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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 00:49

Suite à une proposition de Défi du Samedi, je vous mets mon texte et ensuite seulement le thème du-dit défi, à vous de voir si vous le trouvez.


Partie ce jour là pour une longue promenade, la jeune fille avait croisé, au détour d'une route, son regard noir et insondable.

Elle était restée un instant pétrifiée, perdue dans ce lac sombre. Puis secouant, la tête elle avait réussi à repartir, mais la balade était gâchée. Bien malgré elle, sans cesse ces yeux venaient s'imposer à elle.

Pendant plusieurs jours elle n'arrêta pas de penser au regard de cet homme étrange. Allait-elle oser retourner se promener là où elle l'avait croisé ?

Pas question, il fallait oublier.

Mais plus facile à dire qu'à faire, sans cesse le regard hypnotique apparaissait devant elle aux moments les plus divers.

Un lundi, elle ne vint pas au travail. Ses collègues ne s'inquiétèrent pas trop le premier jour, mais le second ils tentèrent de la joindre au téléphone. Pas de réponse. Le troisième, ils réussirent à contacter ses parents et ils apprirent la terrible nouvelle.

La jeune fille avait disparu pendant le week-end, laissant derrière elle son appartement ouvert. Rien ne semblait avoir été volé et il n'y avait pas trace de lutte. L'inquiétude de ses proches était à son comble et en dépit des efforts de la police, on ne retrouva pas traces d'elle.

Pas plus, d'ailleurs que celles d'autres personnes, jeunes, âgées, hommes ou femmes qui disparurent tout aussi mystérieusement dans les mois qui suivirent.

Pendant ce temps, la jeune femme s'était éveillée dans un espace noir et clos. A tâtons, elle voulu faire le tour de sa cellule. A peine un pas, elle ne pouvait que se tenir debout, sans pouvoir bouger.

Elle hurla, appela au secours, insulta celui qui la tenait enfermée. Mais rien. Pas un bruit, si ce n'est parfois le léger murmure d'une voiture qui passait non loin.

Elle n'avait plus aucune notion du temps, elle ne ressentait aucune envie, ni faim, ni soif, ni besoins naturels. Rien, si ce n'est parfois l'oubli provisoire dans un sommeil agité.

Puis, il lui sembla percevoir les cris et les pleurs d'autres personnes. Elle cria à son tour, mais la communication fut impossible.

Quelques temps passèrent encore et en se réveillant d'un de ses sommes pesants, elle perçu un changement dans son environnement. Devant elle, ce n'était plus de la pierre qu'elle sentait, mais une surface polie comme du verre. Un léger reflet de lumière arrivait jusqu'à sa geôle.

Et toujours, en fond sonore, le bruit des voitures, les cris et les pleurs.

Il y avait bien longtemps qu'elle ne cherchait plus à comprendre où elle était et qu'elle avait abandonné tout espoir de fuir, quand une lumière diffuse éclaira la cellule qui l'emprisonnait.

En face d'elle, elle distingua un homme, une autre femme et un enfant qui, comme elle, se tenaient debout et raides dans leur propre "boite". Leurs yeux hagards la détaillèrent.

Brusquement, dans le couloir qui les séparait passa une ombre, une ombre avec des grands yeux noirs immenses, des yeux qui les dévoraient plein de plaisir, admirant les visages, les corps de ses acquisitions.

Des yeux qui les caressaient, leur disait tout l'amour qu'ils portaient à sa magnifique collection. Et dans les yeux des prisonniers la dernière lueur d'espoir s'évanouit.

Tous se rappelèrent cet étrange tag qui, sur le bord de la route, les avait attirés, fascinés.

Ils comprenaient maintenant que cet être quel qu'il soit, les avaient pris dans sa toile comme une monstrueuse araignée et que jamais plus ils ne connaîtraient la liberté, sauf peut-être si le mur qui l'accueillait venait à être détruit !


Le thème était donc Collection. Et voici la photo qui est venue tout naturellement compléter ce texte. Elle a été prise lors d'une de mes promenades, je peux vous dire que ça fait drôle de se retrouver face à une image de ce style aussi grande que vous)

collectionneur

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 00:13

Je fais partie d'un atelier d'écriture et nous nous réunissons avec plaisir tous les quinze jours. Je viens de faire des photos qui devraient aller plutôt bien avec mon petit texte. Dans le cas de ce défi, il s'agissait de poursuivre l'histoire annoncée par la première phrase.

Un petit garçon accompagné d’une chouette errait dans le sous-bois.

Depuis le matin, il multipliait les ruses pour échapper à son poursuivant. Que lui voulait cet homme ? Il n’en savait rien.

A bien des reprises il pensa être pris, mais miraculeusement à chaque fois, il réussissait à éviter les mains telles des serres que l’homme tendaient pour le saisir.

Il savait que si celui-ci le touchait, il en mourrait.

Comment le savait-il ? Il aurait été bien en peine de l’expliquer !

Alors il courait, les branches fouettaient son visage, les ronces s’accrochaient à ses jambes, le vent entravait ses mouvements.

Lorsque le soleil se coucha, il tentait toujours de fuir, entendant derrière lui les pas lourds de l’homme écraser les branchages.

Au moment où la lune apparut, une chouette le fit sursauter en se mettant à voler derrière lui.

Elle paraissait l’encourager à la suivre. N’ayant plus rien à perdre, l’enfant s’engageât à la suite de l’oiseau.

Brusquement, au cœur du sous-bois, une clairière s’ouvrit devant eux.

cimetiere1

La pâle lueur de la lune éclaira un cimetière aux tombes de vieilles pierres rongées par les ans, aux croix de bois bancales, aux anges aux ailes brisées. Un Christ étrange veillait sur ce lieu désolé.

Christ

L’homme éclata de rire.

L’enfant affolé chercha à se cacher derrière un mausolée. La chouette l’aurait-elle trahie ? Etait-elle à la solde de son bourreau ?

L’oiseau se posa sur une stèle et se mit à parler.

« Chéri, réveille-toi ! Qu’as-tu à crier ainsi, tu fais un cauchemar ? »

L’enfant haletant leva les yeux vers sa mère, serrant contre son cœur une chouette en peluche tandis que glissait sur le sol un recueil des contes de Grimm.

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 00:28

Voilà le programme du Défi du Samedi "Menez-nous vers un cimetière dont vous détenez la clef qui en ouvre la grille, ou vers celui dont la carte d’accès déforme votre poche, voire vers un autre de légende : celui des amours mortes, des illusions, des éléphants, des ambitions... un autre... d’autres... Offrez-nous une balade, un séjour, une quête couronnée ou non de succès... »

Contrainte : Sur une des pierres tombales ou dans les plis d'un rêve, relevez une épitaphe que vous aimeriez voir gravée sur votre propre emplacement, donnez-la au moment que vous jugerez opportun.

Voilà mon petit coin à moi.


Ca fait un petit moment que je marche au hasard.

Je me suis engagée dans un sentier que je ne connaissais pas encore.

Tout au bout, une grille me barre le passage. Aucune importance, je ne sais pas d’où elle sort mais j’ai dans la poche la clé qui l’ouvre.

Clic-clac ! Me voici dans la place.

Je m’avance dans une allée ombragée.

Autour de moi, des bouteilles, de grandes bouteilles opaques.

Je m’approche pour regarder de plus près ces étranges récipients.

Pas de doute, ils sont en marbre.

Des bouteilles géantes en marbre de toutes les couleurs et de toutes les formes !

Cela demande des explications, pas de doute.

Je m’approche donc de la première et la détaille de plus près.

Gravées en lettres d’or s’inscrivent les lettres « Et si j’avais dit la vérité – 1963 ».

Etrange !

Plus loin, une autre bouteille propose « Et si j’avais accepté cette proposition – 1977 ».

Et encore une nouvelle « Et si j’avais dit non – 1985 ».

« Et si j’avais pris cette route – 1980 » « Et si j’étais monté sur ce vélomoteur – 1975 » « Et si je n’avais pas bu cette eau – 1962 » « Et si je n’avais pas passé ce concours – 2000 »

De loin en loin, les bouteilles se succèdent. Toutes les inscriptions reprennent ce lancinant « Et si », mais qu’est ce que cela veut dire ?

Tout à coup, à côté de moi surgit un drôle de bonhomme, lui aussi en forme de bouteille. Il soulève son bouchon, pardon je veux dire son chapeau et me sourit d’un air aimable.

« Vous êtes un peu perdue semble-t-il ! Puis-je vous aider ? »

« Avec le plus grand plaisir, quel est cet étrange endroit ? »

« Mais voyons c’est votre si-metière »

« Pardon ? Mon cimetière ? »

« Mais oui ma chère, votre si-metière, celui dans lequel sont ensevelies toutes les personnes que vous auriez pu être si au lieu de dire « Et si » vous aviez dit « J’y vais ». Chacun de vos choix vous a ouvert une route et en a définitivement fermé une autre. Vous auriez pu être toute autre, vous en rendez-vous compte ? »

Un peu dépassée je réfléchis, c’est vrai ce que dit ce drôle de bonhomme, tant de choix se sont offerts à moi, ai-je toujours fait les bons ? Cela importe-t-il d’ailleurs ?

Nous continuons à marcher en silence et nous finissons par arriver devant une fosse ouverte, près de laquelle repose une vraie pierre tombale, une épitaphe y est gravée «  J'ai suivi ma route et j’en suis heureuse – 20… »

Je détourne vite le regard avant de lire cette dernière date.

Mon accompagnateur m’observe en souriant.

« Vous avez bien fait de ne pas regarder la date, allez savoir ce qui aurait pu se passer ! »

A mon tour je lui souris

« De toute façon je souhaite être in-si-nérée ! »http://membres.lycos.fr/moiccharlene/dossier/%5bd%5d%202D/pierre%20tombale%202.1.JPG

Il me raccompagne vers la sortie et je me réveille, contente de cette nouvelle journée qui commence et de me sentir tellement vivante.

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 00:31
Défi du Samedi nous demandait de nous défouler sur le tableau de Domenico Zampieri "Dieu réprimandant Adam et Eve". Alors voilà :

http://latartine.farv.fr/wp-content/uploads/2009/12/Dieu-r%C3%A9primandant-Adam-et-Eve.jpg

Mademoiselle Eve a décidé de traîner aujourd'hui sa classe dans un musée. On ne peut pas dire que les enfants sont follement enthousiastes, encore que louper les leçons de grammaire et de calcul ne soit pas négligeable. Ils errent dans les allées jusqu'à ce qu'ils tombent sur un tableau qui porte le nom de leur institutrice (pardon professeure des écoles). Eve, c'est écrit en toutes lettres.

Les élèves jettent quelques regards en coin à Mademoiselle Eve mais comme elle semble ravie qu'ils s'intéressent enfin à quelque chose ils n'hésitent plus à donner leur avis sur le tableau.

Voilà une erreur qu'elle ne répètera pas, mais la pauvrette débarque et elle est encore pleine d'illusions sur les bambins.

A ses "Que pensez-vous de ce tableau ?", les réponses se mettent  fuser et la laissent fort déroutée.

"Euuuuh, t'as vu, y a un ange qui montre du doigt, moi j'ai pas le droit !"

"C'est un ange ça"

"Ben oui, il a des ailes"

"C'est des anges aussi les machins beurk ?"

"Quels machins beurk ?"

"Ben les têtes avec des ailes, c'est moche non ? Et pis ça existe pas ! Ca existe les anges ?"

"A ton avis, il est où le reste de leur corps ?"

"Et comment ils font pour faire pipi et caca ?"

"Et les anges par où ils passent leurs ailes, tu crois qu'il y a des trous dans leurs sacs à patates ?"

"Mon papa en voiture, c'est pas le doigt du monsieur qu'il montre, c'est celui du milieu !"

"Et pis t'as vu y a des gamins avec lui, y en a même des tout nus et c'est que des garçons ! Pourquoi y a pas de filles d'abord ?"

"Ouais, j'ai vu, c'est sûrement ce que mes parents appellent un péquelquechose, paraît que c'est mal ce qu'ils font"

"Ils font quoi les péquelquechose ?"

"Ben il y en a qui n'aiment que les enfants, d'autres qui n'aiment que les garçons et même certains les deux en même temps ! Mais c'est pas les mêmes pé"

"Ah et c'est pas bien ?"

"Chais pas, mes parents ont pas voulu me dire, mais il paraît qu'il y a des péquelquechose pas gênants et d'autres, les pébidules on va dire vraiment beurk, va savoir !"

"C'est marrant le hamac volant dans lequel ils sont, comment ça peut voler ce truc là ?"

"C'est sûrement en rapport avec la grativité !"

"C'est quoi ça la grativité ?"

"Sais pas trop, c'est une histoire de pomme je crois"

"Je me demande bien pourquoi il est fâché, comment y mettent sous le tableau, à oui Dieu, et c'est quoi réprimandant ?"

"Tu sais les grands des fois c'est fâché tu sais même pas pourquoi et puis à voir sa tête c'est sûrement un mot cochon réprimandant ! En tout cas ça plait pas au lion et le cheval il se marre !"

"Eh, t'as vu la tronche à Adam !"

"Et son slip de bain il est drôlement moche, je suis sûr qu'à la piscine ils en voudraient pas"

"Pourquoi il montre la dame ?"

"A mon avis, c'est un cafteur, y a qu'à voir sa tête ! Il doit dire au barbu que tout il est de sa faute à la dame !"

"Qu'est ce qu'elle a fait comme bêtise à ton avis pour qu'il soit pas content Dieu ?"

"Chais pas, elle montre le serpent, peut-être qu'elle a voulu lui faire un câlin et que ça a pas plu à Dieu"

"Et alors, c'est sympa les serpents, j'en ai vu au cirque qui jouaient avec une dame"

"Ca mord paraît"

"Seulement si tu l'embêtes sûrement, mais je trouve que c'est super beau"

"Ouais peut-être, en tout cas Dieu il a l'air drôlement en pétard, on dirait Papa quand ma grande sœur elle dit qu'elle sortir avec son copain"

"C'est du grand n'importe quoi les grands de toute manière !"

"Moi, je trouve que notre Mademoiselle Eve à nous elle est drôlement plus jolie que celle du tableau"

"Oui et en plus elle est habillée la nôtre, tu crois qu'elle est comme ça en dessous ?"

"Sais pas faudrait lui demander !"

Mademoiselle Eve, ayant viré au violet depuis déjà un bon moment, arrive péniblement à reprendre son souffle, se dit qu'elle va avoir beaucoup, mais alors beaucoup de choses à apprendre à ses jeunes élèves et les pousse vite, vite, vite vers la sortie sous le regard bienveillant et un tantinet goguenard du gardien de la salle qui en a déjà entendu bien d'autres !

 

 

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 00:40


Oyez, oyez bonnes gens !

Approchez, approchez !

Voilà mon bac à nœuds !

Pour trois fois rien vous pouvez faire l'acquisition de nœuds !

Mais, et c'est là la surprise, vous ne saurez pas ce que vous avez acquis avant de l'utiliser !

Dans mon bac à nœuds vous trouverez :

  • des nœuds pour courir sur la mer
  • des nœuds coulants pour les jours de déprime
  • des nœuds de cravate pour plaire à Madame
  • des nœuds gordiens à ne pas trancher
  • des nœuds du problème à dénouer
  • des nœuds de marins pour amarrer votre voiture
  • des nœuds de sacs pour embêter les autres
  • des nœuds pour faire la fête
  • des nœuds pour vos couettes demoiselles
  • des nœuds ferroviaires pour ne pas manquer votre train
  • des nœuds pour vos lacets
  • des nœuds pour décorer vos arbres
  • des nœuds du mariage pour ceux qui n'ont pas peur
  • des nœuds de tête pour insulter vos voisins ou si vous préférez des têtes de nœud
  • des nœuds à mordre pour vous défouler
  • des nœuds à la gorge pour l'émotion
  • des nœuds lunaires pour votre avenir
  • des nœuds d'amitié à nouer serrés
  • des nœuds de vipères pour vos ennemis
  • des nœuds pour vos mouchoirs pour ne pas perdre la mémoire

Allez-y, allez-y prenez le risque, il n'y en aura pas pour tout le monde. Mais attention la maison décline toutes responsabilités et ne rembourse pas vos achats, à vous de tenter votre chance !



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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 00:47
Défi du Samedi en avait marre des interviews insipides des sportifs après match (courses, combats...) ! Souriez, vous êtes pressentis pour rédiger leurs déclarations. Soumettez au jury 3 textes :

1/ en cas de défaite du sportif
2/ en cas de match nul
3/ en cas de victoire

"On a gagné, on a gagné, on a gagné" braille l'équipe de foot de Trifouillis les Gonesses sur l'air des lampions.

"Désolée Laurence, pas moyen d'en tirer autre chose, il faut croire que ce n'est pas la baballe qu'ils ont mis dans les buts, mais leur cerveau"

"On a gagné, on a gagné, on a gagné"

"Bon d'accord les gars on a compris, on a compris, on a compris, navrée Laurence, c'est contagieux"

 

"Match nul, bon d'accord, match nul, mais il faut quand même le reconnaître nous étions les meilleurs, en fait l'autre équipe a fait de l'anti-jeu pour nous empêcher de marquer"

"Voilà Laurence, c'était la déclaration de l'équipe de Trifouillis les Gonesses, je vais voir l'équipe de Trifouillis les Sarcelles maintenant et je vous transmets de suite son interview"

"Match nul, bon d'accord, match nul, mais il faut quand même le reconnaître nous étions les meilleurs, en fait l'autre équipe a fait de l'anti-jeu pour nous empêcher de marquer"

"Excusez-moi Laurence, mais je crois que les deux équipes ont le même service de communication"

 

"Bonsoir Laurence, voilà l'équipe de Trifouillis les Gonesses a perdu le match qui aurait pu lui éviter la relégation, je vais essayer d'obtenir les impressions de l'entraîneur"

"Monsieur l'entraîneur, votre équipe a perdu ce match à quoi cela est-il dû à votre avis ?"

"... ... ..."

"Oui, certes, posons la même question au capitaine de l'équipe. Alors capitaine 10 à zéro quelles conclusions en tirez vous ?"

"... ..."

"Bien et vous les membres de l'équipe, comment comptez-vous remonter la pente ?

"... ..."

"... ..."

"... ..."

"Chère Laurence, je fais maintenant une dernière tentative auprès du goal. Alors, pourquoi aviez-vous les doigts en caoutchouc ce soir ?

"... ..."

"Désolée Laurence, mais il semblerait que cette défaite reste comme une arête de poisson en travers de la gorge de l'équipe et qu'elle leur cause une extinction de voix, je vous rends donc l'antenne"

Ainsi que vous pouvez aisément le deviner, je suis une super fan de foot !!!
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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 00:22

Petite Laine va bientôt quitter le dos de son mouton, elle l’a appris de la bouche de l’humain appelé berger. Après, elle a entendu plein de rumeurs, mais toutes disent qu’elle va devenir quelque chose d’autre et puis encore autre chose après comme la chenille qui se transforme en papillon. Petit Laine attend donc avec impatience cette aventure.

Voilà, ça y est elle est détachée du dos de son mouton. Elle passe dans un tas d’endroits bizarres qui font du bruit, qui sentent étrangement, on lui fait subir tout un tas de choses et un jour, comme promis Petite Laine est métamorphosée. Elle n’arrive pas à bien se voir, mais elle se retrouve dans une grande boite avec d’autre petites laines transformées comme elle, d’ailleurs elles lui disent qu’elle leur ressemble. Ca lui convient tout-à-fait. Une de ses voisines lui indique que maintenant elles s’appellent toutes Garance, ça a un rapport avec sa nouvelle couleur et ça lui plait bien à Petite Laine.

Les voilà qui arrivent dans un endroit nouveau, tout lumineux, avec à perte de vue d’autres petites laines de toutes les couleurs, c’est le Paradis sûrement se dit notre Petite Laine Garance.

Et commence l’attente, jusqu’à un jour où une petite humaine toute ronde, déjà âgée, aux cheveux blancs et aux yeux clairs entre dans la boutique, apportant avec elle une odeur à la fois douce et piquante (note de la rédactrice, pour ceux qui sont en âge, vous vous souvenez de l’odeur de poudre de riz de vos grands-mères ?). Elle regarde toutes les petites laines étalées devant elle, et bonheur elle la choisit elle, Petite Laine. En route pour une nouvelle aventure.

L’humaine s’appelle Grand-Mère et elle présente Petite Laine à une autre humaine encore plus petite qui s’appelle Petite-Fille. Grand-Mère s’est mis en tête d’apprendre à tricoter à Petite Fille, c’est pour ça que Petite Laine est là. Seulement voilà, les humains sont bizarres, ils ne fonctionnent pas tous de la même manière. Grand-Mère est droitière et Petite-fille gauchère, et malgré toute leur bonne volonté à toutes les deux, Petite-Fille n’arrive pas à faire tenir Petite Laine sur les drôles de baguettes en fer que Grand-Mère lui a donné. Petite-Fille s’énerve, râle, envoie tout balader (note de la rédactrice, j’invente là hein, je ne me suis sûrement pas comportée comme ça. Si ? Non !!!).

Et voilà Petite Laine toujours en écheveau qui part avec Petite-Fille qui essaiera à de nombreuses reprises de la faire tenir sur ces sacrées baguettes sans succès, Alors Petite Laine atterrit dans un tiroir. Et elle y reste, encore et encore. Heureusement pour elle, Petite Laine n’a pas la notion du temps qui passe. Régulièrement le tiroir s’ouvre, mais jamais pour elle.

Enfin, un jour, une main l’attrape et l’emmène sur une table où trône déjà d’autres petites laines de toutes les couleurs et de drôles d’objets en plastique qui s’emboîtent l’un dans l’autre. Petite-Fille, qui d’ailleurs n’est plus si petite, prend Petite Laine et commence à l’entourer autour de ses morceaux de plastique qu’elle réunit ensuite. Puis scricht, scricht, les ciseaux coupent Petite Laine, un autre morceau de laine vient retenir les fibres et voilà qu’elle est devenue une chose toute ronde, toute douillette.

Mais son aventure ne s’arrête pas là, plein d’autres boules sont fabriquées, des pompons ça s’appelle. Petite-Fille, qu’il faut maintenant appeler Maman, les accroche à des barres et le tout est suspendu au-dessus d’un berceau dans lequel un tout petit humain Petit-Garçon rit de bonheur en tendant ses menottes pour essayer d’attraper Petite Laine qui se balance au-dessus de lui, et Petite Laine est heureuse, les rumeurs étaient vraies elle est devenue quelque chose de merveilleux.

Et ce n’est pas tout, un autre pompon de Petite Laine est cousu sur le bonnet que Grand-Mère, devenue Arrière-Grand-Mère a tricoté pour Petit Garçon. Et d’autres morceaux d’elle vont devenir broderies de Petit Garçon à Maman pour une fête qu’on appelle Fête des Mères, d’autres vont s’incorporer aux modelages de Petite-Fille qui si elle ne sait toujours pas tricoter, sait quand même se servir de ses mains pour d’autres choses.

Bien sûr le mobile avec les pompons a été rangé, Petit-Garçon est devenu Grand-Garçon. Mais, Maman espère bien qu’un jour elle deviendra Grand-Mère et qu’elle pourra ressortir Petite Laine pour la donner avec ses sœurs à un autre Petit-Garçon ou à une autre Petite-Fille.

Bref, Petite Laine, dans toutes ses métamorphoses continue de vivre un peu partout et elle est très heureuse de son sort.

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 00:11
J'avais écrit ce petit texte il y a plus d'un an, et oui mon côté fourmi je stocke, en fait je n'avais pas trouvé l'illustration qui allait bien. C'est maintenant chose faite grâce à une photo de Mima.


L'enfant joue.

Il s'invente des mondes et des aventures.

Il est bien tout au fond du jardin à la lisière de la forêt qui s'insinue jusqu'à lui.

Il a découvert avec bonheur cette étrange racine qui, au gré de son imagination, devient cheval, vaisseau spatial, camion de pompier ou simplement fauteuil pour rêvasser.

Jour après jour, il revient près de son compagnon de jeu.

Jour après jour, celui-ci envahi de plus en plus son univers.

Il l'entend lui parler de mondes au-delà de son monde, d'espaces qu'il peut lui faire découvrir s'il veut bien lui faire confiance.

Bercé par cette voix qui lui devient peu à peu plus familière que celle de ses parents, l'enfant doucement s'enfonce dans cette galaxie de rêves.

Ses parents s'inquiètent, trouvent qu'il passe trop de temps seul au fond du jardin, parlant à ce morceau de bois aux formes torturés et qu'ils voudraient éradiquer tant il leur semble une menace. Mais, le petit a l'air tellement heureux qu'ils n'osent intervenir.

Une nuit, l'enfant entend son compagnon l'appeler.

A pas de loup, il se lève pour le rejoindre, il s'approche de la souche, la caresse, la laisse l'enlacer, l'absorber.

Au matin, les parents fous d'inquiétude cherchent l'enfant.

Dix fois ils passent près de ce morceau de bois.

Dix fois, ils pensent voir leur enfant assis sur la racine.

Dix fois, ils repartent en hurlant son nom.

Peu à peu l'espérance s'effiloche. Pourtant, l'espoir n'arrivant pas à mourir ils resteront dans cette maison à attendre le retour de leur fils.

Doucement ils vieilliront près de cette souche qu'en fin de compte, sans savoir pourquoi ils n'ont jamais pu se résoudre à faire arracher peut-être parce que leur enfant l'aimait tant.

Et du fond de ce morceau de tronc, deux yeux, enfantins à jamais, les observent parfois avec tendresse avant de se clore à nouveau sur leur monde parallèle fait de rêves.

 

Et pour ceux qui n'auraient pas repérer l'enfant, la photo de plus près

 

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 00:03

Pour le défi du samedi, le jouteur écrira*  (au choix) : une lettre/ un discours / un règlement / un mode d’emploi / une recommandation / un plaidoyer / une harangue / une charte / un avis / un sermon... Toutefois, il se pliera** à certaines exigences :

  • dans un premier temps, son texte sera tout empreint de bon sens et de réalisme ;
  • progressivement, le lecteur devra percevoir quelques scories*** dans le discours ;
  • le final devra appartenir à l’ordre du grand n’importe quoi.

De plus, chacun s’obligera à donner cinq**** notes de bas de page de longueur décroissante, et, ultime défi, profitera de ce 79e pour communiquer à ses camarades de jeu, de la manière qu’il lui plaira, l’une de ses mensurations***** sans avoir aucunement besoin de justifier pourquoi celle-là plutôt qu’une autre.

* écriture manuscrite ou assistée par ordinateur*
** de la meilleure grâce qui lui soit donnée**
*** sans aucune restriction de taille***
**** disons quatre plus une****
***** nul ne vérifiera*****
***********
*******
***
*



MODE D’EMPLOI DU SHAVE HAIR TERMINATOR

Vous voulez en finir avec les poils disgracieux !
Vous venez d’acquérir pour ce faire notre épilateur électrique (1)

Pour utiliser au mieux votre appareil (2) voici quelques conseils d’utilisation.

Nous vous conseillons de faire votre épilation après un peeling qui aura permis d’exfolier la couche supérieure de votre épiderme.

Assurez-vous toutefois que vos jambes soient parfaitement sèches avant utilisation de notre épilateur. D’autre part, n’utilisez pas l’appareil sous l’eau (3).

Maintenant vous pouvez mettre notre épilateur sous tension.

Pour cela : branchez le transformateur A dans votre prise de courant classique, puis la fiche B du transformateur dans l’emplacement C de votre épilateur (4).

Ensuite, poussez le bouton D sur la position « on », la position « off » vous permettra d’éteindre votre appareil.

Pour l’épilation elle-même, maintenez la peau de votre jambe bien tendue avec une main, mais évitez quand même de l’arracher complètement, puis procédez en partant de la cheville et en remontant vers la cuisse avec un petit mouvement rotatif de gauche à droite ou de droite à gauche selon vos convictions politiques.

Si un repli de peau se coince dans les pincettes, évitez de tirer. Arrêtez l’épilateur, puis avec un cutter scalpez la peau surnuméraire. Si vous n’arrivez pas à arrêter l’hémorragie afférente à l’opération, dirigez-vous vers les urgences ou appelez le Samu si la perte sanguine est trop importante.

Dans tous les cas, n’oubliez pas de désinfecter votre épilateur pour éviter que des odeurs de chair nécrosée ne se développent.

Pour les petits poils rebelles, ainsi que pour le maillot, nous vous conseillons d’utiliser les produits proposés dans votre mallette de rangement.

Soit vous pouvez araser le tout à l’aide du papier de verre gros grain E, soit s’il y a encore des résistances, vous pouvez frotter les poils récalcitrants avec un coton imbibé de la solution à base d’acide chlorhydrique contenue dans la fiole F.

Ne pas oublier ensuite de bien rincer et, afin d’éviter le développement de boutons ou de rougeurs malvenues, pensez à enduire les parties épilées avec la crème G constituée de la molécule révolutionnaire MNVNAPM (5).

Votre épilateur peut également s’occuper de vos aisselles et de votre moustache, toutefois, veuillez noter que notre société se dégage de toute responsabilité en cas d’ablation de la lèvre supérieure ou du nez.

Et maintenant Chère Cliente, Cher Client, bonne épilation !
 

(1) Autant vous le dire vous avez fait le bon choix, nous sommes les plus performants sur le marché pour régler vos problèmes de poils.
(2) Nous avons fait un travail technique impeccable, ce n’est pas pour que l’utilisiez à tort et à travers.
(3) Sauf si vous tenez à vous électrocutez un bon coup ou à modifier votre coupe de cheveux.
(4) Appareil réservé aux personnes maîtrisant l’alphabet.
(5) Mais Non Vous N’Avez Pas Mal.

 

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 00:51

En italique ce que vous avez lu hier.

Depuis plusieurs jours déjà, je faisais halte dans ce petit bourg. Je n’avais prévu qu’une étape, mais, je ne sais pourquoi, le calme et la sérénité de l’endroit m’avaient retenue.

J’avais pris l’habitude d’aller me promener dans les bois et la campagne environnants. A chacun de mes retours, l’hôtesse me demandait avec un petit sourire en coin : « Alors avez-vous rencontré des personnes intéressantes ? » J’avais l’impression qu’elle attendait une réponse bien précise, mais laquelle ?

Ce matin là, je dirigeai mes pas vers la forêt et optai pour un sentier que je n’avais pas encore exploré. Le silence m’environnait, tout juste troublé par moment par le chant lointain d’un oiseau. Il régnait une atmosphère étrange comme faite d’attente. Du coin de l’œil, j’aperçus une minuscule sente qui s’enfonçait plus profondément sous la futaie, elle semblait m’appeler. Curieuse je me laissai tenter.

Brusquement, je me trouvai face à des ruines, les vieilles pierres disparaissaient en partie sous la végétation foisonnante. Elles semblaient se cacher aux regards. J’entrepris de l’explorer. Des restes de pilastres luttaient avec les ronces, un chemin de pierre faisait le tour d’un jardin revenu à l’état sauvage, au centre le reste de ce qui ressemblait à un grand crucifix cherchait à s’élancer vers le ciel. Soudain, j’aperçus un homme assis sur une large pierre détachée d’un mur, vêtu d’un ample vêtement sombre, le visage caché par un capuchon. Un instant décontenancée par cette présence, je finis par m’approcher et je le saluai :

« Bonjour, quel étrange endroit pour un cloître. »

Il parut ne pas m’avoir entendue, il restait là sans bouger, puis sa voix s’éleva dans le calme de la forêt :

« Je vais vous raconter la légende de cet endroit. »

Sans détourner la tête, il me fit signe pour que je prenne place à ses côtés. Un peu sidérée par son attitude, mais curieuse d’en savoir plus, je m’installai près de lui et laissai mon regard errer sur les vieilles pierres.

Il reprit :

« Il y a fort longtemps, vivait ici une petite communauté de moines. Le plus jeune était herboriste. C'était un jeune homme rêveur et tendre, nouvellement arrivé dans la communauté pour remplacer le vieil herboriste qui venait de rejoindre son créateur.

Dans le village voisin vivait une jeune femme, belle comme un rayon de soleil. Elle possédait un jardin de simples qu'elle mettait à la disposition de ses voisins en leur concoctant potions et pommades pour soulager leurs maux. En dépit de sa beauté, elle ne suscitait nulle convoitise de la part des hommes, nulle jalousie de la part des femmes. Sa bonté et sa joie de vivre faisaient d'elle un ange, aux yeux des villageois.

Un jour le jeune moine vint à passer devant ce jardin, pour lui rempli de merveilles. Le voyant admiratif devant ses plantations la jeune femme sortit, le salua gentiment :

« Bonjour mon frère, mes plantes vous intéresseraient-elles ? »

Rougissant, il lui retourna son salut et ils commencèrent à échanger quelques recettes.

Le jeune moine rentra au monastère, des rêves dans les yeux et de la joie au cœur. La vie continua un moment ainsi sans heurts, les jeunes gens continuant à se rencontrer pour confronter leurs connaissances, leur amitié devenant rayonnante.

Mais voilà qu'un jour, le destin arriva sous les traits d'un inquisiteur venu faire une inspection dans la région. C'était un bel homme mais son visage était tellement sévère que tous tremblaient en le voyant et personne n'osait le regarder dans les yeux. Tous, sauf la jeune femme qui l'accueillit comme elle accueillait tout le monde, avec gentillesse et douceur.

Las, sa spontanéité se retourna aussitôt contre elle. Pour l'inquisiteur cette femme, qui brusquement faisait battre son cœur et se lever dans son esprit des pensées impures, ne pouvait être qu'une sorcière.

Alors il se mit à harceler les villageois, posant question après question. Elle sortait à la pleine lune, n'est-ce pas ? Elle empoisonnait le bétail, n'est-ce pas ? Elle avait de nombreux amants, n'est-ce pas, n'est-ce pas ?

Mais, personne n'avoua quoique ce soit d'aussi terrible. Bien au contraire, tous insistèrent sur le fait qu'elle ne préparait que des potions bénéfiques, qu'elle aidait tout un chacun. Hélas, en voulant bien faire, ils allèrent trop loin. L'un indiqua que le jeune herboriste du monastère n'hésitait pas à la consulter et qu'ils échangeaient des plantes, l'autre précisa que la jeune femme soulageait les femmes en gésine avec des pommades calmantes, une autre qu'elle connaissait des plantes qui permettaient d'espacer des grossesses épuisantes. Cela suffit bien sûr à l'inquisiteur.

Pas de doute c'était une sorcière, elle pervertissait un moine, elle allait à l'encontre des préceptes du Seigneur qui disait "croissez et multipliez-vous" et "tu donneras la vie dans la douleur".

Devant ses voisins anéantis, mais qui devant les armes de l'escorte n'osèrent rien faire, elle fut arrêtée et traînée dans le monastère pour y subir la question. Le jeune herboriste voyant le sort réservé à son amie tenta d'intervenir, l'inquisiteur bien sûr n'attendait que ce faux pas pour l'emprisonner lui aussi.

Malgré ce que le monstre leur fit subir, ils clamèrent leur innocence et la pureté de leurs sentiments. Mais la jalousie, l'envie et la colère de l'homme de dieu réclamaient d'être assouvies.

Un matin, tous les villageois furent contraints de se rendre au monastère. Dans une clairière, les moines prostrés attendaient devant un bûcher. Installé sous un dais, l'inquisiteur rendit son verdict. La jeune femme avait été convaincue de commerce avec le démon et elle serait brûlée vive, l'herboriste quant à lui resterait emprisonné à vie.

La "sorcière" fut tirée de sa prison, affaiblie par les sévices infligés, elle arriva soutenue par deux gardes. L'herboriste, dans le même état, fut traîné sous le dais et jeté aux pieds de son accusateur.

L'inquisiteur, voyant la réprobation dans les yeux de tous, fit semblant de faire preuve de mansuétude. Si elle avouait devant tous qu'elle était bien une sorcière, il la ferait étrangler avant de livrer son corps aux flammes.

Elle se redressa, fière et belle. « Je suis innocente, Dieu en jugera et vous punira ». En rage, l'homme ordonna qu'elle soit livrée au supplice. Deux gardes, avec maintes précautions, la lièrent au poteau, sur leur visage se lisait une peine infinie. Un brandon enflammé fut approché des fagots.

Au moment même où le feu prenait, l'herboriste, malgré ses nombreuses blessures, se releva,  et s’emparant d’une épée il la planta dans le corps du tortionnaire qui s'écroula. Puis, sans que personne n'essaie de l'arrêter, il se jeta dans le brasier pour rejoindre sa bien-aimée.

Il l'enlaça sous les imprécations de l'inquisiteur mourant. Une colonne d'air entoura les deux jeunes gens, les séparant du feu. Leurs corps s'unirent, se fondirent l'un dans l'autre et à leur place un grand oiseau blanc s'éleva au dessus du bûcher en flamme. Il effleura l'inquisiteur du bout de l'aile et celui-ci commença à se recroqueviller, à brûler sur place en poussant des hurlements. Puis son corps tomba en poussière et le vent l'emporta.

Personne n'intervint, ni ses gardes, ni les moines, ni les villageois, tous le regardèrent agoniser en murmurant « Le jugement de Dieu est rendu ».

Levant les yeux, ils regardèrent le bel oiseau voler de plus en plus haut et dans leur cœur un grand bonheur se répandit.

Voilà l'histoire de l'herboriste et de la sorcière. Je peux aussi vous dire qu'après cet événement, les moines préfèrent partir vers d'autres monastères et celui-ci tomba en ruine peu à peu. Le village, quant à lui, sembla bénéficier au cours des siècles d'une étrange protection, il fut épargné par les maladies, les famines, les guerres. Tous pensent que l'oiseau blanc veille sur lui. »

La triste voix du conteur, s’effilocha dans le silence revenu. Je me levai et regardai les ruines d'un autre œil. Je restai pensive quelques instants, essayant d’imaginer cet embrasement d’amour. Un mouvement dans le ciel attira mon regard et j’eus l’impression de voir tournoyer l'oiseau fabuleux. Prise d’un étourdissement, je ramenai vivement mes yeux vers mon compagnon qui s’était levé. Je m’aperçus alors qu’il était vêtu d’une bure monastique. Je jetai un dernier coup d’œil aux ruines de l’ancien monastère et murmurai à l’intention de mon mystérieux narrateur :

 « Merci, mon frère, pour cette merveilleuse légende ». Mais, en me retournant à nouveau, je m’aperçus qu’il avait disparu, je ne l’avais pas entendu s’éloigner et je ne le vis nulle part.

Songeuse, je repris le chemin de l'auberge. En me voyant arriver, l'hôtesse ne me posa pas la question rituelle, et se contenta de me sourire. J'avais fait la rencontre qu'elle attendait.


Voilà la très belle photo de Casy qui m'a inspiré cette histoire. Elle était dans ma tête depuis un moment lorsque Fanes de Carottes a proposé comme jeu d'écriture le thème "Bûcher" et voilà 1 + 1 = 2. C'est Infolio qui m'a aidée à mettre mon texte en bon ordre de marche. Et puis ce texte est dédiée à toutes ces milliers de femmes qui ont été brûlées, noyées, pendues sous le fallacieux prétexte de sorcellerie simplement parce que des hommes avaient peur d'elles qui revendiquaient une liberté qui leur était interdite ou qui tout simplement se refusaient à eux. Et il est dédiée également à tout ces femmes de notre époque qui sont battues, lapidées, vitriolées parce qu'elles aussi font peur au sexe dit fort.









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