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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 00:18

 Une autre rediffusion de juin 2008


Je sors du garage avec une épouvantable migraine.

Elle vient de me prendre comme ça à l'approche de la maison. Je réussis tant bien que mal à m'extraire de la voiture. Bon sang que c'est douloureux.

Tout-à-coup, un horrible soupçon surgit.

Il est tôt, je rentre plus tôt que d'habitude.

Il faut que j'en aie le cœur net. J'arrive à glisser ma clef dans la porte sans faire trop de bruit. Plus ou moins à tâtons, tellement ma tête me lance, je me dirige vers l'escalier et je monte.

Un rire dans mon bureau. C'est bien ça ! J'ai trouvé la source de ma douleur. Je glisse ma main dans mon sac et en sors trois accessoires. J'ouvre la porte à la volée, le bruit se répercute dans ma pauvre tête. Mes enfants me dévisagent pris de panique.

Je brandis les deux poupées à leur effigie et commence à leur mettre des coups sur les fesses avec la petite badine qui ne quitte jamais mon sac. Ils se mettent à pleurer, ils lâchent ma poupée qui s'orne d'une superbe aiguille au milieu du front. Je m'en empare, en extirpe la pointe et aussitôt mon mal de tête disparaît.

"Filez dans vos chambres et que je ne vous entende plus de toute la soirée".

Reniflant après la volée qu'ils viennent de prendre, mes deux petits sorciers filent à toute vitesse. Dès qu'ils sont partis je ne peux m'empêcher de rire, petits galapiats d'amour va ! Voilà deux envoûteurs qui promettent pour l'avenir. Quant à moi, j'ai intérêt à mieux planquer ma poupée vaudou personnelle si je ne veux pas qu'ils soient tentés de recommencer.

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 00:33

La suite de Brocéliande sur un tableau de Joëlle intitulé "Légendes célestes". J'ai encore un dernier tableau sous la main, mais il va falloir attendre un peu pour le texte.




Depuis que sa prison d'air s'est évanouie, Merlin erre dans le vaste monde.

Il découvre des merveilles.

Il découvre des horreurs.

Mais surtout il cherche des traces de magie.

Il se sent si seul.

Serait-il le dernier être magique à marcher sur cette planète ?

Pourtant, parfois, il lui semble déceler une étincelle de magie dans le sourire d'un enfant, dans la beauté d'un coin de nature, dans une musique.

En dépit de ses efforts, de sa quête incessante, de ses espoirs jusqu'à maintenant il n'a pu saisir la moindre parcelle de l'aura de Viviane.

A-t-elle donc disparu ?

Non, il ne veut pas le croire.

Alors malgré ses forces qui commencent à le quitter, malgré le désespoir qui peu à peu l'envahit, courbé sur son bâton de magicien il continue sa marche harassante.

Et ce matin il vient d'arriver au bout du monde.

Sous un ciel flamboyant, il s'arrête au bord d'un gouffre vertigineux qu'enjambe une frêle passerelle de bois.

Il sait que s'il franchit ce pont il quittera à jamais le monde des hommes, mais celui-ci n'a plus vraiment besoin de lui mais il perdra aussi à jamais l'espoir de retrouver celle qu'il porte dans son cœur.

Tout à coup de l'autre côté du précipice monte un chant qui remue son âme.

C'est cette musique qui émanait d'elle et qui l'a séduit, le conduisant prisonnier volontaire à la geôle qui fut la sienne pendant plus d'un millénaire.

Et brusquement il discerne dans le brouillard une silhouette, sa silhouette tant cherchée, tant désirée.

Il tend les mains prêt à saisir le chant.

Un doux rire musical monte de l'autre côté l'abîme.

"Viens, Merlin, viens mon cœur rejoins-moi"

C'est elle, elle, Viviane, amour et traîtresse.

Pour la rejoindre il va devoir emprunter cette délicate passerelle qui tangue dans le vent venu de profondeurs insondables.

S'il tombe, il chutera pour l'éternité, rien ne viendra arrête son supplice.

Oui, elle l'a déjà trahi, mais pourtant, d'un pas ferme Merlin s'avance et sans un regard en arrière, il s'engage sur le pont qui fléchit sous son poids, tout son être tendu vers cette forme faite de musique qui l'attend, peut-être, au bout de ce dernier voyage.

 

 

 

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 00:29
Je vous remets un petit texte qui m'a été inspiré par l'un des superbes tableaux de Joëlle. Demain la suite.



Depuis quelques temps il lui semble que le brouillard dans lequel il erre depuis un millier d'années commence à s'éclaircir.

Au-delà de la paroi, les marches qui l'ont conduit à sa prison puis ont disparues commencent à s'iriser.

Lorsqu'il appuie sur la membrane vibrante qui l'entoure, il la sent qui épouse sa main, mais il est encore trop faible pour pouvoir passer au travers.

Les jours passent, mais il n'est plus à quelques journées près, lui qui attend depuis si longtemps.

Jour après jour, le paysage au-delà du mur scintillant se précise.

Les marches colorées brillent de plus en plus, un peu plus loin il commence à distinguer les grands arbres qu'il a tant aimé.

Parfois des promeneurs passent, il les entend qui parlent, rient, parlent de lui, mais pourtant aucun ne semble le voir, sauf de temps en temps un petit enfant ou un chien qui s'arrête en haut des marches et le regarde comme on regarde un rêve.

Il sait que sa libération est proche. Il en est à la fois heureux, sentir à nouveau l'air vivre autour de lui, et malheureux, si sa prison se délite cela veut aussi dire que son aimée est faible, peut-être même a-t-elle disparu. Elle l'a trahi, mais il ne peut empêcher son cœur de battre un peu plus vite quand il pense à elle.

Enfin, un jour d'automne ruisselant d'or, d'ambre et de lumière, il s'approche à nouveau du mur de sa prison.

Il applique ses mains dessus et appuie de plus en plus fort.

Dans un scintillement et un souffle il voit ses mains, puis ses bras passer au travers.

Plus de doute, le jour est venu.

Il respire un grand coup et avance résolument d'un pas, puis de deux, il a l'impression de passer au travers d'un brouillard qui lui caresse le visage, il entend des voix, des cris qui viennent de loin assaillir ses oreilles, mille senteurs envahissent son nez, des images de gloire, d'amour et de destruction l'agressent.

Enfin, comme un nouveau-né, il émerge de ce placenta qui le gardait prisonnier.

Devant lui les marches semblent l'appeler.

Il commence à gravir l'escalier iridescent.

Ca y est il est dehors. Le rire de son aimée l'entoure.

Malgré le mal qu'elle lui a fait il va partir à sa recherche.

Mais, dès ses premiers pas, il le sent, le ressent, la magie a presque entièrement disparu de ce monde.

Est-il revenu à temps ?

Il se retourne vers ce qui fut sa prison et son havre pendant si longtemps, les marches déjà s'estompent, la forêt reprend ses droits.

Alors, Merlin fait à nouveau face à son destin et s'enfonce sous les frondaisons de Brocéliande.

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 00:14

Rediffusion de fin 2008

Il se sent bien fatigué ce matin Saint Matthieu (NDLR : Pour bien comprendre la suite de l'histoire et pour les ignorants en hagiographie, sachez que Saint Matthieu est le saint patron des comptables, des banquiers et des changeurs). Il faut dire q'uil vient de consulter le planning et il a un sacré boulot qui l'attend aujourd'hui.

Il entasse sur son diable (NDLR : Je n'y suis pour rien si ça s'appelle comme ça) les dossiers du jour et se dirige en soupirant vers son bureau.

Il s'installe au milieu de son capharnaüm (NDLR : C'est au poste de douane de Capharnaüm que Matthieu exerçait son boulot et c'est là que Jésus l'a recruté. Et si ce mot désigne aussi un gros bazar c'est qu'il doit y avoir une raison), il allume son ordinateur, se branche sur sa session et appuie sur le bouton d'appel des clients.

Le panneau d'affichage de la salle d'attente indique "n° 53 bureau SM" (NDLR : Non pas pour sado-maso, mais pour Saint Matthieu faut tout vous expliquer).

Arrive une pétillante vieille dame, elle présente ses papiers et décroche à Saint Matthieu un sourire radieux bien qu'édenté.

"Alors voyons : un mari mort à la guerre, a élevé seule ses 4 enfants, n'a jamais baissé les bras, à la retraite a fait du bénévolat. Bon, quelques petits larcins dans les magasins pour nourrir ses enfants, on ne va pas chicaner pour ça. Allez sur 100 je vous donne 90, voilà votre ticket pour l'entrée au Paradis, suivez les flèches dorées marquées au sol".

Remerciements émus de la première cliente.

Ensuite trois cas pas au top, de la lâcheté, de l'égoïsme, tout ça ce sont des points en moins et avec seulement 50 points un petit stage au purgatoire ne sera pas superflu.

"n° 1007" (NDLR : Eh oui, déjà faut pas croire ça dépote là-haut, même s'ils ont l'éternité devant eux).

Arrive un homme un peu rondouillard et une bonne bouille, il présente ses papiers.

Saint Matthieu épluche "Eh dites, il manque la fiche de l'année 1942, pas normal ça !"

Le monsieur pâlit un peu.

"Bon je contrôle sur ma base de données. Oh, oh, 1942 rafle du Vel d'hiv. Dites, non seulement vous avez raflé, mais vous avez drôlement fouillé pour que personne ne vous échappe. Désolé mais là vous perdez 80 points d'un coup".

"Mais" balbutie le monsieur "j'ai fait un bon mariage, j'ai bien éduqué mes enfants".

"Exact c'est par ça qu'il vous reste 20 points, mais les objets volés aux juifs et les enfants envoyés au massacre, ça se paye".

"Pourtant je n'ai pas été le seul à les emballer, et puis c'était les ordres, et j'ai vu que vous aviez laissé passer un collègue".

"Oui, mais lui il s'est arrangé pour laisser filer des enfants, ça lui a valu des points en plus. Désolé en ce qui vous concerne c'est le ticket direct pour les pays chauds".

Saint Matthieu appuie sur un bouton et une trappe s'ouvre sous les pieds du bonhomme.

"Chaud devant" rigole Saint Matthieu "amusez-vous bien avec celui-là".

"Merci Matt" lui répond-on.

Débarque ensuite une femme adultère qui n'en mène pas large.

"Je sais, je sais, je n'aurais pas du tromper mon mari".

"Bof, il vous délaissait et puis vos amants vous les choisissiez par amour. Vous savez ça, Jésus il apprécie et n'oubliez pas que Marie Madeleine est une bonne copine. Pour le reste on dira passable 60 points ça passe juste".

"Et mon mari ?" s'inquiète la dame "il a eu des maîtresses aussi, il est passé alors ?"

"Ah lui, non direct au sous-sol".

"Mais pourquoi ? Il a fait comme moi".

"Si on veut, mais lui pas d'amour là-dedans et des pratiques franchement ignobles notamment avec des enfants, alors ça n'a pas fait un pli, il est parti bronzer et comme en plus il vous maltraitait, ça lui a fait un paquet de points en moins".

Ensuite une petite pause autour de la machine à café où les Saintes et les Saints échangent potins et souvenirs.

"La tête à Torquemada quant on l'a envoyé se faire rôtir, trop drôle".

"Et Simon de Monfort quant il a croisé en descendant les Cathares qui montaient à mourir de rire".

Ils taillent aussi des bavettes avec les confrères des autres religions.

"Vous devez avoir du boulot avec tous ces attentats !"

"M'en parlez pas, ces sacrés fanatiques croient se retrouver nez à nez, enfin je me comprends, avec des houris et zou direct avec vos dingues à vous à la trappe. Et vous avec la crise financière pas trop de banquiers ?"

"Tu parles, on est plus en 1929, ils filent avec des parachutes dorés plutôt qu'avec une balle dans la tête, mais on les attend au virage".

Et la journée reprend.

Saint Matthieu voit passer un douanier. Bon, il n'est pas blanc-bleu, limite des 49, mais comme c'est un collègue il lui accorde un point de plus assorti quand même d'un long passage au purgatoire, on a ses faiblesses mais faut quand même pas exagérer.

Il accueille ensuite un jeune homme décédé suite à une longue maladie qui râle qu'il n'a pas fait tout ce qu'il voulait sur terre.

"Vous savez vous pouvez aller directement là-haut. Vous prenez un risque en redescendant".

Mais non, le jeune homme est prêt à tenter le coup.

Saint Matthieu l'adresse donc au chef de service Saint Pierre qui est seul habilité à traiter les cas complexes de réincarnation.

Et voilà des prêtres.

Celui-là a passé sa vie à se reprocher ses fantasmes vis-à-vis de ses belles paroissiennes, à s'infliger pénitence sur pénitence et à se venger sur ses ouailles en oubliant la simple charité. 25 malheureux points pour ses jeunes années et ouverture de la trappe.

Celui-ci en revanche, bien qu'ayant vécu dans le "péché" avec une femme a fait rayonner la joie et le bonheur autour de lui, 98 points et direct chez Saint Pierre pour des félicitations.

Le gros spéculateur mort sur un matelas de billet en laissant derrière lui malheur et désolation essaye bien d'acheter notre Saint Matthieu, mais inflexible il lui attribue zéro et direction le barbecue.

Cette femme malheureuse qui avoue avoir euthanasié son enfant qui souffrait, est consolée et envoyée par l'ascenseur express rejoindre celui qui lui a tant manqué.

La journée se termine enfin. Les chiffres de toutes ces vies qu'il a vu défiler jouent la sarabande dans la tête de Saint Matthieu.

"Mais quand comprendront-ils qu'un peu d'amour fait gagner un maximum de points et qu'on se fiche de presque tout le reste" se dit-il désabusé. Il baille, éteint son ordinateur et s'en va goûter un repos bien mérité dans son NLH (NDLR : Nuage à Loyer Modéré, mais vous aviez deviné), mais peut-être avant une petite sortie avec les collègues pour se boire un petit coup d'hydromel au bar du coin.

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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 00:34

Une rediffusion de 2008. Ames sensibles s'abstenir.

L'homme marche à grands pas, écrasant les feuilles sous ses pieds. Pourtant, il se déplace presque sans bruit, tel un grand prédateur.

Son visage serait beau s'il n'arborait pas une mâchoire crispée et des traits furieux.

C'est l'aube, il avance dans la forêt, son fusil serré entre ses mains. Il n'a qu'une idée en tête, toujours la même, tuer, tuer, faire mal, faire le Mal.

Tout à coup dans le silence des arbres, il lui semble entendre une cavalcade. Là, oui, là, un peu plus loin dans la légère brume qui stagne encore entre les arbres, il perçoit le silhouette d'un cerf suivi d'une biche et de son faon. Il s'arrête net, épaule et vise le petit, heureux déjà à la perspective de détruire une jeune vie.

Mais dans le viseur plus rien.

Il maugrée, aurait-il eu une hallucination ?

Serrant encore plus fort les mâchoires, les sourcils froncés, il s'enfonce plus loin dans la forêt.

Tuer, tuer encore et encore, c'est là son credo. Tirer sur les cervidés, tirer sur les lièvres, tirer sur les faisans et quand la saison de la chasse est terminée, braconner, tirer ou écraser les chats, les chiens où n'importe quelle sale bestiole qui croise son chemin.

Et imaginer les maîtres de ces malheureux animaux se lamenter, fantasmer sur les pleurs des enfants privés de leurs compagnons, savoir que derrière lui il laisse une traînée de souffrances humaine et animale lui fait du bien, c'est pour lui une jouissance sans limite.

Un sourire glacé nait sur ses lèvres au souvenir de ses exactions, au souvenir des corps pantelants et sanglants qui jonchent son chemin.

Un jour peut-être, rêve-t-il, il s'attaquera à la proie suprême, une jeune fille pleine de vie et de joie qu'il croise parfois.

Pris dans ses évocations, il ne s'aperçoit pas qu'il n'a pas emprunté le chemin habituel. Ici le bois se fait plus sombre, bruissant de mille voix. La brume s'élance à l'assaut des arbres.

Lorsque, enfin, il reprend pied dans la réalité, il se trouve à quelques pas d'une chaumière qui se tapit au milieu des ronces.

Tout autour de lui, ce n'est plus que geignements, aboiements, miaulements, sifflements plaintifs.

Agacé, puis vaguement effrayé par ces sons qui l'assaillent, il tourne le dos à la maisonnette et regarde autour de lui.

Et là, il les voit, ils s'approchent de lui de toutes parts à pas feutrés, leurs blessures saignantes, leurs gueules pleines de gémissements, ils sont comme évanescents.

Comment cela se peut-il ? Il lui semble reconnaître, mais c'est impossible, toutes les victimes qui ont jalonné sa route de tueur impitoyable, animaux sauvages, animaux domestiques, les yeux brillant de haine, s'approchent de lui.

Il se met à tirer n'importe comment, rechargeant encore et encore son instrument de mort.

Mais en face de lui les victimes devenues vengeresses le cernent.

En désespoir de cause, les insultes à la bouche, il se rue dans la cabane, coince la porte comme il le peut et se réfugie dans un coin, tremblant comme ce faon qu'il avait acculé, pleurant de détresse comme ces chats et ces chiens torturés par plaisir.

A l'extérieur, les cris des animaux viennent en vagues successives se heurter aux murs de la masure, les corps se frottent contre la porte, les volets, une odeur de sang plane dans l'air.

La journée passe ainsi, il ne sait plus qui il est, plus ce qu'il fait, ce qu'il doit faire.

Et brusquement c'est le noir, il s'évanouit de peur, lui le cruel chasseur.

La nuit est tombée quand il revient à lui.

Il n'entend plus rien !

Ses agresseurs semblent être partis.

Alors, il se redresse, un grand rire le secoue, il montre le poing et hurle "Je vais vous tuer tous !". Alors, une lueur embrase la petit maison, une voix désincarnée s'élève "Tu n'as rien compris, tans pis pour toi !".

Et la porte s'ouvre seule, et les animaux fantômes qui attendaient dehors se ruent à l'intérieur et ensevelissent leur tortionnaire sous leurs corps torturés, crocs, griffes, becs prêts à le déchiqueter.

Un hurlement sans fin s'échappe de sa gorge tandis qu'il succombe à l'assaut.

Quelques jours plus tard, des promeneurs égarés trouvent le corps du chasseur.

Mis à part son visage tordu par une peur sans nom, son cadavre ne présente aucune blessure.

Et tandis que les secours l'emmènent vers sa dernière demeure, de la chaumière s'élance vers l'azur du ciel une brume impalpable.

Peut-être que si les témoins regardaient mieux, ils pourraient distinguer au cœur de cette nuée les silhouetteshttp://www.mediapart.fr/files/chasseur.jpg joyeuses et apaisées des animaux guéris de leurs blessures.

Et là-bas, dans la plaine, une jeune fille respire à plein poumons, heureuse de se sentir vivante comme jamais auparavant. L'étrange poids qui accablait ses épaules depuis quelques temps vient de s'envoler.

Cette petite histoire était aussi un hommage au site "Les chats du Maquis" dont le refuge avait subi une attaque immonde d'un dingue de la gâchette. Une façon pour moi de rendre hommage aux petites victimes innocentes, justice malheureusement ne leur a pas rendue. Je la dédie également aux pauvres lévriers espagnols victimes eux aussi de la monstruosité humaine.

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 00:48

Une petite rediffusion d'un texte de fin 2007

 

L'écrivain est fatigué.

Depuis 3 heures, il s'escrime sur cette page blanche. D'ailleurs, il ne sait même pas d'où elle vient cette page. Il a l'habitude d'écrire dans un cahier. Elle est comme un défi. Pourra-t-il commencer une histoire sur ce morceau de papier volant ?

L'écrivain est épuisé.
Depuis 6 heures les idées tournent et tournent dans sa tête, mais aucune ne daigne glisser le long de son stylo pour s'inscrire sur cette feuille maudite qui le nargue.

L'écrivain est exténué.
Depuis 12 heures, sans trêve, il fixe cette feuille. Son univers se réduit à cette blancheur abyssale. Sa tête se vide.

 

L'écrivain n'existe plus.
Depuis 24 heures, il était tétanisé devant son bureau. Le médecin alerté par son épouse vient de lui faire une piqûre et l'ambulance attend pour l'emmener à l'hôpital.

Sur le bureau, la page blanche jubile, tout un roman vient de glisser du monde de l'écrivain dans le sien.
Il sera un succès de plus pour elle.
C'est si bon de vider le cerveau de ces êtres de l'autre côté du miroir et d'en faire des histoires.

 

Doucement la feuille blanche arrive à se glisser dans la mallette du médecin. Qui sait peut-être un nouveau http://alfabianco.blogspirit.com/photos/medium_710709.jpgsuccès à la clé ?

 

Ecrivains, attention, ne tombez pas dans le monde immaculé des pages blanches vampires.

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 00:16

Un ancien défi du Samedi : Objets inanimés avez vous donc une âme ... Vous connaissez ces vers de Lamartine. Les objets qui nous entourent pourraient raconter bien des histoires si nous voulions leur prêter attention. Les paroles, les souvenirs, les plaintes, les joies ... d'un ou de plusieurs de vos objets familiers.

 

Dans le lave-vaisselle un couteau et une fourchette taillent le bout de gras.

"Si tu savais ce que j'en ai marre de couper de la barbaque morte, d'étaler du beurre, de couper du pain !" s'exclame le couteau.

"Et moi, piquer dans la même bidoche, pelleter la purée ou les petits pois, ras le bol aussi" réplique la fourchette.

"Remarque des fois j'arrive à déraper quand je m'attaque au pain et là, paf je coupe autre chose que de l'inerte" soupire le couteau avec bonheur.

"Moi j'ai plus de mal, éventuellement quant elle fait la vaisselle à la main, j'arrive parfois à la piquer mais c'est pas évident" regrette la fourchette.

Les deux ustensiles restent un moment silencieux, jettent un coup d'œil autour d'eux, la vaisselle qui les entoure reste paisible et paraît ne pas s'occuper de leur conversation.

"Tu sais" reprend le couteau dans un murmure "parfois je rêve de trancher dans de la vraie chair vivante, de sentir le sang gicler sous mes dents, d'entendre autre chose qu'un petit ouille de rien du tout".

"Oh oui" réplique la fourchette "m'enfoncer dans un oeil, dans un sein tendre ou dans un ventre bedonnant, que ce serait bon !"

Toujours sur un mode confidentiel le couteau précise "J'ai entendu dire que certains d'entre nous, surtout les couteaux, arrivent à influencer, voire même à rendre fou celui qui le tient et ils se lancent dans des massacres délicieux. Ni vu, ni connu et c'est l'humain qui est accusé. Bien sûr après ils se retrouvent aussi enfermés dans des sacs mais quel moment de gloire quand même !"

"Arrête, tu me fais saliver !" soupire la fourchette.

Après un moment à soupirer de nostalgie ils se tournent l'un vers l'autre et s'exclament en chœur

"Et si on essayait ?"

Au même moment, une voix venue de nulle part retentit.

"Nous, grand dieu de la vaisselle, ne pouvons vous autoriser à dévier de votre rôle subalterne de petit découpeur et de petite piqueuse, nous nous voyons dans l'obligation de vous éradiquer avant que vous ne perpétriez l'impensable et nous mettiez tous en danger !"

Un grand silence s'empare du lave-vaisselle.

"Tiens" s'exclame l'humaine qui règne sur la cuisine en ouvrant son lave-vaisselle "Que s'est-il passé ? Mon http://www.linternaute.com/acheter/commerce-equitable/diaporama/images/couverts.jpgcouteau et ma fourchette préférés sont tout abîmés !"

Et elle sort un couteau édenté et une fourchette complètement tordue.

"Tant pis, direction la poubelle"

Amis humains faîtes attention au petit peuple de votre cuisine, sait-on jamais ce qui peut lui passer par la tête !

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 00:13

Un autre défi du samedi : Les petits bruits de la maison la nuit vous tiennent compagnie ... Rassurants ou bien inquiétants ? Racontez-nous.Veuillez glisser dans votre récit le mot DIPLODOCUS.

Bien nichée dans mon lit, j'écoute avant de m'endormir tous les petits bruits que murmure la maison et que l'on entend pas lorsqu'on est encore debout.

Le ronronnement lancinant de la VMC qui énerve d'abord avant de bercer, le brusque démarrage du moteur du réfrigérateur, les discrets craquements des meubles, le cliquettement de l'horloge de la cuisinière, les petits roucoulements de ma chatoune qui explore son territoire nocturne et qui discute avec ses compagnons rangés dans l'armoire à chats, les chuchotis de mes lutins de placards, le vrombissement d'Errol mon dragon miniature qui se dégourdit les ailes.

Bref, tous ces sons rassurants qui vous enveloppent comme dans un cocon et qui vous conduisent tout doucement vers le sommeil.

Mais cette nuit là, un bruit bizarre me réveille. Sur le moment je me retrouve les yeux grands ouverts, sur le qui-vive me demandant pourquoi le sommeil m'a si brutalement quittée.

Je n'entends pourtant rien sortant de l'ordinaire, alors qu'est ce qui m'a réveillée. Je cherche dans ma mémoire, un craquement, voilà je crois que c'est ça, un craquement.

Qu'est ce qui peut bien craquer ? Dans ma tête je passe les pièces en revue, je ne vois rien susceptible de tomber et de produire ce bruit. Ca ne vient pas non plus des combles.

Bon j'ai peut-être rêvé ou alors il s'agit de la branche d'un des arbres du jardin qui a décidé de vivre sa vie.

Je me détends à nouveau et me reniche dans mon creux de lit, prête à repartir dans mes rêves.

Et voilà, un nouveau craquement, cette fois-ci pas de doute je ne rêve pas, je dégage ma tête de l'oreiller et écoute de toutes mes oreilles, le bruit vient de l'entrée.

Quelqu'un tenterait-il d'entrer chez moi ? Un petit frisson me parcourt mais c'est stupide la porte est bien fermée.

Et encore une fois ce crac, suivi cette fois du miaulement indigné de ma minette qui déboule dans le couloir.

Pas de doute si ma chatte de garde le dit, il y a bien quelque chose de pas normal qui se passe.

Je ne vais quand même pas être moins courageuse que ma petite poilue que j'entends feuler devant la porte du couloir.

Je mets mes lunettes, attrape ma petite lampe de poche, l'allume et me lève avec précaution, ne faisons pas trop de bruit.

"Il se passe quoi" me demande Elfie mon lutin de placard

"Je n'en sais rien, je vais voir"

"Fais attention hein" répond-il, mais je constate que courageux, mais pas téméraire, il reste tranquillement niché dans mes pulls.

Je rejoins ma terreur poilue qui, toute hérissée, renifle sous la porte de l'entrée.

Figées l'une à côté de l'autre nous tendons l'oreille.

Plus de craquements semble-t-il, mais comme un drôle de pépiement.

Je respire un grand coup, écarte doucement mon fauve domestique et ouvre la porte et derrière que vois-je, un minuscule diplodocus pas plus gros qu'un poussin, tout encombré de son long cou et de sa queue démesurée et qui piaille comme un malheureux. J'ai juste le temps de l'attraper dans le creux de la main avant que ma panthère grise ne le croque.

Et là par terre j'aperçois les morceaux de cette superbe pierre que j'avais ramenée de ma promenade dans les bois de ce matin.

Mince, ce n'était pas une pierre mais un oeuf.

"Pip" fait la drôle de petite chose assise dans ma main et qui enroule sa queue autour de mes doigts "Pip".

Et flûte, ça mange quoi un diplodocus ?

Décidément ma maison devient de plus en plus folle, il va falloir que j'explique à ma Miss qu'elle a maintenant un bizarre petit frère (ou petite soeur), que mes lutins de placard fassent du diplo-sitting dans la journée, qu'Errol mon mini dragon s'occupe un peu d'éduquer son préhistorique cousin et que demain nous trouvions un prénom à notre nouvel ami.

Je ne peux m'empêcher de penser en allant me recoucher avec une chatte sous un bras, un diplodocus miniature sous l'autre, que la vie ne manque franchement pas d'imprévus.

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 00:20

Un Défi du Samedi nous avait demandé de nous pencher sur la syllabe LU. J'avais donc écumé le Petit Larousse que je remercie vivement de sa collaboration.


Bien chers amis.

Aujourd'hui je prends la liberté de vous faire une conférence sur la syllabe LU. J'attendais cette possibilité depuis belle lurette. Rien à voir, je le précise avec un éventuel sponsor fabricant de gâteaux. Non, avec l'aide de Monsieur Larousse je vous invite à me suivre dans le monde étonnant et fascinant de la LU. Mais laissez-moi d'abord m'installer à mon lutrin, chausser mes lunettes et allumer le luminaire mis à ma disposition.

Bien, alors voilà !

Sur le coup d'une lubie vous pourriez éventuellement faire preuve de lubricité et vous précipiter luxurieux, lubrifiant à la main, dans un lupanar pour vous goinfrer d'œufs de lumps. Joyeux luron revêtu de lurex, faites quand même attention à ne pas attraper un lumbago cela ferait désordre en rentrant lundi au bureau.

Vous pourriez aussi vous transformer en poète et ,au son du luth, regarder par la lucarne luire la lune dans le ciel tel le lumignon céleste qu'elle est. Vous en profiteriez pour admirer le vol des lucioles et essayer de deviner le passage d'êtres lucifuges tel le vampire lugubre.

Vous pourriez également, comme un charmant lulu, vous précipiter dans une ludothèque et entamer de folles parties de jeux avec un luxembourgeois, un lusitanien et un luthérien de passage. Evitez toutefois la lutte, nous ne voudrions pas que vous vous luxiez quelque chose et que vous vous arrachiez la luette à force de brailler.

Si vous être bucolique, embusquez-vous dans la luxuriante luzerne et épiez le charmant lutin en train de lutiner la minuscule lucilie tout en chevauchant un lucane bien lustré.

Plein d'entrain, vous avez aussi la possibilité de dévaler les pistes allongé sur une luge, qui lunatique, s'amusera à faire un triple lutz et à vous planter dans le premier tas de neige venu.

Enfin, méfiez-vous de Lucifer qui pourrait vous faire perdre votre lucidité en jouant avec votre esprit de lucre ou de luxure, vous seriez contraint pour retrouver la lumière de vous plonger dans des eaux lustrales.

Je pourrais encore vous parler de lucernaire, de luddisme, de luffa, de lumachelle, de luminisme, de http://www.marquee-hire.info/photo-gallery-images/wedding-buffet-table.jpgluminophore, de lunule, de lupin, de lupuline, de lupus, de lusin et autres lut, lux ou luzule.

Mais allons plutôt profiter du lunch luxueux qui nous est offert par notre lumineux hôte, j'ai nommé le ludique Défi du Samedi. Je vous remercie pour votre attention !

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 00:20

Il s'agissait de répondre à une demande simple de Défi du Samedi "Miroir"

 

"Bonjour. Tu sais que tu as une sale tête ce matin ? Mal dormi ou c'est juste une question d'âge ?"

Et ça y est c'est reparti pour un tour !

"Bonjour. Tu es trop aimable de me faire des compliments comme ça de si bonne heure, je n'ai pas l'habitude !"

"Mais je t'en prie, c'est la moindre des choses entre partenaires !"

Et ça continue comme ça toute la journée.

Au bureau "T'as encore une mine fatiguée, tu ne vas pas me dire que c'est parce que tu travailles trop ?"

Au restaurant "T'as trop mangé, bientôt tu vas déborder de tes fringues".

Dans la voiture "Tu pourrais faire un peu plus gaffe, t'as pensé à regarder dans le rétro ?"

Même dans la rue "Pas la peine de regarder ce pantalon, c'est pas dans tes moyens !"

Bref, à nouveau je me demande ce qui m'a pris d'entrer dans cette sacrée boutique. C'est vrai que vu de l'extérieur son petit côté mystérieux m'avait séduite, une vitrine au verre fumé qui empêchait de bien voir les objets exposés, et l'enseigne qui ne renseignait pas plus sur le contenu du magasin "Incroyable !" disait-elle.

Etant d'un naturel raisonnablement curieux, je n'ai pas pu m'empêcher de pousser la porte.

C'était un sacré bric à brac là-dedans. L'œil avait du mal à distinguer les marchandises.

Un mouvement attira mon attention, je m'avançai dans sa direction et je me retrouvai alors face à moi-même. J'avais devant moi un superbe miroir, une psyché en réalité.

Je m'approchai et souris à mon reflet. Puis bien sûr, je commençai à faire le singe devant, des grimaces, des mouvements saccadés, bref je retombai en enfance.

Et c'est là que j'aurais dû me méfier. Un détail, et pas des moindres, échappa à ce moment là à mon attention.

Le propriétaire de la boutique se matérialisa brusquement près de moi. Je sursautai en avisant ce drôle de petit bonhomme au sourire figé sur les lèvres.

Sans trop comprendre comment je me retrouvai l'heureuse détentrice de cette magnifique psyché et pour un prix défiant vraiment toute concurrence.

Je l'installai dans un coin de ma chambre et ne pus m'empêcher de recommencer à gesticuler. Et là ! Je remarquai enfin le détail qui "tuait" ! Pas d'effet miroir ! Je m'explique, en principe dans un miroir lorsque vous levez votre main gauche, celle juste en vis-à-vis de votre reflet se lève, mais là non ! Mon reflet avec un sourire goguenard leva la main opposée à la mienne.

Tous ses mouvements était la reproduction inversée et parfaite des miens.

Je sentis mon cœur se mettre à battre un peu trop vite, un peu trop fort.

Et je fus à deux doigts de m'évanouir quant une voix sortit de la psyché "Salut ! Comment va ? Satisfaite de votre achat incroyable ?"

Morte de frousse j'accrochai un drap sur la psyché et filai ventre à terre jusqu'au magasin pour avoir des explications.

Bien sûr, vous vous en doutez, plus rien si ce n'est quelques personnes regardant éperdument l'endroit où cette fichue échoppe aurait dû se tenir.

Bêtement, je pensai qu'en gardant le reflet caché je n'aurais plus de problème.

Grave erreur !

Maintenant mon propre reflet me traque et m'adresse la parole dans chaque surface réfléchissante que je croise et d'ailleurs par moment je me demande qui est le reflet de qui ?

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