de son côté épousa une délicieuse ânesse et ils s'arrangèrent pour faire autant de petits ânons que Blaise eu d'enfants, eh oui certaines familles ont des chiens ou des chats pour animaux de compagnie, Blaise et les siens eurent des ânes et vous vous doutez bien que si j'écris cela c'est que j'ai une idée derrière la tête.

Bien laissons notre petit bourg se remettre de ses émotions. Et à bientôt.




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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 00:52
Pour le moment, j'arrive à maintenir le cap avec les prénoms de Bigornette. Aujourd'hui donc Léonce au féminin.

Léonce est furieuse ! Elle avance à grands pas dans la neige en flanquant de grands coups de pieds dans tous les tas de neige qu'elle rencontre.

Elle va aller faire un tour en forêt histoire de se détendre un peu !

Elle en a marre de ce prénom, mais marre, vous pouvez pas savoir !

Franchement, à son âge, 15 ans, porter le prénom de l'arrière-grand-père de papa et de la grand-mère de maman, tout ça pour être diplomate vis-à-vis des deux familles !

"C'est du grand n'importe quoi" braille-t-elle à tous les vents.

Faut dire qu'elle s'est encore fait mettre en boite au lycée.

Les garçons, ces stupides, qui couinent "Léon, Léon" en la croisant. Eh puis ses copines qui essayent de limiter les dégâts en la surnommant Lélé ou Léo !

"Du grand, grand n'importe quoi" re braille-t-elle.

Bref, aujourd'hui premier jour des vacances de Noël, Léonce est furibarde. Même les gâteaux de Pélagie ne pourraient pas la calmer, c'est dire !

Donc, elle avance à grand pas dans la forêt dépouillée en écrabouillant la neige, comme elle voudrait écrabouiller son prénom.

Elle shoote dans un nouveau tas de neige et se retrouve à pleurer assise dans la neige, il faut dire que le tas de neige s'est défendu, il y avait une grosse racine dessous.

Léonce se laisse donc aller à pleurer, qu'est ce que ça fait du bien de pleurer sur son sort !

"Ca ne va pas ?" l'interroge une voix sortie de nulle part

"Non, ça ne va pas" répond-elle entre deux gros sanglots.

"C'est quoi le problème" continue la voix

"Mon prénom" hoquette-t-elle

"Ah et c'est quoi cet affreux prénom ?" continue l'interlocuteur mystère

"Léonce, non mais vous vous rendez compte ? Léonce ? Un prénom qui remonte au moins à la préhistoire" chouine notre jeune amie.

"C'est sûr que ce n'est pas top mode" reprend la voix après un moment de réflexion.

"Comme vous dites, c'est pas top mode, c'est top ringard oui !"

Brusquement, Léonce émerge de sa déprime et se rend compte qu'elle est en train de parler aans le vide. Parce qu'après avoir jeté un regard autour d'elle, elle ne voit personne. Elle hallucine ou quoi !

Elle se racle la gorge et demande d'une toute petite voix.

"Euh, vous êtes où et vous êtes qui ?"

Un bon rire jovial éclate et la voix retentit à nouveau.

"Lève le nez"

Léonce lève la tête et reste bouche bée. Là au-dessus d'elle tranquillement assis sur un nuage se  tient .... Le Père Noël ! Elle se frotte les yeux, pince tout ce qui de sa personne passe à portée de ses doigts, et non pas de doute c'est bien un Père Noël qui se balance sur son nuage comme sur une escarpolette.

"Vous, vous, vous, ê ê êtes le Pépé, le Pépé No" s'étrangle notre Léonce.

"Le Père Noël, oui absolument" rigole le personnage tout de rouge vêtu qui commence à descendre vers elle.

"Alors comme ça petite ton prénom te déplait"

"Ouais" réplique Léonce boudeuse.

"As-tu remarqué que ton prénom n'est pas si éloigné que ça du mien ?"

Des points d'interrogation se mettent à fleurir autour de la tête de Léonce.

"Oui, mélange un peu les lettres et tu te retrouves avec N O E L et puis après il n'y a plus qu'à redresser un peu le C pour qu'il se transforme en L et voilà, ton prénom caché c'est Noëlle, c'est pas mieux comme ça ?"

Alors là, notre Léonce-Noëlle est sciée, elle n'avait jamais pensé à ça, un super joli prénom caché dans son affreux moche prénom, elle croit rêver !

C'est Noël avant l'heure, c'est le cas de le dire !

Toute ragaillardie, Léonce se redresse, s'époussette, sèche ses larmes, remercie le Père Noël et toute guillerette prend le chemin du retour, la voilà réconciliée avec son prénom, d'ailleurs pour fêter ça elle va passer voir Pélagie et Honorine histoire de déguster les premiers sablés de Noël concoctés par nos cordons bleus.

En chemin, elle ne peut s'empêcher de se demander si, sonnée par sa chute elle n'a pas rêvé, mais alors qu'elle s'éloigne elle entend sortir de la forêt un bon rire heureux. Et puis, même si elle a rêvé qu'est ce que ça peut faire, elle repart avec un super cadeau au fond du cœur.


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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 00:11

Je continue à peupler mon petit village créé pour les prénoms de Bigornette.

Père Paterne est apprécié des ses ouailles, même si parfois ils trouvent qu'il les incite un peu trop à mettre la main à la poche pour diverses réparations ou bonnes oeuvres. Mais bon, ils savent aussi que le jour où ils auront besoin d'un coup de pouce Père Paterne et Pélagie seront là pour les soutenir donc ils s'exécutent sans trop rechigner.

Et puis, lorsque certains braves osent franchir les frontières de leur petit bourg pour faire un peu de tourisme, ils n'hésitent pas à lui ramener un petit souvenir d'un goût parfois sujet à caution, mais comme dit la sagesse populaire "c'est le geste qui compte".

Donc voilà qu'un jour un paroissien très fier de lui, il faut dire qu'il avait osé aller jusqu'en Suisse, autant dire le bout du monde, ramena au Père Paterne un superbe coucou !

Le père Paterne, toujours diplomate, remercia avec effusion son paroissien et voyant que celui-ci, comme un gosse, piaffait d'impatience, il soupira, alla chercher escabeau, marteau et clou et installa la maisonnette bariolée sur le mur en face de son bureau. Bien sûr, la chose dénotait un peu au milieu de l'austérité de la bibliothèque du presbytère. Mais bon comme le dit aussi la sagesse populaire "à cheval donné on ne regarde pas les dents".

Après le départ de son aventureux paroissien, père Paterne s'assit à son bureau et contempla le coucou. Ah pas à dire il mettait de la gaieté avec ses couleurs éclatantes, ses feuilles de bois, ses poids en forme de pommes de pin.

Bien sûr le paroissien lui avait expliqué comme faire fonctionner l'engin avec moult détails techniques qui franchement passaient un peu au-dessus des oreilles du père Paterne.

Le tic-tac de l'engin était un peu perturbant, mais après tout il avait pris l'habitude de ne plus faire vraiment attention au carillon de l'église donc ce tic-tac finirait bien par s'évanouir aussi.

La seule chose que père Paterne avait oublié, c'est qu'un coucou eh bien ça fait coucou.

Alors qu'il était bien plongé dans la rédaction de son sermon du dimanche à venir, le coucou fort sournoisement décida que c'était le moment de chanter onze heures.

Et le voici qui sorti de son nid pépiant à qui mieux mieux, père Paterne faillit rester accrocher au lustre tant il sursauta et il eut bien du mal à obliger son cœur à cesser de battre la chamade. Belle Agie et Paterne le chat qui faisaient paisiblement la sieste dans un rayon de soleil, se retrouvèrent hérissés comme des goupillons à bouteilles et prêts à escalader les rideaux pour régler son compte à la chose.

Père Paterne jeta un regard furieux à l'oiseau et brusquement il éclata de rire.

Manifestement, son paroissien était tombé sur un horloger suisse et plaisantin, si, si ça doit exister !

Le coucou qui ouvrait un large bec pour brailler l'heure ressemblait à un canard !

Père Paterne remis de ses émotions décida donc de le baptiser Donald, après tout Pélagie avait bien nommé sa cuisinière Honorine.

Et depuis, eh bien ma foi, Père Paterne prend de plus en plus de plaisir à rédiger ses sermons au doux tic-tac de Donald et ses coucous lui offrent parfois de fulgurantes inspirations et lui permettent de trouver des formules chocs qui secouent ses paroissiens comme il faut. D'ailleurs il arrive même que Père Paterne déclame à haute voix son sermon et il est sûr et certain que parfois Donald du fond de sa maisonnette fait entendre des Coucoins satisfaits quand celui-ci est bon. En quant il se tait ? Père Paterne reprend sa plume et se remet à l'ouvrage.

Comme quoi on a souvent besoin d'un plus petit que soi, même s'il est de bois !

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 00:05

Et si nous faisions connaissance d'un autre habitant de notre petit bourg ? Aujourd'hui je vous présente Monsieur Crépin. Monsieur Crépin est un très habile artisan, Le cuir n'a aucun secret pour lui. Il vous transforme la plus banale peausserie en une magnifique oeuvre d'art, qu'il s'agisse d'un sac à main, d'une paire de chaussure ou d'une ceinture.

Il était arrivé un jour, personne n'a jamais bien su d'où, avec son épouse la très discrète Madame Crépin et ils s'étaient installés dans la vieille cordonnerie que son ancien propriétaire venait d'abandonner pour cause de départ vers le paradis des chausseurs.

Ils avaient tout de suite plu au reste de la population ce charmant petit couple au sens littéral du terme. Ils étaient petits, fluets, avec une bonne figure avenante, discrets mais pourtant ouverts à la conversation, encore que personne n'était capable de se souvenir de quoi ils avaient bien pu parler ensemble. Chose amusante ils ne s'habillaient qu'en vert, mais de toutes les nuances de vert possibles et imaginables ce qui amusait beaucoup nos villageois qui ne détestent pas un peu d'originalité comme vous avez déjà pu le constater.

Au début bien sûr, sa façon de faire pour vous fabriquer une nouvelle paire de chaussures avait de quoi décontenancer les clients. Il les faisait se percher sur une sorte de petite estrade, pieds nus, puis il tournait doucement autour d'eux en murmurant entre ses dents des choses bizarres que personne ne comprenait. Ce simple "tour d'horizon" lui permettait de noter dans sa tête, sans utiliser mètre, papier et crayon, votre pointure, vos cors douloureux, la courbe de votre voûte plantaire, bref c'était comme si votre pied se dessinait en 3 dimensions dans sa tête.

Et avec ça rapide comme l'éclair notre petit cordonnier, votre paire de chaussures étaient prêtes dans la semaine et lorsque vous glissiez vos pieds dedans, vous aviez l'impression de chausser une bonne vieille paire de pantoufles bien confortables.

Bref, lorsque ses clients repartaient ils marchaient sur un petit nuage. Et petit à petit toute la population de notre petit bourg se mit à avoir une démarche de danseur toute en souplesse et en légèreté, même les plus anciens se sentaient pousser une nouvelle paire de pieds.

Lorsqu'un petit ressemelage était nécessaire, Madame Crépin vous proposait thé, café et petits gâteaux, tandis que son époux passait dans son atelier pour rendre une seconde vie à vos chaussures. Ce petit moment de détente était un moment délicieux qui vous faisait presque espérer que vos chaussures nécessiteraient bientôt une nouvelle petite révision.

Les sacs que Monsieur Crépin fabriquait et que Madame Crépin habile coutière et brodeuse décorait avec goût semblaient ne jamais rien peser sur votre épaule. Quant à ses ceintures, elles épousaient votre taille avec délicatesse et même après un repas copieux n'avaient jamais besoin d'être débouclées.

Bref, notre petit bourg avait hérité d'un sacré cordonnier.

Il avait juste un petit secret.

Lorsque le soir tombait et que sa journée de travail s'achevait, Monsieur Crépin rejetait en arrière ses cheveux abondants et ses oreilles apparaissaient, d'étranges oreilles longues et pointues. Dans le même temps son teint devenait comme diaphane. Puis, il montait l'escalier pour rejoindre son épouse et plus il montait, plus il devenait petit, léger, dansant, vif comme un lutin.


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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 00:59
Et un nouveau personnage. Bigornette nous propose aujourd'hui le prénom Honorine.

Pélagie, la bonne du Père Paterne, est un cordon bleu, mais il faut reconnaître qu'on lui donne un coup de main. Qui est ce "on" ? Ce "on", c'est Honorine.

Honorine est une belle noire, costaude et dure au travail. Il faut dire qu'avec Pélagie il ne faut pas rester les deux pieds dans le même sabot.

Honorine est donc là depuis déjà bien longtemps et seconde toujours avec beaucoup d'efficacité Pélagie, même si parfois elle se permet quelques caprices, mais bon comme Pélagie elle n'est plus de première jeunesse.

A elles deux elles concoctent de délicieux petits plats au Père Paterne, à Belle Aggie, à Paterne le chat et à tous ceux qui passent à l'occasion demander conseils, parfois au bon père mais le plus souvent à Pélagie, et là tandis que Pélagie conseille, Honorine fournit le café et les petits gâteaux.

Et puis Pélagie la dorlote son Honorine, depuis le temps qu'elles se connaissent toutes les deux, elle la connaît par coeur. Elle sait quand il est temps de l'alimenter, quand l'heure du grand nettoyage arrive, quand il faut parfois la rudoyer pour qu'elle daigne se décider à travailler.

Pardon ? Il y a quelque chose qui vous chagrine amis lecteurs ? Oh mon dernier paragraphe vous paraît peu respectueux pour Honorine ? Attendez, je relis ....

Ah, effectivement, excusez-moi, j'ai en effet oublié de vous préciser une petite chose.

En fait Honorine, c'est le petit surnom familier que Pélagie a donné à la superbe cuisinière à charbon noire et cuivre qui trône dans la cuisine du presbytère depuis un temps plus que certain.

Pour les plus "anciens" d'entre vous replongez-vous dans votre enfance, il n'y avait pas ce type de cuisinière chez votre grand-mère ?

Eh bien je peux vous dire que Pélagie et Honorine font un sacré tandem et bien que parfois le père Paterne tente de convaincre Pélagie qu'il serait peut-être temps d'entrer dans "l'ère moderne", Pélagie têtue, freine des quatre fers et s'accroche à son Honorine bec et ongles. On ne change pas une équipe qui gagne non mais ! D'autant que les chats du presbytère apprécient grandement de se lover tout près d'elle lorsque le froid s'installe.

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