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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 00:16
Défi du samedi :Un matin, alors que vous êtes déjà en retard pour vaquer à vos occupations, vous trouvez dans la salle de bain, dans la douche, la baignoire, le placard, la boite à coton-tiges, peu importe - un génie. Ce génie, en plus d'être courtois (il vous offre 4 vœux), est très collant. Il ne vous lâchera pas tant que vous n'avez pas fait ces quatre vœux. De plus il ne peut exaucer que deux vœux "gentils" et que deux vœux "moins gentils". Le but du défi est de narrer - sous quelque forme que ce soit - tout ce qui passe depuis la rencontre avec le génie jusqu'à son "départ".

Bon ce matin là je m'étais retrouvée, allez savoir pourquoi, à quatre pattes devant mon meuble de salle de bain en train de faire du tri dans tout le bazar amoncelé depuis un certain temps, pour ne pas dire un temps certain. J'étais donc à la bourre lorsque je tombai sur un bizarre flacon de parfum que je ne me souvenais pas avoir acheté ou reçu en cadeau.
Bref, erreur fatale, je le débouchai et alors flooouf un nuage quasi asphyxiant de parfum se répandit dans la salle de bain, les yeux larmoyants, je réussis à me traîner dehors et en me retournant je vis, à ma grande stupéfaction, un truc, une chose, un bidule, enfin quelque chose qui paraissait humain au dessus de la ceinture et qui ressemblait à un culbuto en dessous, tranquillement installé sur le rebord de ma baignoire.
"Bien le bonjour gente dame" me dit le, la, enfin bon l'individu ?
Je réussis à croasser "Z'êt ki ?"
Ce qu'il réussit à traduire par "Qui êtes-vous"
"Votre génie personnel, Chère, très Chère sauveteuse qui m'avez extirpé de ce flaçon dans lequel je marinais à mon grand dam depuis fort longtemps"
"Un g'nie" bredouillai-je pas trop rassurée.
"Mais oui, un génie pur jus, prêt à vous servir"
'C'ta dire" je sais mon vocabulaire et mon élocution ne s'arrangeaient pas.
"Je vais Très Chère petite Madame rester attaché à vos charmants pas jusqu'à ce que vous ayiez fait 4 voeux, deux gentils, deux moins gentils".
J'aspirai un grand coup d'air et réussi enfin à reprendre le contrôle de ma voix.
"Comment ça deux gentils et deux moins gentils, je croyais que le tarif syndical c'était trois voeux".
"Les temps changent que voulez-vous. Bien que puis-je pour vous ?"
"Désolée, on verra ça ce soir, parce que là je suis en retard".
Je pris la poudre d'escampette, grimpai dans ma voiture et manquai d'emboutir le premier réverbère lorsque discernant du coin de l'oeil un mouvement à côté de moi, je m'aperçus que le génie était installé près de moi.
"Je crains, Chère petite Madame que vous n'ayiez pas bien compris la situation, je dois rester près de vous jusqu'à l'accomplissement de vos voeux"
Ahurie, sans piper mot, je repris le contrôle de ma voiture, plus ou moins celui de mes nerfs et mon chemin jusqu'au boulot.
Bien sûr étant plus tard que d'habitude, la circulation était fortement ralentie.
"Et zut " m'exclamai-je fort imprudemment "ils ne pourraient pas être déjà arrivés tout ceux-là ?"
"Mais pas de problème" sussura mon génie.
Et hop, le chemin se retrouva dégagé devant moi.
"Vous voyez Chère Petite Madame, en voilà déjà un d'accompli, grâce à vous tous ces braves gens sont déjà arrivés à leur destination, plus que trois !"
Une idée machiavélique me traversa l'esprit.
"Hem, vous pourriez-vous arranger pour que ma chef reste coincée dans sa salle de bains toute la matinée ?"
J'eus le droit à un sourire rayonnant.
"Pas de problème, la clenche de la porte vient de casser, pas de chance pour elle !"
Eh, mais en fin de compte ce n'était peut-être pas si mal que ça d'avoir un génie dans les pattes.
La matinée se passa tranquillement, pas d'interférences hiérarchiques  ce qui me permit d'abattre bien plus de travail que prévu. Mais je me méfiais et tournais 7 fois ma langue dans ma bouche avant de parler, le génie m'épiant du coin de l'oeil.
Ceci étant, ce n'était pas facile de se concentrer avec ce culbutos dans les parages.
Que souhaiter, pas évident du tout !
Il me restait un gentil et un moins gentil voeu à formuler. Et franchement je ne savais pas trop quoi demander. Bon, un peu d'argent à la banque ne serait pas de trop, mais allez savoir ce que les impôts penseraient d'un compte qui grossit sans prévenir.
En fin de compte je me décidai.
En rentrant à la maison, toujours encombrée de mon culbutos génial, je lui demandai de repeindre tous les murs intérieurs et d'installer un parcours de santé le long des murs pour Mademoiselle Thalis ma chatoune.
Ce fut fait dans la seconde à mon grand plaisir, et hop un paquet de corvées en moins.
Bon dommage plus qu'un vilain voeu à trouver.
La soirée se passa, je ne dirai pas tranquillement, il faut dire qu'il commençait à me chauffer les oreilles ce génie à me regarder avec des yeux de merlan frit.
"Vous ne pourriez pas me laisser un peu tranquille ?"
"Hélas non, j'attends votre dernier voeu"
"Vous savez que vous êtes un tantinet fatigant ?"
"C'est ce qui fait tout mon charme non ?"
J'allai me coucher remettant au lendemain la formulation du dernier voeu, comme on dit la nuit porte conseil.
Le lendemain matin, mon génie était toujours là solide au poste.
"Pas moyen que vous me laissiez hein ?" demandai-je ?
"Eh non, Chère Petite Madame, eh non !"
"Bon tant pis pour vous alors, voilà mon dernier voeu"
Je le lui murmurai à l'oreille et le vis pâlir avec un plaisir indicible.
Sereine, je repartis au travail. Je savais que ma chef resterait bloquée toute la journée dans ses toilettes, encore une clenche en carafe ! Dommage ! Et en rentrant, ma pelouse et mes arbres seraient nickels ainsi que le ménage fait.
Pour tout vous dire, j'avais décidé d'enquiquiner un peu mon génie. Mon dernier voeu pas gentil consistait en 2 voeux gentils supplémentaires et deux voeux moins gentils en prime !
Le pauvre était bien marri, parce qu'il n'avait pas trouvé le moyen de tourner la difficulté et mon voeu qui il faut le reconnaître n'était pas sympa pour lui puisqu'il le gardait prisonnier au moins un jour de plus.
Je pense que je vais continuer encore comme ça quelques temps, quand toutes mes petites corvées seront terminées et que toutes les clenches de chez ma chef seront changées, je me ferais un plaisir de lui souhaiter bon vent avec comme dernière condition pas gentille qu'il arrête d'embêter les gens !






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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 00:34
Dana et son thème de la semaine nous demandaient un petit quelque chose sur Pâques, comme c'est aussi le thème de Photographe du dimanche, j'ai donc mis les photos pour dimanche et pour aujourd'hui je vous remets la petite aventure de Mimi et Tom publiée pour Pâques l'année dernière.

Mimi la fillette et Tom le chat bleu sont une fois de plus en vadrouille.

Eh oui, ils aiment bien se balader ces deux là, les yeux ouverts sur la beauté de la nature et à l'affût de la moindre étrangeté.

Tout à coup sur le bord du chemin s'élève un grommellement.

Nos amis tendent l'oreille, ils regardent autour d'eux mais ne voient personne.

"Encore une chose bizarre qui arrive" se réjouit Tom.

"Sûrement, cherchons mieux" lui murmure Mimi.

Les voilà donc qui commencent à fouiller les environs.

Et brusquement, au milieu d'un petit coin dégagé au milieu des herbes folles il découvre un lapin blanc, une montre à la main qui s'agite comme un fou et qui couine "Mais où est-il, mais où est-il ?"

"Mince, tu as vu Tom ? On est tombé sur le lapin d'Alice, tu crois qu'il cherche son terrier ?".

"Sais pas, allons lui demander".

Et les deux compères s'approchent doucement du lapin pour ne pas l'effrayer.

Peine perdue, celui-ci en les voyant arriver fait un saut olympique et cherche par où s'enfuir au plus vite.

"Ne pars pas" le calme Mimi "on ne te veut pas de mal. Est-ce qu'on peut t'aider ? Tu cherches quoi ?. Ton terrier ?"

"Mon terrier, n'importe quoi !" bafouille le lapin "Je cherche le sac bien sûr !"

"Quel sac ?" interroge Mimi.

"Quel sac, quel sac ? LE sac bien sûr" voyant l'air effaré de nos amis il précise "Demain, on sera quel jour ?"

"Ben euh, demain c'est Pâques non ?" répond Mimi un peu déroutée.

"Voilà, moi je suis le Lapin de Pâques et je cherche mon sac à œufs"

"Ton sac à œufs, mais ça sert à quoi" intervient Tom

Complètement survolté, le museau du Lapin de Pâques se met à frétiller de plus belle.

"Comme son nom l'indique ça sert à faire des œufs"

Des points d'interrogation en pagaille s'inscrivent autour de la tête de Mimi et Tom

"Euh, c'est pas les cloches qui les pondent les œufs ?" demande Mimi

"Vous n'y connaissez rien décidément, les cloches c'est juste pour le décor, le boulot c'est nous les Lapins de Pâques qui nous le farcissons"

"Les Lapins de Pâques ?" là Tom est bluffé "parce que vous êtes plusieurs !"

"Mais bien sûr voyons, tu ne crois quand même pas que je me déplace à une vitesse supersonique, je ne suis pas le Père Noël, chaque Lapin de Pâques a son quartier attitré et les gosses du coin vont être drôlement déçus demain si je ne retrouve pas mon sac" pleurniche le Lapin.

"Pleure pas" le console Mimi "on va t'aider. Tu l'as vu où la dernière fois, ce sac ?"

"Il faut que je trouve la tortue" laisse tomber le Lapin

"Attends, attends, tu sautes du coq à l'âne, là. Qu'est ce qu'elle vient faire là-dedans ta tortue" rétorque Mimi.

"Je ne vous parle pas de coq et d'âne, moi je vous parle de la tortue" trépigne le Lapin

"Laisse tomber le coq et l'âne, parles nous de la tortue, sinon on est encore là à la Saint-Glinglin" coupe Tom

"La Saint Glinglin ?" devant l'air revêche de Tom, le Lapin se reprend "La tortue m'a volé mon sac pour se venger de mon cousin le lièvre"

"Mais c'est quoi encore cette histoire ? Tu ne pourrais pas te calmer et expliquer les choses dans l'ordre" Mimi attrape le Lapin et se met à le caresser pour le tranquilliser, Tom les regarde d'un air pas vraiment aimable, mais bon, il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur, sinon ils seront encore là demain.

Enfin, avec un soupir de contentement le Lapin explique "Mon cousin le lièvre, le descendant d'un lièvre du temps d'un type qui s'appelait La Fontaine, n'arrête pas d'embêter la tortue qui habite par ici, il la nargue en courant dans tous les sens, alors pour se venger elle m'a volé mon sac à œufs, voilà l'histoire et demain les petits n'auront pas leurs œufs dans les jardins".

"Bien fait" grince une nouvelle voix.

Et voilà que sort d'un fourré une tortue au museau tout fripé qui tient dans une patte un beau sac tout doré.

"Mon sac, mon sac" s'exclame le Lapin "rends le moi s'il te plait, je demanderai à mon cousin de te laisser tranquille, promis, juré !"

"J'en fais mon affaire de ton cousin ! J'ai quelque chose à demander en échange de ton sac" réplique la tortue.

"Mais c'est du chantage" disent en chœur les trois nouveaux amis.

"Peut-être, mais, ce sera à prendre ou à laisser" réplique la tortue.

"Bon" soupire le Lapin "que veux-tu ?"

"Je veux que demain, tu distribues des tortues en chocolat"

"Des tortues ? Mais, mon sac sait faire des cloches, des œufs, des lapins et des poules, je ne sais pas s'il sait faire des tortues ? Faudrait lui demander"

Une nouvelle petite voix se joint à la conversation, toute douce comme un bon chocolat chaud. "Oui, je peux le faire et puis ça changera, j'en ai marre de faire toujours la même chose".

Tout le monde éclate de rire en pensant à la tête des enfants qui demain vont trouver dans les jardins, une multitude de tortues en chocolat.

Le Lapin de Pâques reprend son sac, et bras dessus, bras dessous repart avec sa nouvelle amie avec laquelle il va mettre au point la nouvelle forme des chocolats de Pâques. Il se retourne, fait un clin d'œil à Mimi et Tom "Cherchez bien demain dans votre jardin, je vous réserve la plus grosse des tortues de Pâques"

Mimi et Tom les saluent et satisfaits d'avoir aidé à régler un nouveau problème s'en retournent chez eux.

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 00:46

Défi du Samedi avait fait fort : Prenez une feuille de papier, pliez-la en deux, ouvrez-la, jetez quelques gouttes d'encre sur un des plis et refermez en pressant. Ouvrez et dites ce que vous voyez. Vous pouvez rejouer autant de fois que vous voulez, vous pouvez montrer les images obtenues (scanneur, photographie, dessin) ou pas. Si vous n'avez pas d'encre, vous avez du chocolat, de la confiture, de la teinture pour cheveux, du sirop de menthe, de grenadine, du miel, du ketchup, de l'huile moteur, du sang de bœuf, de la peinture, du vernis...

Attention, bien sûr il y a des contraintes : Décrire ce que vous voyez sans utiliser une seule fois le mot 'tache'. L'emploi de quelques verbes rares, comme bolchéviser, croupionner, drageonner, ébousiner, folichonner, godronner, houssiner, issir, japonner, licher, moitir, oringuer, paloter, queuter, rudenter, sorguer, tarmacadamiser, urger, vétiller, warranter, ziber.... Ces verbes existent bien et pour que vous ne vous preniez pas trop la tête, voilà la traduction rapide de ceux que j'ai choisi.

Sorguer : dormir - Oringuer : soulever - Folichonner : s'amuser - Croupionner : essayer de ruer - Licher : boire - Queuter : se moquer - Houssiner : battre - Pajoter : creuser - Ebousiner : dépouiller - Moitir : imbiber d'eau. Pour les autres, à vos dictionnaires.

Et avant le texte, la photo

Bon pour tout dire je ne sais pas trop ce qui s'est passé.

Depuis un sacré paquet de temps j'étais peinard, liquide, à sorguer tranquillement dans un petit flacon.

Et puis hier, quelqu'un a oringué le-dit flacon, l'a secoué et m'a fait tomber sur un morceau de papier.

J'ai donc fait floc et je me suis fait aplatir sévère dans le pli.

Résultat, me voilà transformé en Lap'ache (pour Lapin et un mot que celle qui folichonne à écrire ce texte n'a pas le droit d'utiliser).

Bon, ça encore ça peut aller, je me suis entre-aperçu lorsqu'elle m'a photographié, je ne suis pas trop mal.

Non le problème c'est ce qu'elle appelle mes oreilles.

Je ne peux que croupionner dans les brancards, mais y en a marre de ces deux trucs qui n'arrêtent pas de jacasser là-haut.

Et vas-y que je vétille sur l'allure que j'ai, et que ce serait sympa de se licher un petit quelque chose et que je queute sur les copines qui sont restées dans le flacon et qui vont sûrement y moisir encore longtemps.

Bref, même en les secouant, en les pliant pas moyen de les faire taire les deux jumeaux à tête d'obus qui orne ma tête, c'est pénible et en plus si je les houssine c'est en fait moi qui vais avoir mal.

Et l'autre, là devant le clavier qui se pajote le crane en se demandant ce qu'elle va bien arriver encore à écrire sur son test de Rosarch, moi en l'occurrence, ne m'est d'aucune utilité, et puis il faut reconnaître que si elle m'ébousine les oreilles je ne ressemblerai plus à rien..

Bon, si j'ai bien compris la photo qu'elle a prise elle va la mettre sur son ordinateur et l'envoyer à un truc qui s'appelle "Défi du Samedi", en fait le vrai responsable de mes ennuis, me faire sortir de mon flacon, étaler sur du papier et subir les bla-bla de mes appendices auriculaires. Donc, dès que j'arrive là-bas, je me transforme en Lap'virus et je fiche la pagaille chez lui, ça lui apprendra à faire tellement bouillir le cervelet de ma rédactrice qu'elle a du le moitir de toute sa Contrex d'un coup.

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 00:58

C'était pour les Impromptus. Soyez sombres, noirs, terrifiants. Ou au contraire, surprenez-nous avec une histoire fraîche et candide. Mondes cruellement réels ou univers fantastiques et oniriques, emmenez-nous où bon vous semblera à condition que dans votre texte nous trouvions ces mots :"le retour des prédateurs" ou "le retour du prédateur"

L'enfant, le cœur battant, se glisse de rue en rue.
Le dos collé au mur il écoute de toutes ses oreilles.
Pour le moment, pas un bruit.
Rien ne bouge.
A pas de loup il avance.
Parviendra-t-il à rejoindre l'abri tout relatif de sa maison ?
C'est le retour des prédateurs.
Il le sait.

Il l'a vu dans le regard de sa mère.
Les prédateurs approchent.
Mais où va-t-il bien pouvoir se cacher pour leur échapper.
Il s'immobilise.
Là-bas au coin, un bruissement !
Les battements de son cœur résonnent dans ses oreilles.
Ils l'assourdissent tant qu'il n'entend pas l'approche du maraudeur.
Et tout-à-coup !!!
Un cri.
Deux bras le saisissent.
L'emmènent.
L'entraînent.
Il se débat.
Près de son oreille son ravisseur murmure quelque chose.
Puis finalement il se laisse aller.
On le jette sur son lit.
Deux mains se posent sur son ventre.
Et les terribles prédateurs commencent leurs tâches.
"C'est la bébête qui monte, qui monte, qui monte".
Il essaye de maîtriser l'envie de rire qui l'envahit.
Les doigts continuent leur progression.
"C'est la bébête qui monte, qui monte, qui monte".

Il commence à étouffer, il ne peut plus se retenir.
Il se tortille.
Et enfin, les yeux dans les yeux rieurs de sa maman, le petit garçon se met à rire à gorge
déployée, lorsque les horribles prédateurs se glissent dans son cou.
Ses yeux se ferment de bonheur.
"C'est la bébête qui monte, qui monte, qui monte".
Tous les deux s'étreignent et leur rire de joie s'élève dans la petite chambre.
"C'est la bébête qui monte, qui monte, qui monte".

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 00:01

Dana nous proposait le thème de la Phobie pour cette semaine. N'ayant pas véritablement de phobie, j'en profite pour vous mettre un texte écrit pour les Fanes de Carottes dans la catégorie Terreur et Horreur et qui a été retravaillé avec l'aide d'InFolio.

Tout a commencé par un léger frôlement tout juste audible, impossible à localiser. Un froissement pas bien gênant, juste un peu énervant quand d’aventure l’attention se fixait dessus.

Puis à force de se focaliser sur ce bruissement, elle finit par le situer dans le grenier. Peut-être simplement une branche qui frotte mais c’est un bien étrange grattement.

Puis le grattement s'est fait trottinement. Plus de doute, une chose squatte le grenier, par où est-elle entrée et de quoi se nourrit-elle ? Là-haut, il n'y a que de la laine de verre pour l'isolation, rien de vraiment digeste.

Bon, pour le moment, bien qu'elle déteste l’idée qu’un animal se promène au dessus de sa tête, elle en prend son parti, nul doute que la bestiole va rapidement s'intoxiquer et les laisser en paix. Ce n’est visiblement qu’une souris.

Hélas non, jour après jour le piétinement se fait plus présent comme si la souris, ou le loir peut-être, grossissait encore et encore. Impossible !!! Ça devrait être à l'agonie maintenant.
Dans la journée, un calme tout relatif règne dehors : le bruissement du vent dans les arbres, le chant des oiseaux, le passage épisodique d'une voiture, le cri d'un enfant, le ronronnement d'une tondeuse à gazon... A l'intérieur, pas un bruit. Ce silence qui règne, alors qu'elle tend l'oreille pour surprendre l'animal, l'angoisse.
Cependant au cœur de la nuit, à l'heure où le noir domine sans partage, le bruit reprend. Frôlements, froissements, bruissements, grattements, trottinements, frottements, piétinements qui se transforment, elle en est bien certaine, en galopades de plus en plus présentes. 

Ce n'est plus supportable, il faut faire quelque chose pour retrouver le repos qui la fuit, pour chasser cette fatigue qui s'amoncèle sur ses épaules, il faut se débarrasser de ce bruit qui devient menace.

Son compagnon, lui, n'a pas l'air incommodé. Il dort toujours du sommeil du juste, il faudrait au moins une tornade pour le réveiller. Il a donc bien du mal à comprendre son angoisse. Franchement tout ça pour une simple souris, pourquoi pas des crises de panique pendant qu'elle y est ! Ah, les femmes...
Mais bon, il l'aime alors il va acheter des graines empoisonnées. Se glissant par la trappe qui conduit au grenier, il répand généreusement le grain mortel. Voilà, la manœuvre est accomplie, il n'y a plus qu'à attendre.

La même nuit, elle se réveille à nouveau en sursaut, la bête est toujours vivante, mais elle n'est plus dans le grenier. C'est sûr elle est descendue, elle galope maintenant dans la cloison. Elle le secoue. Tu l'entends, dis, tu l'entends ? Non, il n'entend rien, ce n'est pas faute de tendre l'oreille, mais non, il n'entend rien. Bon d'accord, demain il posera des pièges. Elle doit rêver, pense-t-il en toussant, ce n'est pas possible pour une souris de vivre dans un environnement aussi urticant.

Ca y est, ça a dû fonctionner, elle a merveilleusement bien dormi. Vas voir, la souris doit être morte ! Il monte dans le grenier. Mais non rien. Le piège est vide.
Non, ce n'est pas possible. Son cœur se met à battre comme un fou. Cette saleté s'est moquée d'elle la nuit dernière, elle a fait semblant, voilà elle a fait semblant.
Mais tu es folle de penser des choses comme ça voyons, elle a eu peur et elle est partie voilà tout, allons calme-toi, je t'en prie.

La nuit est tombée, en tremblant d'appréhension, elle se couche. Elle se niche dans ses bras. S'il n'entend rien, peut-être que, bien blottie contre lui, elle n'entendra rien non plus.
Peine perdue, si l'infernal animal s'est tenu tranquille la nuit précédente, maintenant il se déchaîne. Les ténèbres ne sont plus que gémissements, fredonnements, grincements, gémissements, chuchotements, plaintes, lamentations. Et lui, lui, n'entend rien, c'est impossible, et pas moyen de le réveiller pour quémander un peu de réconfort.

S'il n'entend rien, c'est qu'il n'y a rien à entendre. Alors pendant plusieurs jours elle fait comme si. Comme si son sommeil était parfait. Mais ce n'est pas vrai, nuit après nuit la sarabande démoniaque reprend. Maintenant elle est sûre que le monstre est caché dans le placard de la chambre, il la guette, il attend qu'elle fasse l'erreur de se lever la nuit pour l'attaquer.  Forcément c'est ça, il veut l'attaquer.

Alors un matin, elle craque, elle crie, elle hurle sa peur. Devant ce déferlement d'émotion, devant son air défait, il la supplie d'aller voir le médecin. Mais non, pas de médecin, il doit trouver la chose, il doit la tuer, par pitié. Démuni devant cette souffrance, il sort, il va passer à la pharmacie demander un médicament pour l'aider.

Elle est seule dans la maison. Seule ? Non, bien sûr que non ! ELLE est là aussi qui la guette, prête à lui sauter dessus. D'ailleurs, elle l'entend là dans la cloison.
Puisque personne ne peut l'aider, eh bien elle va se débrouiller toute seule. Elle va dans le garage, elle prend la pioche qui sert à creuser les trous pour les plantations. De retour dans la maison, elle commence à défoncer les murs, elle suit la cavalcade et chaque fois qu'elle s'arrête, elle donne un grand coup. Bientôt, la chambre ressemble à une pièce dévastée par une bombe, l’une après l’autre les cloisons sont explosées, comme une mécanique fixée sur son but, LA détruire, elle frappe encore et encore.

Alors la porte d'entrée s'ouvre et il apparaît ahuri par ce déchaînement de rage et de fureur. Après une lutte désespérée, il arrive à lui arracher la pioche des mains sans la blesser et alors qu’elle s’effondre entre ses bras, il parvient enfin à appeler les secours. 
Bientôt ils sont là. Le médecin, hagard devant l’étendue des dégâts, lui fait une piqûre qui l'assomme. On l'attache sur le brancard et on l'emmène vers l'hôpital le plus proche. Elle est devenue folle, mais pourquoi ? Une souris qui grignote dans le grenier, vous vous moquez de nous mon pauvre ami, une pareille crise pour une petite souris, c'est impossible ?!

Et tandis que l'on entend la sirène de l'ambulance s'éloigner, dans la chambre ravagée, une ombre ricanante sort du mur.
Elle respire avec délectation les odeurs de peur et de folie qui saturent la pièce. Puis, ce qui ressemble à une souris déformée sort de la maison. En quelques instants la présence passe par plusieurs formes, araignée, serpent, chien... elle hésite, il ne faut pas se tromper, c'est la peur qui la fait vivre, qui la nourrit. Ah ça y est ! Là-bas, une odeur la ravit, alors dans un dernier rire grinçant, la chose s’éloigne.

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 00:45
Pour les Impromptus : Voilà février qui s’étire, l’hiver qui s’alanguit… qui sait ? bientôt ce sera le printemps ! Et si, pour l’encourager à revenir, nous fleurissions nos textes cette semaine ? Ecrivez tout ce que vous voulez, comme vous le voulez… mais dites-le avec des fleurs !


Mon très cher, je t'ai préparé ce délicieux dîner avec quelques fleurs qui résument bien notre histoire d'amour.
Voilà pour toi :
des roses rouges
et des roses roses,
de l'agératum,
de l'amarante rouge,
de l'ancolie rose
et aussi des fleurs de pêchers
et des pensées bleues.
Voici qu'arrivent des roses jaunes
et des fleurs de pomme de terre,
un peu de sainfoin.
Mais aussi de la garance
et des soucis.
Et des chrysanthèmes blancs
et jaunes,
de la cytise,
de l'argentine,
de l'aristoloche
et de l'hysope.
Bien sûr voilà que vient l'ajonc
et les boutons d'or,
puis le chardon
et l'épine virette accompagnée
de fumeterre.
Maintenant pour terminer s'avancent le cyprés,
la belladone
et la ciguë.

Comment amis lecteurs vous avez un peu de mal à suivre ? Je reprends donc.

Très cher, tu m'as assurée de ton amour passionné
et tu as déversé sur moi tes serments d'amour.
Tu es mon bien le plus précieux,
et rien ne me lassera, m'avais-tu affirmé.
Bien sûr tête folle je t'ai murmuré je t'aime tellement que tout est gris quand tu n'es pas là.
Je suis ton prisonnier m'as-tu juré.
J'ai confiance en ton amour ai-je ajouté.
Hélas bientôt j'en fus sûre tu étais volage, j'étais inquiète.
Rappelle-toi tes promesses, t'ai-je supplié.
Tu es monté sur tes grands chevaux et martelé tu te méprends
Ce sont des calomnies.
Tu es trop jalouse.
J'ai exigé la vérité.
Mon amour était dédaigné
Tu m'as brisé le cœur.
Ricanant tu m'a asséné tu es trop candide.
Tu es trop oppressive.
Je suis las de toi.
Alors la colère m'a prise.
Ne te moques pas de moi.
Méfies-toi de ma vengeance.
Tu as trop mauvais caractère me dis-tu.
Tu es quelqu'un de méchant répliquais-je.
Notre amour est mort.
Je porte malheur.

Il faut mourir.

Et c'est ce que tu fais mon très cher, je me doute bien que t'obliger à manger toutes ces fleurs n'est pas bon pour ta santé et qu'elles vont te rester sur l'estomac. Sans nul doute tu vas bientôt, à défaut de sortir humer les roses, partir les pieds devant brouter les pissenlits par la racine. Rien n'est plus dangereux qu'une femme bafouée et on ne peut la battre même avec une fleur.

Au fait je vous rassure, ce n'est absolument pas autobiographique !

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 11:15
Les listes de Liza m'amuse bien, alors en voici une autre.
Liste pour ma chambre :
Un lit avec deux milieux un pour moi, un pour ma chatoune.
Des housses de couette qui s'enfilent toutes seules sur la couette.
Un matelas doux comme un nuage dans lequel on peut s'enfoncer comme dans le matelas de mon enfance chez ma grand-mère.
Des oreillers qui se lovent autour de la tête pour la soutenir dans n'importe quelle position et qui en plus font bouchons d'oreille quand il y a du bruit.
Une couette toute légère qui tient en chaud en hiver et au frais en été.
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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 00:06
Notre Liza et sa Vitrine du libraire nous propose d'établir une liste de courses pour son encyclopédie du dérisoire.
Forcément, moi j'ai tout de suite tilté livres et écriture. Voilà donc ma petite liste.

Un dictionnaire qui s'ouvre automatiquement sur le mot que vous désirez, même si vous ne vous souvenez plus ni de son orthographe, ni même du mot en question.
Un lutrin qui tourne tout seul les pages des livres et qui revient comme un grand sur la page que vous souhaitez consulter à nouveau mais dont vous ne vous rappelez plus l'emplacement exact.
Une bibliothèque qui accepte encore des livres même quand il n'y a plus de place.
Une bibliothèque qui sait tout de suite à quel livre vous vous référez quand vous parlez "d'un livre qui", "mais si celui qui", "enfin quoi, c'est quoi déjà son titre" et qui vous le donne.
Un livre qui vous fait rêver vos propres histoires et vous en souvenir au petit matin.
Un protège livre qui vous empêche d'aller regarder la fin de l'histoire, sauf si on lui demande vraiment, vraiment gentiment.
Un stylo qui trouve toujours le mot que vous cherchez.
Un carnet qui note aussitôt l'idée qui vient de vous traverser l'esprit sans avoir besoin de le sortir de votre sac.
Un clavier d'ordinateur qui sait taper la requête exacte pour avoir l'image qui va bien avec votre article.
Un livre qui contient toutes les histoires du monde.
Et un raton-laveur !



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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 00:39
L'avocat de Défi du Samedi commence sa plaidoirie : "Mon client (ma cliente) a commis un crime abominable, néanmoins je vais vous demander de l'acquitter pour les raisons suivantes..." Vous étiez dans la salle.

avocat_usa_immigration_2009


Ames sensibles s'abstenir

L'avocat commence sa plaidoirie

"Mon client a commis des crimes abominables, néanmoins je vais vous demander de l'acquitter"

Dans le tribunal c'est le tollé général.

Le président a bien du mal à ramener le calme dans son tribunal.

Nous, les jurés ne pouvons nous empêcher de nous lancer des coups d'œil outrés. Oui, bien sûr on nous a dit que nous devions être parfaitement impartiaux, de laisser le bénéfice du doute à l'accusé, etc, etc. Il n'empêche que depuis près d'une semaine on nous abreuve des horreurs que ce monstre a fait subir à d'innocentes victimes et voilà que son avocat nous demande de l'acquitter. On croit rêver !

Pour ma part je regarde un homme en particulier assis dans la partie réservée aux familles. C'est le père d'une des jeunes filles. Elle avait miraculeusement survécu aux sévices subis et après avoir identifié son agresseur, malgré l'amour de sa famille, elle s'était laissé sombrer et s'était suicidée. Et là je vois ce père perdre une fois encore son enfant à cause des propos de ce… non essayons de rester calme.

Le chahut s'étant enfin calmé, l'avocat reprend.

"Oui, Monsieur le Juge, Monsieur l'Avocat Général, Mesdames et Messieurs les jurés. Un fait important vient d'être porté à ma connaissance, juste avant le début de cette audience et il me faut en référer dès maintenant pour que justice soit vraiment rendue à mon client"

Bien sûr les parties civiles s'insurgent, comment un nouvel élément dont elles n'ont pas eu connaissance, c'est inacceptable.

Après un bref débat, le Président accepte que l'avocat de la défense poursuive son argumentation.

Alors dans un grand effet de manches, celui-ci demande au greffier d'introduire son témoin.

Et là devant les yeux ahuris de l'assistance entre un homme en tous points semblables à l'accusé.

"Monsieur le Juge, Monsieur l'Avocat Général, Mesdames et Messieurs les jurés, je vous présente le frère jumeau de mon client. Comment pouvez-vous affirmer que c'est bien mon client qui a commis ces abominations et non son frère ? Certes une des victimes l'a reconnu, mais qui a-t-elle reconnu, mon client ou son frère ?"

Je vois le père de la jeune suicidée s'effondrer un peu plus.

Un des avocats des parties civiles prend la parole.

"Mais nous avons relevé son ADN, il n'y a aucun doute"

"Seulement voilà" pérore, très satisfait de lui l'avocat de la défense "les vrais jumeaux, ce qui est le cas de mon client et de son frère ont des ADN absolument semblables. Seules leurs empreintes digitales pourraient permettre de les identifier formellement. Or, vous n'avez pas trouvé une seule empreinte sur les lieux des crimes. Je demande donc, au nom du principe selon lequel le doute doit bénéficier au prévenu de relaxer purement et simplement mon client".

Tandis que la tempête fait à nouveau rage dans le prétoire, l'avocat se rengorge, les deux frères échangent des regards satisfaits, les familles des victimes ne savent plus si elles doivent hurler de rage ou s'écrouler en larmes.

Je regarde le juge, manifestement l'argument avancé porte.

Non ce n'est pas possible, ce monstre ne va quand même pas arriver à s'en tirer, parce qu'il paraît évident à tout le monde que ce frère sorti par miracle du néant est un complice, peut-être même a-t-il aidé à commettre tous ces meurtres !

La justice ça ne peut pas être ça ! La justice non, mais la loi oui, c'est bien ce qui se peint sur le visage des avocats des parties civiles et du juge.

Au-dessus de nous, la statue de la justice doit verser des larmes sous son bandeau !

Brusquement, je me rends compte que dans le remue-ménage généré par ce rebondissement, le père solitaire a disparu, il doit être aller pleurer de désespoir loin de tout ce simulacre de justice.

Peu à peu le calme revient, le juge et les avocats se concertent pour savoir comment faire pour éviter de relâcher un monstre, non deux monstres dans la nature.

Et voilà que le Père revient, il semble étrangement calme.

Il avance jusqu'au banc des familles et poursuit, sans être arrêté, sa marche vers le banc des accusés.

Là, toujours calmement il brandit une arme et comme au stand de tir, il tire. Une fois. Deux fois. Trois fois. Les jumeaux et leur avocat s'écroulent une fleur rouge en plein milieu du front.

Puis parfaitement serein le Père dépose l'arme, lève les mains, se retourne et adresse un grand sourire libéré aux familles des victimes.

La justice vient d'être rendue. Même si la loi elle n'y trouve pas son compte.

Au-dessus de nous, je suis sûre que la statue de la Justice sourit.

 

PS – Cette petite histoire m'a été inspirée d'un fait réel dont j'ai eu connaissance il y a maintenant très longtemps et qui m'avait particulièrement choquée à l'époque. Un homme reconnu par la victime qu'il avait manquée avait été relâché parce qu'il n'avait pas été possible de déterminer quel était le jumeau responsable de l'agression. Il y a peut-être maintenant des méthodes pour distinguer un jumeau d'un autre en dehors des empreintes digitales, je n'en sais rien. De même que n'étant pas juriste je n'ai guère de connaissance sur les textes de loi concernant le doute bien fondé et autres joyeusetés.

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 00:28

Pour défi du samedi le facteur, amoureux fou, n'avait pas la tête à son travail... Quelques erreurs ont été commises.
Racontez! loveletters


Grand-Oncle, depuis qu'il a perdu Chère Grand-Tante, n'est plus que l'ombre de lui-même.

A tel point qu'il fait venir près de lui Jeune Facteur son petit neveu le seul à avoir repris le flambeau familial de la poste pour une confession. Ce qu'il dit à Jeune Facteur lui fait dresser les cheveux sur la tête.

Grand-Oncle lui avoue que lorsqu'il était jeune il a commis l'irréparable pour un facteur. Il a volé du courrier. Eh oui !

A l'époque il venait de se faire congédier par la jeune fille qu'il aimait, il en fut tellement malheureux qu'il jugea que les autres n'avaient pas le droit au bonheur non plus et pendant deux ans à la Saint Valentin il subtilisa dans le courrier toutes les lettres qui lui semblaient parler d'amour, celles avec des baisers, celles qui sentaient bon, celles qui disaient "vite facteur, l'amour n'attend pas".

Ensuite, ah ensuite, il rencontra Chère Grand-Tante et ses griefs s'envolèrent, sa mémoire aussi parce qu'elle préféra lui faire oublier sa vilenie.

Seulement voilà, après la disparition de Chère Grand-Tante pour tuer le temps, il fit du rangement et il tomba sur un sac contenant le fruit de ses larcins.

"Et maintenant" interroge Jeune Facteur outré.

"Maintenant, j'aimerais que tu distribue ce courrier" soupire Grand-Oncle.

Jeune Facteur en reste bouché bée, distribuer du courrier qui a quoi, 30/40 ans !!!

"Absolument, il faut le distribuer" piaille une petite voix venue de nulle part.

Les deux hommes ahuris regardent autour d'eux.

Et voilà qu'apparaît une toute petite bonne femme, vêtue d'une courte tunique rose, avec un arc et un carquois en travers du dos. Parée de deux minuscules ailes blanches elle volette devant le regard éberlué des deux facteurs.

"Qui êtes-vous ?" s'étrangle Jeune Facteur.

"Une cupidone ça se voit bien non !" s'indigne la donzelle.

"Mais ça n'existe pas, ce sont les Cupidons qui sont censés exister" bafouille Jeune Facteur un peu dépassé par les évènements.

"Ah c'est bien une idée de macho ça, et pourquoi les filles feraient-elles de plus mauvais Cupidons que les garçons, hein !"

"Vous avez raison, il n'y a pas de raison. Euh, que pouvons nous pour vous ?"

"Comment ça, ce que vous pouvez pour moi ? trépigne (enfin si on peut trépigner tout en voletant) la Cupidone. "Vous ne vous rendez pas compte qu'à cause de votre Grand-Oncle je n'ai pas rempli mon quota de couples moi, c'est pas bon pour mon avancement, alors hop, on file distribuer le courrier en instance".

"Mais vous vous rendez bien compte qu'après tout ce temps on ne va sûrement pas trouver grand monde"

"Je sais, j'ai déjà fait mon enquête, j'ai eu le temps" rétorque-t-elle en lançant un regard furibond à Grand-Oncle qui se fait tout petit dans son coin.

"En fait, entre les décès, ceux qui ont trouvé mieux ailleurs, ceux qui ont mis, à raison, la perte de leur courrier sur le dos de la poste et se sont mariés, il reste une personne à qui il faut absolument distribuer sa lettre. Allez hop on fouille dans le paquet et on trouve le courrier pour Mademoiselle Rose qui est devenue Madame Lerouge et qui ça tombe bien habite toujours dans le coin, allez hop, hop"

Et sous la férule de la Cupidone nos deux facteurs trient (ça ils savent faire) le courrier d'amour stocké dans le sac.

Bientôt ils ont en main la lettre un peu jaunie dont l'adresse est écrite d'une belle écriture calligraphiée.

Jeune Facteur vérifie dans l'annuaire l'adresse de Madame Lerouge et accompagné de la Cupidone qui tournoie au dessus de sa tête, pas trop fier quand même, il se rend chez l'amoureuse lésée.

Il frappe à la porte d'une coquette petite maison, une petite grand-mère lui ouvre avec un bon sourire.

"Bonjour Facteur que puis-je pour vous ?"

"Bonjour Madame, je suis…, il y a…. en réalité voilà…." Bref Jeune Facteur ne sait pas trop comment cracher le morceau. Finalement sous le regard indulgent de la vieille dame, il finit par lui tendre la lettre en balbutiant.

"Voilà la Poste vient de retrouver ce courrier envoyé il y a longtemps et que nous avons le plaisir de vous remettre maintenant"

La vieille dame se saisit de la lettre, regarde étonnée la date d'envoi, l'ouvre et des larmes se mêlant à un doux rire elle s'exclame "Mais c'est un courrier de la Saint Valentin envoyé par mon époux décédé il y a quelques temps, quel merveilleux cadeau vous me faites là jeune homme, je vous en prie entrez donc prendre un thé et manger un morceau de gâteau"

Avant d'entrer Jeune Facteur se tourne avec désapprobation vers la Cupidone "Mais vous aviez dit que ce n'était pas la peine de donner les lettres à ceux qui s'étaient de toute façon unis, c'est quoi ce pataquès ?"

La petite Cupidone lui fait un clin d'œil et l'invite à entrer dans la maison.

Pendant qu'il a le dos tourné, elle attrape son arc, encoche une flèche et le bande.

Brusquement une voix juvénile se fait entendre.

"Que se passe-t-il Grand-Mère ?"

"Un miracle ma chérie, une lettre de Saint Valentin de ton Grand-Père qui vient d'arriver"

Et devant les yeux éblouis de Jeune Facteur déboule une gracieuse demoiselle qui le regarde bien dans les yeux et lui décoche (en même temps que la Cupidone sa flèche) un sourire qui le transperce d'amour. La Grand-Mère s'en aperçoit et avec un sourire tremblant aux lèvres remercie son défunt époux du petit miracle qui vient de s'accomplir sous ses yeux.

Juste avant qu'elle ne disparaisse, la Cupidone s'approche de Jeune Facteur et lui murmure à l'oreille "C'était toi mon boulot d'aujourd'hui, allez bonne chance. Au fait, je m'appelle Céleste".


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