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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 00:12

Tout a commencé par un étrange grattement dans le grenier. Un bruissement, rien de bien gênant dans un premier temps. Puis le grattement s'est fait trottinement. 
Plus de doute, une souris squatte le grenier.
Mais par où est-elle entrée et de quoi se nourrit-elle ? Là-haut, il n'y a que de la laine de verre pour l'isolation, rien de vraiment digeste pour une souris.

Bon, pour le moment bien qu'elle déteste les souris, elle en prend son parti, nul doute que la bestiole va rapidement s'intoxiquer et les laisser en paix. 
Mais non, jour après jour le trottinement se fait plus présent comme si la souris grossissait encore et encore. Impossible !!! Elle devrait être à l'agonie maintenant.

Dans la journée, c'est le calme, tout relatif dehors : le bruit du vent dans les arbres, le chant des oiseaux, le passage épisodique d'une voiture, le cri d'un enfant, le bruit d'une tondeuse à gazon, mais à l'intérieur pas un bruit, ce silence qui règne alors qu'elle tend l'oreille pour surprendre l'animal, l'angoisse.

Mais au coeur de la nuit, à l'heure où le noir règne sans partage le bruit reprend, trottinements, frottements, bruissements qui deviennent elle en est bien certaine, galopades de plus en plus présentes.

Ce n'est plus supportable, il faut faire quelque chose pour retrouver le repos qui la fuit, pour chasser cette fatigue qui s'amoncèle sur ses épaules, il faut chasser ce bruit qui devient menace.

Son compagnon, lui, n'a pas l'air incommodé. Il dort toujours du sommeil du juste et a bien du mal à comprendre son angoisse. 
Franchement des crises d'angoisse pour une simple souris, pourquoi pas des crises de panique pendant qu'elle y est. Ah, les femmes.

Mais bon, il l'aime alors il va acheter des graines empoisonnées. Se glissant par la trappe qui conduit au grenier, il répand généreusement le grain mortel. Elle doit rêver, pense-t-il en toussant, ce n'est pas possible pour une souris de vivre dans un environnement aussi urticant. Voilà, la manoeuvre est accomplie, il n'y a plus qu'à attendre.

La même nuit, elle se réveille à nouveau en sursaut, la bête est toujours vivante, mais elle n'est plus dans le grenier, c'est sûr elle est descendue, elle est maintenant planquée dans la cloison. Elle le secoue. 
Tu l'entends, dis, tu l'entends ?
Non, il n'entend rien, ce n'est pa faute de tendre l'oreille, mais non, il n'entend rien. Bon d'accord, demain il posera des pièges.

Ca y est, ça a dû fonctionner, elle a merveilleusement bien dormi.
Vas voir, la souris doit être morte !!!
Il monte dans le grenier, mais non rien, le piège est vide.
Non, ce n'est pas possible, son coeur se met à battre comme un fou, la souris s'est moquée d'elle la nuit dernière, elle a fait semblant, voilà elle a fait semblant.

Mais tu es folle de penser des choses comme ça voyons, elle a eu peur et elle est partie voilà tout, allons calme-toi je t'en prie.

La nuit est tombée, en tremblant d'appréhension elle se couche, elle se niche dans ses bras, s'il n'entend rien, peut-être que bien blottie contre lui elle n'entendra rien non plus.

Peine perdue, si l'animal s'est tenu tranquille la nuit précédente, maintenant il se déchaîne. La nuit n'est plus que gémissements, fredonnements, grincements, gémissements, chuchotements, plaintes, lamentations, et lui, lui n'entend rien c'est impossible, et pas moyen de le réveiller pour quémander un peu de réconfort.

S'il n'entend rien, c'est qu'il n'y a rien à entendre. Alors pendant plusieurs jours elle fait comme si, comme si ses nuits étaient parfaites, mais ce n'est pas vrai, nuit après nuit la sarabande démoniaque reprend. Maintenant elle est sûre que la bête est cachée dans le placard de la chambre, elle la guette, elle attend qu'elle fasse l'erreur de se lever la nuit pour l'attaquer, forcément c'est ça, elle veut l'attaquer.

Alors un matin, elle craque, elle crie, elle hurle sa peur.
Devant ce déferlement d'émotion, devant son air défait, il la supplie d'aller voir le médecin.
Mais non, pas de médecin, il doit trouver la souris, il doit la tuer, par pitié.
Démuni devant cette souffrance, il sort, il va passer à la pharmacie demander un médicament pour l'aider.

Elle est seule dans la maison. Seule ? Non, bien sûr que non ! ELLE est là aussi qui la guette, prête à lui sauter dessus. D'ailleurs, elle l'entend là dans la cloison. Puisque personne ne peut l'aider, eh bien elle va se débrouiller toute seule. Elle va dans le garage, elle prend la pioche qui sert à creuser les trous pour les plantations. De retour dans la maison, elle commence à défoncer les murs, elle suit le trottinement et chaque fois qu'il s'arrête, elle donne un grand coup. Bientôt, la chambre ressemble à une pièce dévastée par une bombe.

Alors la porte d'entrée s'ouvre et il apparaît ahuri par ce déchainement de rage et fureur. Il arrive à la maîtriser et appelle les secours.

Bientôt ils sont là, le médecin lui fait une piqure qui l'assomme, on l'attache sur le brancard et on l'emmène vers l'hôpital le plus proche. Elle est devenue folle, mais pourquoi ? Une souris qui grignote dans le grenier, vous vous moquez de nous mon pauvre ami, une pareille crise pour une petite souris, c'est impossible ?!

Et tandis que l'on entend la sirène de l'ambulance s'éloigner, dans la chambre ravagée, une ombre ricanante sort du mur. Elle respire avec délectation les odeurs de peur et de folie qui saturent la pièce. Puis ce qui ressemble à une souris déformée sort de la maison. Sur le seuil, elle s'arrête, son radar commence à tester l'entourage, une phobie, il doit bien y avoir d'autres phobiques qui vivent dans les parages. En quelques instants la chose passe par plusieurs formes, araignée, serpent, chien,... elle hésite, il ne faut pas se tromper c'est la peur qui la fait vivre, qui la nourrit, mais si jamais elle se trompe et tombe sur quelqu'un qui résiste à sa phobie, qui lui résiste, elle disparaitra. Pour le moment, elle se refuse à accepter ce fait. Ah ça y est, là-bas, il y a une odeur qui la ravit, alors dans un dernier rire grinçant la chose, la Phobie disparaît.

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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 00:11

Non, non et non, dit Maman, pas question de mettre des graines empoisonnées, pour que le chat ou un des enfants risquent d'en avaler ! 
Non, non et non, dit la cadette des enfants, pas question de mettre une tapette, je ne veux pas que tu les tues ces petites bêtes !
Y en a marre, dit Papa, vous n'arrêtez pas de râler que ces fichues bestioles vous empêchent de dormir et vous ne voulez rien faire pour nous en débarrasser !
Mais si Papa, dit l'ainé des enfants, on pourrait les attirer dans un piège et ensuite les garder à la maison dans une cage. J'ai un copain en classe qui en a, il dit que ça s'apprivoise sans problème et que c'est même très mignon.

Le père de famille comprenant que rien ne viendra à bout de la rébellion familiale, baisse pavillon.
Le lendemain il revient à la maison avec le fameux piège.
Bon, et maintenant on appâte avec quoi ? Du fromage ? demande-t-il
1er essai, non concluant.
Bon sang, râle Papa, en plus ces fichues bestioles sont difficiles !!!
2ème essai, de la pomme, rien
3ème essai, de la banane, rien
Papa commence à bouillir.
Je vous préviens, c'est le dernier essai, alors tâchez de trouver le bon truc, sinon, tant pis pour eux ce sera des tapettes dans tous les coins. 
Après mûres réflexions des enfants, consultations des copains et des copines, le dernier essai est tenté.

Hourra, s'exclame Papa, vous aviez raison, rien de tel que le jambon, ça y est on les a vos fichus bestiaux.
Et tout content Papa montre à la petite famille réunie les terribles petits animaux qui les dérangent dans leur sommeil depuis plusieurs jours. Il y en a 4 tout roses, avec de drôles de petites oreilles bien plaquées sur les côtés de la tête, pas l'ombre d'un poil à part sur la tête et un peu plus bas pour les plus grands et pas de queue bien sûr. Il y a les parents et deux petits.

Qu'ils sont choux, s'exclame la cadette en frétillant de son museau pointu,
Crevants, dit l'ainé en battant de ses grandes oreilles rondes,
Croquignolettes, disent en coeur Papa et Maman en entremêlant leurs queues.
Et tous en choeur couic, couiiiic, euh pardon je voulais écrire "Bienvenue chez nous".

Pour cette petite histoire je me suis un peu inspirée de "nos amis les humains" de Bernard Werber.

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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 00:10

Mimi la fillette et Tom le chat sont bien embêtés, une souris est encore venue loger dans le grenier. Maman est folle de rage, cette sacré bestiole va encore faire du dégât.
Elle regarde Tom d'un air peu aimable.
Dis donc toi, ton boulot c'est pas de croquer les souris ? Je vais diminuer ta ration de croquettes, tu auras peut-être un peu plus le coeur à l'ouvrage ?

Mimi et Tom se regardent, et voilà c'est reparti. Il va falloir que la BSS se remettent au travail.
T'en fais pas, Maman, dit Mimi. On s'en occupe tout de suite, viens mon Tom on va la coincer la sale bête.
Et voilà nos deux acolytes qui s'empressent vers l'escalier sous le regard furibond de Maman.

Dans le grenier, Tom commence à fureter de-ci, de-là, Mimi derrière lui.
Enfin, après une longue traque, Tom bondit et sa gueule se referme sur la souris. La bestiole couine un coup et le silence s'abat sur le grenier.

Tout fiers les deux comparses dévalent l'escalier et se précipitent dans la cuisine.
Regarde Maman, piaille Mimi en sautant comme une petite folle, on l'a eu, on l'a eu !!!
Maman jette un oeil dégoûté sur la souris qui pendouille entre les mâchoires de Tom.
Beurk, allez vite me débarrasser de ça.

Les deux complices ne se le font pas dire deux fois et filent dans le fond du jardin avec leur proie.
Tom ouvre la bouche et laisse tomber une souris toute mouillée mais bien vivante. Elle s'ébroue et fixant d'un oeil torve Tom lui balance tout de go.
Dis donc toi tu pourrais essayer d'avoir meilleure haleine, pouah, pouah, pouah.
T'es drôlement gonflée ma poulette, je te signale quand même que je viens, une fois de plus de te sauver la vie, on ne peut pas dire que c'est la reconnaissance qui t'étouffe, râle Tom. 
C'est vrai, surenchérit Mimi, c'est quand même la troisième fois qu'on te tire d'affaire, tu ne peux vraiment pas essayer de faire moins de bruit. Bon maintenant, tu te tiens tranquille quelques temps avant de venir te réinstaller ou alors tu te planques dans le garage.
Ouais, bon, couine Souricette, merci les copains, à la revoyure.

Et tandis que la rescapée file se mettre à l'abri, les deux amis se font un clin d'oeil, la BSS (Brigade de Sauvetage des Souris) a encore rempli sa mission avec brio.

Bon, là c'est de ma propre expérience dont je me suis inspirée. Lorsque j'étais enfant, Poussy notre chatte ramenait des souris vivantes à la maison (pour que nous apprenions à chasser bien sûr), donc la BSS c'était moi et je peux vous dire que j'en ai sauvé des souris.

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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 09:02

Pour le moment Nat de "Papier Libre" a d'autres occupations alors en attendant son retour, j'ai repris une de ces anciennes consignes écrire un texte comprenant les mots train, début de matinée, Armande, Lac d'Annecy, tableau. Voili, voilà

Dans le train, en ce début de matinée, Armande somnole.

Bientôt elle arrivera à Annecy où elle doit passer un entretien d'embauche dans une agence de voyages. Si tout se passe bien elle espère pouvoir commencer une nouvelle vie, peut-être trouver un nouvel amour.


Le train arrive en gare.

Elle a encore beaucoup de temps devant elle avant son rendez-vous, aussi décide-t-elle de faire un peu de tourisme, après tout çela peut même lui servir pour son futur entretien, s'intéresser à sa future ville ne peut-être qu'un bon point, non ?


La voilà donc qui déambule de par la vieille ville, admirant église, arcades, échoppes.

Tout à coup, elle s'arrête devant la devanture d'une galerie d'art qui présente un artiste "spécialisé" dans des peintures du Lac d'Annecy. D'une oreille distraite elle entend l'église toute proche sonner les 10 heures.


Elle jette un coup d'oeil sur l'enseigne et sans savoir pourquoi, Armande est attirée.

Elle franchit la porte de la galerie et se trouve immergée dans un monde de tableaux étranges.

Tous montrent le Lac à diverses époques de l'année, sous divers angles.

Ils sont beaux, presque photographiques, mais ils sont également, comment dire, dérangeants, voilà c'est ça dérangeants. Pourquoi cette impression étrange se demande-t-elle ?


Personne dans la galerie, pas un client, pas même le galeriste, bizarre mais après tout celà lui permettra de mieux admirer les oeuvres sans être dérangée.

Elle s'approche du premier, voilà c'est ça alors que de loin tous ces tableaux semblent vides de toute présence, concentrés uniquement sur le paysage, de près, de très près, on s'aperçoit qu'il y a des personnages, mais bien peu. Ici, un couple de personnes âgées, l'homme un parapluie fermé à la main, la femme qui le regarde avec un air interrogateur, plus loin une fillette blonde accroupie près du rivage, son pouce dans la bouche et un minois terrifié, ailleurs encore un jeune homme tenant à la main un skate board (que peut-il bien faire ici avec un skate s'interroge Armande), il a l'air de regarder autour de lui d'un air égaré.

Oui, l'impression de malaise vient bien de ces personnages comme égarés, perdus dans ce paysage si familier.

Armande s'approche du dernier tableau de la série.

Derrière elle, un rideau qui sépare la galerie, d'une arrière-salle bouge légèrement mais elle ne s'aperçoit de rien.

Elle s'approche encore, fouille du regard ce tableau. Tiens, c'est drôle le temps et l'heure de la journée représentés ressemblent à s'y méprendre à ceux qui règnent dehors.


Elle s'approche encore plus, rien, pas un seul personnage dans cette représentation-ci.

Armande a beau scruter le paysage, elle ne voit personne.

A son corps défendant, elle s'avance encore, presque à toucher la toile.

Et là, ça la prend, une impression de vertige, de tunnel qui s'ouvre devant elle, un bref balancement et il lui semble qu'elle tombe en avant. Puis, plus rien pendant quelques instants, Armande a perdu connaissance.


Un vent léger sur son visage, un bruit discret de clapotis, la tire de son inconscience.

Que fait-elle là ? Elle ne se souvient plus d'être partie de la galerie. Pourquoi ce malaise, qui l'a amenée ici ? Mon Dieu, quelle heure est-il ? Vite un coup d'oeil sur sa montre ! Ouf, il n'est que 10 h 10 ! 10 h 10 ? Mais c'est le temps qu'elle a passé dans la galerie avant de s'évanouir, comment peut-elle être arrivée au bord du Lac ?


Elle lève les yeux et affolée elle voit devant elle deux yeux verts comme des émeraudes, des yeux sans pupille qui la fixent, deux yeux au milieu d'un visage gigantesque, deux yeux et une bouche souriante, mais un sourire froid et visqueux, une bouche qui murmure "Bienvenue dans ta nouvelle vie Armande".

Alors Armande se prend le visage entre les mains, sa bouche s'ouvre dans un cri muet comme celui du tableau d'Edvard Munch. Lui reviennent à l'esprit le nom de l'exposition et celui de l'artiste qu'elle croyait ne pas avoir retenus "Renaissances" artiste invité "Dorian Gray"

Cézanne Paul - Lac d'Annecy

Lac d'annecy par Paul Cezanne 

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 00:29
Un peu bizarre peut-être ce message, mais j'avais envie d'écrire des mots, des mots qui me font rêver, qui m'amusent, des mots juste pour leur musique et éventuellement les images qu'ils évoquent. A vous d'ajouter les vôtres.
Ouagadougou                  Ghardaïa                        Bosnie Herzégovine
Titi caca                         Popocatépetl                  Kilimandjaro
Dardanelles                    Mistigri                          Cheshire
Carthage                         Byzance                         Ouistiti
Pomelos                          Matriochka                     Raminagrobis
Trotte menu                    Corfou                           Bimbeloterie
Clepsydre                       Astrolabe                       Carabas
Toccata                          Zimbabwe                      Barzoï
Méli-mélo                       Capharnaüm                    Botswana
Kalahari                         Marmouset                      Séraphin
Alchimie                         Sphinx                           Sylphide
Jivaro                            Blues                              Taras Boulba
Farewell                        Chianti                            Balalaïka
Galadriel                       Bayou                              Banania
Couette                          Fandango                        Borodino
Bilbao                            Syracuse                         Nightwish
Ariel                              Midnight                         Tizi-ouzou
Yokohama                      Charivari                         Samarkand
Ispahan                         Séraphin                         Caramba
Arwen                           Altaïr                              Beltégeuse
Tolkien                          Mykérinos                       Sémiramis
Mélusine                        Ténébrosa                      Persépolis
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12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 00:07

Ca y est je suis accro, j'ai encore pondu un texte pour le blog Papier libre.
Le voici, le voilà

Consigne 12 :
La vie n’est pas sans risque n’est-ce pas ? Nous tremblons tous !
Alors quels sont vos monstres ? Où se dissimulent-ils ? Faut-il les chasser ou bien les apprivoiser ?
Je vous propose d’écrire un texte partant d’une peur d’enfance ou bien d’une phobie qui ne vous lâche pas ou alors inventez vous une frayeur, un cauchemar !…insistez sur l’horreur que vous ressentez, dramatisez, exagérez !
Dans votre texte apparaitra la phrase suivante que vous conjuguerez à votre guise :
« Je me couchai ensuite et je tombai dans un de mes sommeils épouvantables, dont je fus tiré au bout de deux heures environ par une secousse plus affreuse encore. »(Extrait du Horla de Maupassant)

Wolfen
Mais pourquoi me suis-je entêtée à continuer à ma lecture ? Près du feu de bois, je suis prise dans l’intrigue de ce livre d’horreur, mais voilà que la nuit tombant, les ruses de ces bêtes à l’esprit humain, de ces loups-garous, pour piéger leurs proies commencent à me faire gamberger, à éveiller des peurs d’enfant enfouies.
Et pourquoi pas ?
Pourquoi nos villes ne cacheraient-elles pas dans leur ventre, ces prédateurs sans pitié et rusés comme des diables ?
Non décidément cette évocation, oh combien réaliste, de cris de nouveaux-nés, ce cri qui sait si bien éveiller en nous nos instincts de protecteur et qui nous conduit dans la gueule du monstre, sera la dernière chose que je lirai de ce livre.
L’angoisse est trop forte, le « pourquoi pas » tourne encore et encore dans ma tête.
Je ferme le livre, je l’enferme dans la bibliothèque pour que ces démons n’en sortent pas. Je dis au revoir à mes parents, reprends ma voiture pour rentrer chez moi.
Il fait nuit.
La ville déjà est presque morte …
… Mais là sur le trottoir déambulant comme un seigneur dans son fief, je croise ce qui me semble, encore plongée malgré moi dans ma lecture, un immense chien noir.
Et s’ils existaient vraiment ?
Vite ma main se pose sur la fermeture de la porte de la voiture et le cœur battant la chamade, surveillant du coin de l’œil cet immense animal, j’attends que le feu passe au vert.
Vite, vite, rentrer chez moi, mettre ma voiture au garage, sursautant au moindre bruissement du vent.
Vite, vite, vite, monter mes 3 étages, fouiller d’une main fébrile dans mon sac, sortir mes clefs, ne plus savoir laquelle ouvre la porte, la trouver enfin, la poitrine prise dans un étau.
Vite, vite, vite, vite, refermer enfin cette porte sur les terreurs de la nuit, allumer toutes mes lumières et comme l’enfant que j’ai été et qui avait peur du monstre tapi sous le lit, me sentir ridicule mais jeter quand même un coup d’œil dans toutes les cachettes possibles de l’appartement. Fanfaronner en me disant « mais ça ne va pas la tête ma fille, c’est un livre, rien que de la fiction ».
Enfin, après m’être astreinte à toutes les petits riens du soir, se doucher, manger, s’emmitoufler dans un pyjama douillet, après avoir vérifié plusieurs fois que tout est bien fermé, je me couche ensuite et je tombe dans un de mes sommeils épouvantables, dont je suis tirée au bout de deux heures environ par une secousse plus affreuse encore.
Ils sont là tapis dans ma chambre, je n’ose allumer ma lumière si je le fais, ils vont me sauter dessus, n’est-ce pas une ombre plus sombre que les autres que je vois là dans le coin de la chambre ?
Tant pis, je risque le coup je sors prudemment ma main de sous la couette et, le cœur au bord des lèvres, j’allume ma lumière.
Eblouie, je cligne des yeux, sont-ils là ?
Rien, il n’y a rien, le soulagement n’envahit, mais je n’arriverai pas à me rendormir, je n’oserai même pas essayer de me rendormir.
Nuit après nuit, pendant 15 jours, m’abrutir de lecture pour tomber d’épuisement, les yeux brûlants, lumière allumée, dans un sommeil chaotique et fiévreux.
Et enfin, enfin, une nuit bénie après avoir lu et relu mes collections de Boule et Bill et de Gaston Lagaffe, livres d’enfant merveilleux dont la joie et la douceur ont, comme un bouclier de contes de fées, repoussé mes terreurs d’adulte, enfin sombrer dans un sommeil réparateur sans cauchemar.
Non, je n’ai rien inventé, ce grand chien noir je l’ai bien rencontré, cette terreur éveillée je l’ai bien vécue après la lecture d’une partie du livre de Whitley Strieber « Wolfen ». Même encore maintenant plus de 20 ans après, je ne peux penser à ce livre sans un frisson « Et si… »
http://www.amazon.fr/Wolfen-dieu-diable-Whitley-Strieber/dp/2277213152

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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 07:34

Aril m'a fait découvrir un atelier de lecture et j'ai eu envie d'essayer.

Nat d' http://papierlibre.over-blog.net/  proposait la consigne suivante :
"Pour cette consigne, je vous propose d’écrire un texte à propos du livre qui vous a le plus marqué. Vous ne mettrez pas en avant la critique du livre mais plutôt les émotions, les troubles, les sentiments que vous avez perçus à sa lecture et les leçons (pourquoi pas) que vous en avez tirées. L'aventure vous tente ?"

Voilà donc le texte que j'ai pondu. Sympa comme tout comme expérience, à renouveler si un autre thème me tente.

Au collège, en anglais nous avions eu à traduire le texte d'un certain Gerald Durrell. Je ne le connaissais pas encore ce cher Gerry, mais son récit m'a tellement amusée qu'à la première occasion j'ai emprunté son livre à la bibliothèque.
Et là, j'ai découvert une nouvelle famille avec une mère un peu fofolle mais au cœur grand ouvert, deux grands frères, Larry pincé et "so british", Leslie le chasseur, une grande sœur marchant sur les traces de sa mère et dotée d'un cœur d'artichaut, Roger le chien et Gerry un délicieux petit frère au yeux grands ouverts sur le monde animal.
J'ai embarqué avec cette famille d'anglais loufoques, je me suis installée sur l'île de Corfou avec eux et je ne l'ai jamais regretté une seule seconde.
Grâce à Gerry, j'ai non seulement vu, mais aussi entendu et senti des merveilles.
Mon jeune frère était un mordu d'animaux. Avec lui j'ai essayé de faire entrer en fraude à la maison des bébés scorpions et leur mère dans une boite d'allumettes, découvert la vie cachée au cœur d'une rose ou dans un mur, veillé avec lui sur une couvée de perce-oreilles, offert des raisins à Achille la tortue, frissonné en songeant au destin de Cicely la mante-religieuse, chouchouté Géronimo le gecko.
Il m'a fait rire de ses bêtises (toujours bien attentionnées) et m'émerveiller de la beauté de la nature.
Il m'a aussi fait découvrir des personnages haut en couleur comme l'homme aux scarabées et le Docteur Théodore sans pareil pour raconter les péripéties de la vie des habitants de l'île.
Avec lui, j'ai pris un bain de bonheur et d'humour.
Et puis, à la fin du livre il a fallu se quitter, moi j'ai repris ma vie de collégienne mais avec la tête remplie du soleil et du bruissement de la vie de Corfou, de la tendresse des habitants de cette île bénie et des facéties parfois involontaires de ma famille d'adoption.
Lui, il avait déjà grandi et il était devenu ce que, si jeune, il avait décidé un naturaliste doublé d'un homme de cœur et d'un merveilleux écrivain capable de créer une atmosphère en une ligne de texte.
Moi de mon côté j'ai pris de l'âge aussi, mais régulièrement je retombe en enfance et je retourne me plonger dans les féeries de l'île de Corfou. D'ailleurs, mon pauvre livre est presque réduit à l'état de kit, mais qu'importe, les mots qu'il contient ont toujours le pouvoir de faire naître le soleil dans mon âme et les rires qu'il déclenche sont toujours aussi sincères qu'à la première lecture. Son pouvoir sur moi reste inchangé au fil des années et je n'ai qu'un souhait que de nombreux autres adolescents et adultes profitent aussi des bienfaits de l'écriture de Gerry.

Féeries dans l'île de Gerald Durrell 1ère édition 1956
Réédité en janvier 2007 sous le titre d'origine "Ma famille et autres animaux" 

Et pour ceux qui veulent en connaître plus sur ce merveilleux écrivain et humaniste, quelques pistes à suivre.

Bien sûr il n'y a pas que ce livre, il en a écrit d'autres dans lesquels il décrit les premières captures pour le zoo (Un zoo dans mes bagages) et son installation avec sa ménagerie à Jersey (Un zoo dans ma maison).
http://www.leszoosdanslemonde.com/html/collection/europe/royaume_uni/trinity.htm

Grâce à lui des espèces en voie de disparition se reproduisent en captivité et pourront être réintroduits dans leur habitat d'origine, parce que son zoo établi sur l'île de Jersey est avant tout un lieu d'accueil pour les animaux, un sanctuaire de la vie sauvage.  J'ai eu le bonheur de le visiter et j
'ai notamment vu des petits singes hauts d'une douzaine de centimètres que les anglais appellent des marmousets (nous des ouistitis) absolument adorables tant par leur aspect que par ce nom délicieux qui évoque de petits lutins ce qu'ils sont.
http://www.leszoosdanslemonde.com/html/zoo_monde/europe/zoo_royaume_uni/jersey/jersey.htm

Il s'est également lancé dans des histoires complètement loufoques (hélas on ne trouve plus le super "Mon amie Rosy" où le narrateur se retrouve à hériter d'une éléphante et doit traverser une partie de l'Angleterre avec elle, ou "Pique-nique et autres charivaris", d'autres histoires de famille http://www.ratsdebiblio.net/durrellgerald.html

Mais cherchez dans les bibliothéques peut-être aurez vous le bonheur de tomber sur un de ses livres.
 

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