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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 00:24

Et un petit Béryl pour la cour de récré de Jill Bill, un !

Le petit Béryl s’embêtait bien.

Il vivait depuis bien longtemps à Bigorbourg. Pour être exacte, il y vivait sa mort depuis plusieurs siècles.

Béryl était né en un temps où peu d’enfants atteignaient l’âge adulte. Le pauvre petiot s’était éteint soufflé par une maladie comme une chandelle à la mèche trop courte.

Il n’avait que 6 ans à l’époque et comme beaucoup d'enfants de cette époque éloignée il n’avait pas eu l’enfance insouciante qu’ont les nôtres sous nos latitudes.

Mais, rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de faire pleurer dans les chaumières.

Béryl, dans son malheur, avait eu la chance d’habiter à Bigorbourg. Vous allez comprendre pourquoi.

Sur le terrain où sa famille avait vécu, une charmante petite maison avait été construite. Elle avait fini par être habitée par Félicité, mais si, vous savez bien, la fantômette farceuse, l’amie de Prudence l’ange gardienne de Bigorbourg.

Qu’elle ne fut pas la surprise de Béryl, lorsqu’un beau minuit, il se trouva nez-à-nez avec Félicité trépassée depuis peu. Bien sûr, il la connaissait de vue hantant sa maison depuis toujours, mais d’un naturel timide, il n’avait pas osé se risquer dehors et c’était la première fois qu’il avait l’occasion de rencontrer un autre fantôme en chair et os, enfin si je puis dire !

Félicité n'ayant pas eu le bonheur d'avoir un enfant (une certaine guerre passée par là l'avait privée de son fiancée) trouva ce petit bout d'homme tout à fait craquant et entreprit de l'apprivoiser et de faire son éducation.

Mais attention, une éducation ludique. Béryl n'avait pas besoin de savoir des tas de choses inutiles pour les fantômes, du genre pourquoi : moins plus moins font plus (franchement quel intérêt ?), mais en revanche il fallait l'aider à perdre sa timidité et surtout lui apprendre à s'amuser comme un enfant.

Félicité convoqua donc avec célérité Monsieur le Comte Amédée de Saint Frusquin, le bon moine Sidoine et l'ange gardienne Prudence pour faire bonne mesure.

Un peu ahuri de se retrouver brusquement, après des siècles de solitude, avec des parents (Félicité et Amédée qui lui aussi dépourvu de descendance décida d'adopter cet enfant surnaturel) et des oncle et tante, Béryl se laissa volontiers "éduquer".

Amédée fit de lui son aide conteur pour les enfants de Bigorbourg.

Sidoine, bénéficiant de sorties exceptionnelles (il n'est en effet autorisé à quitter le Paradis que le jour de sa fête) lui appris à se délecter des senteurs délicieuses des petits plats concoctés par des cordons bleus comme Pélagie. Rien de tel qu'une bonne odeur pour donner des couleurs à un honnête fantôme.

Félicité et Prudence quant à elles l'investir des pleins pouvoirs pour faire des niches aux Bigorbourgeois imprudents ou tête en l'air.

Félicité se chargeant de l'éducation des apprentis anges gardiens avec Prudence, Béryl fut envoyé dans les foyers bigorbourgeois pour cacher les clés des têtes en l'air impénitents, dérégler les réveils de ceux qui sont systématiquement en retard, bricoler le moteur de ceux qui roulent trop vite, mais aussi pour consoler les chagrins d'enfant, câliner les chats, chiens et autres NAC en l'absence de leurs deux pattes. Et puis Béryl étant un gentil gamin, ses blagues ne duraient jamais bien longtemps et n'étaient guère méchantes, juste ce qu'il fallait pour faire comprendre qu'unehttp://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTJyhjFQVg9MHktuU0sSppEMcCt47JhSRlcSGeGU5Q8pVwW89at6cnbrIG4 petite présence amicale et farceuse vous accompagnait parfois.

Il n'est donc pas étonnant que l'expression "il y a (ou il n'y a pas) péril en la demeure", soit devenue "Il y a (ou il n'y a pas) Béryl en la demeure" (je sais elle était facile celle-là).

Et depuis, il arrive que des bigorbourgeois attentifs voient passer dans la nuit les silhouettes en partie transparentes de deux grandes personnes encadrant une plus petite qui sautille de bonheur.

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 00:18

Aujourd'hui, Dagoberte arrive dans la cour de Récré de Jill Bill. J'ai fait au plus simple.


"Quelle idée, mais quelle idée avons-nous eu de lui donner ce prénom" se lamentaient la mère et le père de Dagoberte.


Certes, certes, ils voulaient un prénom original, un prénom ne se terminant pas bêtement en ine ou en a, un prénom qui leur rappellerait leur joyeuse enfance. Tout cela est parfaitement légitime nous sommes bien d'accord, et puis à Bigorbourg, on n'est pas un prénom bizarre près, mais il aurait été bien que les géniteurs de Dagoberte se souviennent aussi, qu'à Bigorbourg, les prénoms ont une fâcheuse tendance à s'amuser.


Donc, depuis sa naissance, les pieds en avant forcément, Dagoberte n'avait pas cessé de prendre ses parents à rebrousse-poil. Ceci dit la maman aurait du se méfier, un bébé qui ne vous donne pas l'impression d'avoir une paire de côtes en trop, qui ne vous oblige pas à vous lever 10 fois par nuit pour aller faire pipi, qui daigne bouger sous la main caressante de son papa, ce n'est pas normal !
Ce n'était pas un cri qu'elle avait poussé à la naissance, mais un éclat de rire. L'obstétricien avait d'ailleurs failli la laisser tomber de saisissement.


Elle avait ensuite dédaigné le lait au grand désespoir des infirmières qui, heureusement pour Dagoberte, s’étaient aperçues par hasard qu'ayant déjà toutes ses dents elle préférait croquer les pommes qui se trouvaient sur le plateau de sa maman, maman déjà un tantinet dépassée par les évènements.


A leur grand plaisir ses parents découvrirent que Dagoberte faisait ses nuits sans les réveiller. Inutile de dire que leur joie fut de courte durée, puisqu’à l'âge où, en principe, les enfants dorment tranquillement de 23 h à 5 h (ne donnons pas de fausses idées aux futures mamans qui pensent dans leur grande naïveté qu'une nuit complète c'est 20 h / 8 h), notre Dagoberte mettait le bazar.


Pour l'endormir, après quelques tâtonnements les berceuses, et tout particulièrement "le bon roi Dagobert" qui déclenchait chez elle des hurlements de rage, furent proscrites, et les parents épuisés durent se rabattre sur un bon rock de derrière les fagots ce qui nécessita quelques mises au point avec les voisins qui avaient un peu de mal à comprendre cette étrange éducation.


A l'âge requis pour la nourriture solide, elle décida de vivre de lait, d'eau fraîche et de jus de fruits.
Bien entendu elle sut courir avant de marcher, très déstabilisant pour des parents qui s'attendent à voir leur bout de chou choir sur ses fesses rebondies, tant pis pour les vidéos !


Après avoir appris à lire, Dagoberte s’attaqua au grand soulagement de ses parents à l’art de la conversation, encore fallait-il bien assimiler que lorsqu’elle disait oui, il fallait entendre non, mais qu’en revanche lorsqu’on lui disait oui elle comprenait bien oui et pas non, vous suivez là ? Bref, ses parents durent s’adapter vaille que vaille à ces acrobaties linguistiques.


Les dits parents voyaient arriver avec angoisse le moment de l’entrée à l’école. Leur fille savait lire, ne risquait-elle pas de désapprendre, et son écriture serait-elle normale ou en miroir ? Et comment réagiraient ses copains de classe en se prenant une tape en guise de bisou ou en la voyant pleurer quand il s’agirait de rire, sachant que pour elle les pleurs étaient des rires. En un mot, comme en cent, les cheveux des parents de Dagoberte prenaient de belles teintes blanches.


Mais, comme à Bigorbourg, tout problème trouve sa solution, celle-ci arriva un beau matin avec un camion de déménagement. La maison voisine vit débarquer une famille composée d’un père et d’une mère standards et d’un garçonnet du même âge que Dagoberte.


Celle-ci intriguée, alla à sa rencontre, sous les yeux inquiets de ses parents.http://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L422xH600/poulbot_4-c908b.jpg
« Bonjour » fit le petit garçon
« Bonjour » répondit Dagoberte. Ces parents en tombèrent par terre, elle venait de dire bonjour et pas bonsoir, quel était ce miracle ?


Le miracle était le prénom de ce petit garçon qui remit les idées de Dagoberte et la vie de ses parents à l’endroit. Son prénom ? Vous l’avez deviné bien sûr : c’est Eloi !

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 00:17

Pour commencer l'année, voici le nouveau prénom de Jill Bill et de sa cour de récré.

Annette la conteuse de Bigorbourg est bien embêtée. C'est bientôt l'heure du conte à l'Espace Achille et la pauvre Annette est complètement aphone.
Bon d'accord, elle pourrait mimer son histoire, mais franchement elle ne voit pas trop comment faire.
Alors, espérant retrouver un filet de voix, elle se promène dans les rayonnages de la bibliothèque, tout en suçant avec énergie les pastilles de miel fournies par Ambroise l'apiculteur.  
De temps en temps, elle ouvre la bouche et tente un "il était une fois" qui ressemble plutôt à un "i éé u oi", ce qui reconnaissez-le, n'est pas franchement limpide.
La pauvre commence à se désespérer, elle va devoir annuler sa prestation, elle voit déjà défiler devant ses yeux les petites frimousses déçues de ses auditeurs et ne peut retenir un petit sanglot.
Tout-à-coup de derrière un rayonnage, une voix claire retentit.
"Puis-je vous aider ?"
Annette a un petit mouvement de recul devant le grand jeune homme brun, souriant qui surgit devant elle, la mèche en bataille.
"…" croasse Annette.
"Oh, une extinction de voix, c'est bien embêtant"
"Ui e e eu u on"
"Ah, c'est l'heure du conte et quel conte aviez-vous prévu de raconter ?"
"Ou ou e a o ai re"
"Je ne peux pas connaître ? Oh ça m'étonnerait bien, tous les contes sont bien en chaud dans ma tête"
"On e ai in en é"
"Vous l'avez inventé, certes, certes, mais ça n'empêche pas que je suis sûr de le connaître quand même"
Annette est bien perplexe devant ce gaillard qui arrive à décrypter ses borborygmes, alors allez savoir, peut-être en effet est-il en mesure de l'aider.
"On is oi a è el u ys èr u oi ant o é"
"Votre histoire est celle du mystère du croissant doré ? Pas de problème, Laissez-moi quelques instants et je la retrouve dans mes archives"
Annette est sidérée devant tant d'aplomb, comment pourrait-il connaître une histoire inventée seulement la veille ?
Son incrédulité est tellement palpable que le garçon s'en amuse.
Il disparaît quelques instants derrière le rayonnage qui l'abritait quelques instants plus tôt et revient avec d'étranges balles de couleur entre les mains.
Il se met à jongler avec. De plus en plus de balles se mettent à tourner dans les airs et avec elles il semble à Annette que des mots éclatent dans tous les sens comme des bulles de savon. Elle les sent qui la frôlent, qui la caressent, et elle reconnaît chacun d'entre eux, ce sont ceux de son histoire.
Petit à petit, mots et balles disparaissent sans laisser de traces entre les mains du jongleur.
"Et voilà, chère Madame, votre histoire est bien à l'abri dans ma mémoire. Et si nous allions rejoindre vos jeunes amis ?"
"El è ote on ?"
"Mon nom ? Je m'appelle Filémon, pour vous servir !"http://bdrepliques.voila.net/Series/FichesSeries/Philemon08.jpg
Bras dessus, bras dessous Annette et Filémon rejoignent le coin réservé à l'heure du conte et les enfants peuvent se régaler de la mystérieuse histoire du croissant doré.
Le conte terminé, les enfants embrassent Annette et lorsque celle-ci se tourne vers Filémon pour le remercier, pouf, plus personne.
Annette se dépêche de rejoindre l'endroit où Filémon lui est apparu, elle tourne le coin et tombe nez à nez avec une boîte de bandes dessinées. Sur les couvertures, le visage d'un certain Philémon lui sourit et il ressemble trait pour trait à son sauveur !

 

PS - En ce qui concerne le titre du conte d'Annette, il s'agit d'une proposition de jeux d'écriture de Rébecca qui propose à ses abonnées un coaching en écriture. C'est sympathique et très varié.



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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 00:01

Dernier prénom de l’année pour la cour de récré de JB

Peut-être vous demandez-vous ce que peut bien cacher la boule de brouillard perchée en haut d’Odon le sapin de Noël de Bigorbourg ? Ca tombe bien je me posais aussi la question !

Après une petite enquête, les Bigorbourgeois ont accepté de m’expliquer ce qui se passait le dernier jour de l’année tout là-haut dans le sapin.

Au premier coup de minuit le brouillard cesse de tourner.

Au deuxième, les éclairs passent par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

Au troisième, une musique délicate se fait entendre.

Au quatrième, le brouillard s’épanouit comme une fleur et ouvre sa corolle.

Au cinquième, une petite silhouette se dessine, encore transparente.

Au sixième, elle se redresse et commence à prendre consistance.

Au septième, une gracieuse demoiselle vêtue de soieries irisées se redresse.

Au huitième, elle commence à danser pour l’émerveillement des spectateurs.

Au neuvième, elle s’envole et zigzague au travers de Bigorbourg et de la forêt à une telle vitesse qu’elle laissehttp://www.grand-donjon.com/images/DS_NT134_v2g.jpg derrière un long voile de couleurs scintillantes.

Au dixième, les couleurs retombent en pluie sur la ville, les bois et leurs habitants.

Au onzième, chacun, humain, animal ou petit peuple, entend une douce voix murmurer à son oreille mille et un souhaits.

Au douzième, juste avant de partir rejoindre le monde des fées, Angèle la messagère et moi-même vous souhaitons une excellente année, joie et bonheur à tous !

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 00:11

Et voici qu'arrive pour Noël et pour la cour de récré de Jill Bill, le prénom Odon (Etymologie : riche, prospère)

"Comment ?"  vous dites-vous "voilà qu'un banquier va débarquer à Bigorbourg ?"

Non, pas encore tout du moins.

Odon est un ami proche de Ludgarde. Il se trouve sur la place de la Mairie, il n'est plus tout jeune (pensez, plus de 100 ans) mais toujours vaillant. En revanche, il a un jour décidé qu'il allait cesser de grandir, 5 mètres lui paraissait être une bonne hauteur.

Vue la période de l'année, je suppose que vous avez deviné qui est Odon !

Un sapin bien sûr et même un sapin de Noël replanté sur la place par un ancien maire de Bigorbourg qui n'avait pas le cœur à le transformer en petit bois et bien lui en avait pris.

En effet, depuis cette date, tous les ans, Odon offre un beau cadeau à ses concitoyens.

Les enfants (et les plus grands) le guettent, espérant assister à sa transformation, mais comme le Père Noël, Odon est malicieux et ne revêt ses habits de fête que lorsqu'il est bien sûr que personne ne l'observe. Et s'il y a vraiment des têtus bien décidés à profiter du spectacle, la douce Zita arrive à la rescousse et s'occupe d'eux pour leur procurer une saine fatigue et un doux sommeil.

Or donc, lorsqu'il est tranquille, Odon prie le petit peuple, les papillanges et les poissillons de l'aider à changer de peau. Dame Eve, Faustine, Prudence et Thècle viennent bien sûr leur prêter main forte. Grâce à eux tous Odon se trouve paré de mille richesses : Guirlandes de feuilles d'automne aux ors étincelants, de fils de la vierge scintillants de rosée, d'arcs en ciel multicolores, boules de plumes chatoyantes, d'écailles irisées, de bulles de savon ou d'air aux reflets multiples, pommes rouges, flocons de neige duveteux, glaçons de givre éblouissants, lumières d'étoiles clignotantes, notes de musiques tintinnabulantes. Il n'y a pas une seule branche oubliée et tout en haut une boule de brouillard tournoie doucement jetant des éclairs.

Au matin, les bigorbourgeois découvrent, émerveillés, comme chaque année, Odon dans sa parure de fête. Et c'est bien là que se cache sa fortune.

Lorsque Noël sera passé, Odon leur offrira un dernier cadeau. Dans la boule de brouillard, chacunhttp://rlv.zcache.com/christmas_tree_oil_painting_sticker-p217245770821061746qjcl_400.jpg découvrira un rêve, un rêve qu'il pourra peut-être réalisé s'il y croit suffisamment et pour être bien sûr que personne n'oubliera ce cadeau bien particulier, Odon dépose, dans chaque main qui le caresse avec amitié, une de ses décorations.

C'est ainsi qu'au fil des jours il se déshabille paisiblement pour reprendre son aspect de tous les jours.

Pour lui la plus grande richesse est le partage.

 

 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 00:30

Le prénom de cette semaine dans la Cour de Récré de JB : Eulalie, oh là là !

Eulalie est encore toute jeunette, même pas encore 100 ans ! Vous trouvez que 100 ans c'est déjà un âge plus qu'avancé ? En effet, sauf pour une lutine. Comment se fait-il qu'elle soit si jeune ? Eh bien voilà !

Dans les années 50 (du siècle dernier), il y avait à Bigorbourg un petit garçon terriblement maladroit. Un jour, il entendit sa mère et sa tante parler d'une vieille cousine prénommée Eulalie et qui, à entendre leurs éclats de rire avait elle aussi deux mains gauches (ou deux mains droites si elle était gauchère bien sûr). Alors il lui vint une idée "diabolique".

Le lendemain le petit (sûrement un descendant de Blaise) renversa son verre d'eau. Au moment où sa maman ouvrait la bouche pour le réprimander (ça se faisait encore dans ce temps là), il s'exclama "Eulalie, oh là là, que tu es maladroite", ce qui eu pour effet de couper "la chique" à sa mère qui le regarda toute étonnée. Le soir même, il revint à la maison avec un bel accroc au pantalon et une superbe excuse "Eulalie, oh là là, pourquoi m'avoir poussé ?".

Bref, sa maman ne pût s'empêcher de sourire et "Eulalie, oh là là", la maladroite entra, non seulement dans la tradition familiale mais fût aussi adoptée par tous les enfants du bourg qui se mirent à beaucoup parler de cette drôle de petite personne qui les rendait si malhabiles.

Maintenant me direz-vous que vient faire là-dedans une lutine ?

Je continue donc mon histoire en vous précisant une chose. Lorsqu'on arrête d'y croire les fées et les membres du petit peuple s'étiolent et disparaissent, en revanche si des enfants se mettent à croire fermement à l'existence de l'un d'entre eux eh bien …

Venez suivez-moi, rejoignons l'ami Romphaire, vous savez le gardien du cercle des fées.

Donc, un beau matin dans les années 50, Romphaire s'approche de son lieu de travail et aperçoit juste au milieu du cercle, une curieuse brume irisée. Un peu alarmé, il file ventre à terre prévenir Dame Eve, la reine de la forêt.

"Ma Dame, ma Dame, il se passe quelque chose de très étrange dans le cercle, venez je vous en supplie !"

Eve se rend donc sur place, observe le phénomène et rassure Romphaire

"N'aie crainte petit ami, tu vas assister dans peu de temps à un miracle ! Une naissance se prépare !"

"Une naissance, mais qui va naître ?".

Sans répondre Eve s'en retourne à ses occupations, laissant un Romphaire bien embarrassé. Tous les jours le voilà qui surveille ce nuage qui peu à peu prend forme humaine.

Et enfin, un matin, il arrive et découvre au milieu des champignons, une drôle de fillette, toute petiote avec de grands yeux du vert tendre des feuilles nouvelles-nées, deux petites oreilles pointues émergent de ses longs cheveux roses qui l'habillent. Elle adresse un large sourire à Romphaire et dans un rire charmant s'écrie :

"Eulalie, oh là là"

Romphaire se dépêche d'apprendre la bonne nouvelle à Eve qui lui confie l'éducation de la petite créature.

Et il lui en faut de la patience à notre lutin bougon, parce qu'Eulalie, oh là là, quelle tête en l'air et toujours à se fourrer dans des situations impossibles (comme le jour où… mais cela ce sera pour une autre fois !) !

Ainsi, un jour, la voilà suivant un petit garçon, un géant pour elle, qui se promène dans la forêt. Elle s'approche tout doucement de ce drôle d'animal lorsque celui-ci, alerté par un craquement de brindilles se retourne brusquement. Et, oh là là, les voilà qui tombent chacun de leur côté dans une flaque de boue !

Le garçonnet se dépêche de rentrer chez lui et affirme à sa maman que "Eulalie, oh là là, elle m'a poussé !".

Eulalie de son côté découvre avec émerveillement Bigorbourg et ses habitants et se rend compte, avec bonheur, qu'on la connaît déjà.

Depuis ce temps, Eulalie, vient régulièrement se promener à Bigorbourg et en profite pour faire quelqueshttp://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQsGjdeMWKqaD0KisobDLOFS7rOKdgH2Ixeg2K0CH-xfnrN5Uzy blagues.

Les bigorbourgeois, eux continuent, en cas de maladresse à s'exclamer "Eulalie, oh là là" et parfois lorsqu'ils perçoivent du coin de l'œil, un éclair rose qui scintille, et qu'ils entendent comme un petit rire complice, ils peuvent se dire qu'effectivement Eulalie est venue leur rendre visite et que, ma foi, cette maladresse là est comme un petit cadeau.

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 00:03

Corneille doit venir s'installer aujourd'hui dans la Cour de Récré de JB. Je n'ai pas trop cherché midi à quatorze heures, enfin pas trop !

Un matin, en ouvrant ses volets, Marguerite de la Société Marguerite et Marguerite, grand-mère de Pernelle la fermière, entend un cri bizarre qui vient de son jardin. Quelque chose comme un "Rrrah" plaintif ! Un peu alarmée par ce son étrange, mais surtout très curieuse, Marguerite pousse la porte et pointe le nez dehors.

Et, elle découvre à quelques mètres d'elle, un oiseau noir qui la fixe de son œil rond, le bec ouvert sur un nouveau "Rrrah".

A le voir sautiller péniblement, Marguerite comprend vite que l'oiseau doit être blessé. Elle récupère un peu de grain, remplit un bol d'eau et s'approche tout doucement pour ne pas effaroucher la petite bête. Elle s'accroupit (avec précaution, elle n'est plus toute jeune) et tend la main vers le bec pointu.

"Rrrah ?". Marguerite sursaute, il y avait bien une interrogation dans ce "Rrrah". Ayant une vache un peu particulière, elle a tôt fait de reprendre ses esprits, s'installe le plus confortablement possible et entame la discussion.

"Salut toi !"

"Srrah oi !"

"Tu as mal ?"

"Rrral !"

Léger moment de flottement chez Marguerite qui, pour se donner un peu de temps pour réfléchir, tend le grain à l'oiseau. Celui-ci, allonge le cou et se met à picorer avec conviction "Rrrah !" il y a de la satisfaction dans ce "Rrrah". Une rasade d'eau fait passer l'en-cas.

Marguerite a profité de ce moment de détente de l'oiseau pour mieux l'observer. Manifestement, il semble avoir une aile abîmée.

Elle se remet debout avec un léger craquement d'articulations, rentre chez elle, installe un nid douillet dans un panier et retourne vers son protégé. Elle a à peine posé le panier à terre, qu'avec un autre "Rrrah" d'approbation l'oiseau, sans plus de chichis, saute un peu maladroitement dedans.

Retour à la maison, immobilisation de l'aile endommagée et voilà Marguerite avec charge d'âme. Il faut reconnaître que tout se passe très bien. L'oiseau se laisse soigner, nourrir et ne ménage pas les "Rrrah" d'encouragement à sa protectrice.

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le voilà remis sur pattes. Marguerite pense qu'il va sûrement prendre la poudre d'escampette et elle en conçoit un peu de tristesse, mais non, il reste avec elle et l'accompagne dans ses tournées avec Marguerite la vache.

Toute contente elle décide de le baptiser "Corneille", Marguerite est une femme adorable et ouverte (et il faut de l'ouverture quand on habite Bigorbourg), mais côté imagination, ça laisse parfois à désirer.

Bref Corneille fait maintenant partie de la petite entreprise, d'autant qu'il a développé d'étonnants dons en linguistique.

Ainsi il est capable de transmettre les commandes des bigorbourgeois qui le hèlent.

"Corneille, 2 litres de lait à la banane, s'il te plait !"

Ce qui devient "Rarguerite dreu rritre rrait rarane"http://www.chassons.com/news/chassons/mag/archives/0808/Petit-gibier/Corneille2.jpg

Ne vous en faîtes pas, Marguerite traduit parfaitement.

Il arrive même que Corneille joue les téléphones volants et lance en passant en rase-motte au-dessus des têtes "RRense rrau prrain" pour l'un "Frraire devrrroirs" pour l'autre.

Certains aimeraient le rebaptiser "SMS", mais Marguerite s'accroche fermement au prénom "Corneille".

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 00:33

Aujourd'hui, Jill Bill nous propose de faire connaissance avec Agathe

Ce matin, la maîtresse (pardon l'institutrice, pardon la professeure des écoles) de Bigorbourg arrive dans la cour de récréation avec un paquet soigneusement fermé sous le bras, Chapimou le chat mascotte sur les talons.

Inutile de dire que tous ses petits élèves l'entourent, aussi curieux que le chat qui cherche à escalader le pantalon de Mademoiselle Agathe pour atteindre le colis mystère.

L'institutrice (si vous n'y voyez pas d'inconvénient je préfère utiliser ce terme) sourit, ravie de voir tous ces yeux briller d'intérêt. Souriante, elle fait face à la tempête de questions qui se déchaîne et, sans un mot, entraîne son petit monde dans la salle de classe.

Inutile de dire que personne ne traîne les pieds, ceci étant Mademoiselle Agathe étant une institutrice qui non seulement sait expliquer mais aussi écouter (*), consoler et encourager, ses élèves vont à l'école avec plaisir.

En attendant, Mademoiselle Agathe, taquine, a décidé de prolonger un peu le suspense.

Elle promet d'ouvrir l'énigmatique boite à la récréation, en attendant il va falloir se concentrer un peu sur les exercices de lecture. Après quelques cris et miaulements de protestation, les livres sont ouverts et les élèves se plongent studieusement dans une histoire de fées et de lutins, tandis que Chapimou s'assoit sur le paquet pour être sûr qu'il ne s'ouvrira pas sans lui.

Dix heures, un carillon joyeux retentit. C'est l'heure de la récré !

Aussitôt Mademoiselle Agathe est entourée d'une bande d'enfants surexcités qui scande sur l'air des lampions "la boite, la boite, la boite".

Amusée, l'institutrice, s’installe dans le coin jeux, s'agenouille au milieu de ses élèves et tout doucement, pour faire durer le plaisir, ouvre le carton, repoussant de la main, un museau de Chapimou qui cherche à s'introduire dedans.

Et stupeur chez les élèves, elle sort de la boite … une poule ! Une poule bizarre qui paraît bien raide.

Devant l’étonnement de sa classe, elle précise que cette poule, elle l’a trouvée dans son grenier (et vous savez que les greniers de Bigorbourg recèlent de bien étranges choses), qu’elle lui vient de sa mère et qu’elle a un don très particulier.

Elle pose la poule sur le sol, lui fourre un grain de riz dans le bec, appuie sur son dos et surprise, la poule pond. Elle ne pond pas un œuf, ni même le grain de riz, non elle pond une bille. Une belle bille bien ronde, Chapimou commence par reculer en feulant, avant de risquer un coup de patte qui envoie la bille rebondir sur Prosper le ballon tout étonné de rencontrer une si petite balle.

Les enfants en restent bouche bée. Puis les questions s’enchaînent : A quoi ça sert une bille, est-ce que la poule peut en pondre d’autres, est-ce qu’elles ressemblent toutes à celle-là ?

Agathe leur tend à chacun un grain de riz et à tour de rôle ils font picorer la poule et reçoivent une belle bille en échange.

Agathe leur en donne le nom et en profite pour leur offrir une petite leçon de jeu de billes bien sûr avec la chasse, la poursuite, la tic, le cercle et bien d’autres.

Mais surtout, elle leur propose un merveilleux voyage au travers des noms poétiques de ces jouets si simples et si intemporels. Il y a les animaux : l’abeille, l’araignée, la hibou, la tigre, la lion, la poisson clown, la perroquet, la canari, l’œil de chat, la condor, il y aussi la nature et l’espace avec l’arc en ciel, la bulle d’eau, la cyclone, l’océan, la galaxie, la givrée, la mer bleue, la neptune, la saturne, la sibérie, l’ozone, la météorite, la flamme, la tornade, la trou noir, la terre, l’équinoxe, la fleur, la cuivre, et encore d’autres aux noms amusants ou étonnants comme la barouleau, la basket-ball, la caramel, l’essence, la loupe, l’œuf, la porcelaine, la pétrole, la schtroumpf, la spaghetti, la pépite, la speedy, la spider, la laiteuse, la confetti, la dentifrice, .

Et pour finir, elle récupère la toute première bille que la poule, surnommé Agathe bien sûr, a pondu, elle la fait tourner entre ses doigts et dit en chuchotant « et celle-là, c’est ma bille à moi, elle s’appelle Agate ».

Et mine de rien, voilà que l’heure du repas est arrivée, les enfants filent en riant et en serrant précieusement dans leur main ce tout nouveau jouet plein de promesses. Mademoiselle Agathe, quant à elle les regarde s’éloigner en souriant et en caressant doucement Chapimou d’une main et la poule Agathe de l’autre.

 

(*) l'agate est dite "pierre qui écoute", elle apporte équilibre émotionnel, physique et intellectuel,  harmonisehttp://mistral.laclasse.com/IMG/jpg/billez_couleur.jpg le yin et le yang, apaise et calme en douceur, améliore la concentration, elle stimule les souvenirs, donne de la confiance en soi. Bref toutes les qualités que l'ont peut attendre d'uneinstitutrice !

Les plus « anciens » d’entre vous doivent connaître cette drôle de poule jouet que nous avions pour Pâques et qui pondait des œufs en sucre.

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 00:36

Le hasard fait parfois bien les choses, j'avais ce prénom en attente pour Jill Bill et sa cour de récré et je commençais à me demander qui allait bien pouvoir être ce Séraphin, quand il y a quelques jours j'ai vu cette très belle photo chez Emma, il s'agit d'un lapin Daum qui joue avec la lumière. Emma se demandant si son lapin ne s'illuminait qu'une fois par siècle, j'ai voulu lui apporter un début de réponse.

 http://i42.servimg.com/u/f42/09/02/08/06/lapin10.jpg

Romaric, le lapin de Philibert est très intrigué.

Il y a quelques jours, Fulbert le garde-chasse de Bigorbourg, est revenu à la maison avec des airs de conspirateur. Il tenait entre les mains une boite joliment empaquetée.

Le lendemain, Romaric avait failli prendre ses pattes à son cou en entendant Bertille, la femme de Fulbert pousser des cris, mais comme c'était manifestement des cris de joie et pas ceux de reproches qu'elle lui adresse lorsqu'il s'attaque à ses carottes, il avait tranquillement continué à grignoter son repas.

Et comme c'est un charmant lapinou, un peu tête en l'air, il avait oublié cet incident jusqu'à hier.

Hier soir, alors qu'il rentrait chez lui après un dernier câlin avec Philibert, il avait été littéralement ébloui par un éclair de lumière multicolore qui venait de véranda, lumière accompagnée d'un son cristallin, un peu effrayé il n'avait pas osé se rendre sur place et c'est les yeux tout papillotant qu'il avait été se coucher, très intrigué, malgré tout, par cette curieuse manifestation.

Aujourd'hui, il est bien décidé à se montrer courageux et à trouver la source de ce phénomène. Donc depuis l'aube, il guette, tapi dans les hautes herbes. Mais rien, rien de rien, c'est très frustrant.

La journée passe et traîne en longueur, il attend blotti dans un petit coin de salades (histoire de joindre l'agréable à l'utile) et observe la maison. La nuit tombe, une à une, les lumières s'éteignent.

Romaric est prêt à abandonner lorsque voilà que comme la veille une douce musique s'élève, accompagnant des lumières ondulantes comme des aurores boréales.

Romaric prend son courage à 4 pattes et 2 oreilles, respire un grand coup et avance par petits bonds vers la lueur.

Le voilà au coin de la maison, le son se fait plus intense. Il allonge le plus possible son petit corps, oreilles un peu en arrière pour ne pas se faire repérer, museau rose tendu. Il risque un œil.

Et !!!!

Un grand flash l'éblouit, il est prêt à déguerpir ventre à terre quand la musique devient une voix douce.

"Bonjour petit frère, excuse-moi je ne voulais pas te faire mal aux yeux"

Romaric, bat des paupières et se trouve nez à nez avec un drôle de lapin. Il est transparent et il lui manque une oreille, mais à part ça (enfin si on peut dire) il ressemble tout-à-fait à un lapin.

Romaric est tellement curieux qu'il en oublie sa peur.

"Bonjour, moi c'est Romaric et toi ?"

"Moi, c'est Séraphin (*)"

"Tu es drôlement bizarre ! Tu es un lapin fantôme ? Pourquoi je ne t'avais jamais vu avant ?". Comme beaucoup de Bigorbourgeois, Romaric est un bavard doublé d'un impénitent curieux.

Un rire clair comme une eau de source retentit.

"Non, je suis un lapin en cristal. Fulbert m'a offert en cadeau de mariage à Bertille"

"Ca ne la gêne pas ton oreille en moins ?"

"Non, elle trouve que ça me donne beaucoup de charme"

"Pourquoi tu brilles comme ça, c'est drôlement joli !"

"Merci ! Dans la journée j'emmagasine la lumière et la nuit je m'en sers pour éclairer la danse des fées et je chante pour elles. Regarde vers la forêt".

Romaric tourne la tête dans la direction indiquée par Séraphin, qui continue à libérer des vagues de clarté, et en effet, à l'orée du bois, de petites formes ailées font des rondes, leurs ailes semblant absorber les arcs-en-ciel libérés par l'étrange lapin.

"C'est beau" s'extasie Romaric.

Les deux nouveaux amis profitent un long moment du spectacle, puis tout doucement Séraphin redevient un petit lapin de cristal tout simple.

"Bon, il faut que je rentre maintenant. Tu reviens me voir bientôt ?"

"Avec plaisir, c'est tellement beau ce que tu fais ! Au fait, comment es-tu sorti ?" (ainsi que je vous le disais, un vrai curieux ce lapinet)

"Le verre et le cristal sont des frères, regarde !"

Séraphin s'approche de la fenêtre, la vitre semble fondre devant lui et quelques instants plus tard, le lapin de cristal, après un dernier clin d'œil à Romaric, se fige sur son étagère, prêt à reprendre des forces pour sa prochaine nuit de travail.

Romaric, quant à lui, s'en retourne en baillant dans son terrier, très content d'avoir fait la connaissance d'un ami aussi intéressant qu'imprévu.

 

(*) Etymologie de Séraphin : Flamboyant

Petite précision pour les curieux qui pourrait se demander pourquoi j'ai amputé Séraphin d'une oreille, c'est simplement parce que son alter ego chez Emma n'en a plus qu'une.

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 00:05

Pour aujourd’hui, Jill Bill convie dans sa cour de récré le prénom Josaphat. Après quelques petites recherches ce prénom n’ayant été donné que 16 fois depuis 1900, je me suis permise de jouer un peu avec, comme vous allez pouvoir le lire.

Hier soir en se couchant, il a semblé à Léonce entendre comme des pleurs dans le grenier au-dessus de sa chambre. Elle a bien pensé au début qu’il ne s’agissait que du vent qui jouait avec la toiture, mais ce matin, le même bruit persiste.

Devant se rendre au lycée, elle confie l’enquête à son trio de choc : j’ai nommé le lutin Anicet, sa petite amie Wenefride et leur ami le diablotin Innocent.

Tous trois se glissent donc, pas trop farauds quand même, dans le grenier. Il y fait sombre et les objets qui s’y reposent ont parfois des ombres un peu inquiétantes.

Les deux garçons (on peut être lutin et diablotin et avoir les mêmes travers que les humains) essayent de prendre l’expédition à la légère, se poussent du coude et étouffent des gloussements, mais c’est de l’esbroufe, en fait, ils n’en mènent pas large.

Pour le moment pas le moindre bruit, le trio bien décidé à ne pas pousser l’investigation trop loin est prêt à tourner les talons quand des sanglots se font entendre dans un coin reculé du grenier.

Ils se regardent et avancent en se tenant par la main, histoire de se donner du courage, ils ne veulent pas décevoir Léonce.

Bientôt, ils arrivent à la source des pleurs. Ils ont devant eux ce qui ressemble à un mélange de fourrure et de cuir. Qu’est-ce que peut bien être ce truc bizarre.

La curiosité l’emportant sur la peur, ils touchent ensemble l’étrange boule, c’est chaud, c’est doux et CA RESPIRE !

Repli stratégique des aventuriers du grenier perdu.

Mais les plaintes fendent le cœur de Wenefride qui, courageusement, s’approche à nouveau et interroge.

« Tu es quoi ? »

Trois petites voix sortent en stéréo de la masse duveuteuse.

« Nous sommes Jo Za Fa »

« Jo Za Fa ? Mais encore ? »

Un petit museau pointu émerge de la boule, puis un second et un troisième. Trois petites bouilles de renard avec de grands yeux bien ronds regardent les nouveaux venus.

Anicet et Innocent s’exclament d’une seule voix « Des chauves-souris, sauve qui peut, elles vont nous manger ! »

Wenefride tempère ses acolytes d’un bref et cassant « Vous êtes nuls, ce sont des roussettes et elles ne mangent que des fruits. Remarquez vous avez l’air de fruits, des bananes par exemple ».

Puis se tournant vers Jo Za et Fa « Qu’est ce que vous faites ici et pourquoi pleurez-vous ? »

« Nous étions en train de jouer » reprend le trio « quand nous sommes entrés ici par accident, nous nous sommes cognés et maintenant nous sommes tout emmêlés »

En effet, les ailes délicates des trois chauves-souris sont imbriquées les unes dans les autres.

« Zou, les garçons au boulot »

Wenefride prend les opérations en main, Anicet et Innocent s’avancent pas trop rassurés, mais ils ne vont pas faire les poules mouillées devant une fille, même si ces bestioles ont l’air bien grandes par rapport à eux.

Après de nombreux efforts, les trois petites (en âge) chauves-souris sont délivrées et elles poussent force soupirs de soulagement avant de se remettre à couiner.

« Quoi encore ? » interroge Wenefride.

« Il fait jour, nous n’allons pas pouvoir rentrer chez nous et nos mamans vont s’inquiéter ! »

« Ah ces gosses ! » maugrée Wenefride « J’ai une idée. Soyez sages tous les cinq je reviens le plus vite possible ». Un claquement de doigt et Wenefride disparaît.

Après un petit moment d’incertitude les cinq nouveaux compagnons commencent à parler, à échanger des recettes de bêtises, à rire.

Juste avant qu’ils ne commencent à se laisser un peu trop aller, Wenefride est de retour. Toute contente d’elle, elle s’avance cachant quelque chose dans son dos.

Jo, Za, Fa, Anicet et Innocent l’entourent plein de curiosité.

« C’est quoi ? Qu’est ce que tu caches ? »

Avec un rire, Wenefride tend les mains, dedans trois petites paires de lunettes de soleil spécialementhttp://jeu.123boutchou.com/_images/123jeu/coloriage/coloriage-chauve-souris-c.jpgfabriquées en urgence par Gildas, l’opticien de Bigorbourg.

« Voilà, mettez ça sur votre museau et vous pourrez rentrer à la maison sans être éblouis ! »

« Super » se mettent à gazouiller Jo, Za et Fa. Ils se concertent un instant puis proposent « Pour vous remercier, ça vous dirait de faire un petit vol ? »

Bien sûr, que nos trois petits amis sont intéressés. Jo, Za et Fa chaussent leurs lunettes de soleil, Wenefride, Anicet et Innocent, les guident vers la sortie et s’installent confortablement entre leurs ailes. Et c’est le départ pour la grande aventure.

Une qui a cru avoir la berlue, c’est Léonce, lorsqu’elle a cru voir passer devant les fenêtres de sa classe, les trois mini terreurs qu’elle héberge à cheval sur des chauves-souris !

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