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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 00:05
Pour la Petite Fabrique d'Ecriture Vous avez mérité le droit de vous reposer un peu, à la terrasse de ce café, avec ou sans cette dame un peu énigmatique.



La femme est attablée tranquillement à cette terrasse, elle profite du vent tiède et de son délicieux verre de champagne.

Elle aurait pu l'attendre pour fêter l'évènement, mais elle a eu envie de se faire un petit plaisir.

Elle savoure son verre tout en contemplant les alentours avec des airs de triomphatrice.

Il faut dire qu'elle a bien manœuvré, cet homme n'était que de la terre glaise entre ses mains. Certes, il paraissait très attaché à sa compagne, c'est d'ailleurs ce qui l'a tout de suite attirée chez lui, la chasse n'est pas intéressante s'il n'y a pas un peu de rébellion de la part de la proie.

Mais ça y est, il est à elle ! Hier au téléphone il lui a annoncé qu'il avait rompu.

Bref tout va bien, elle va s'amuser un peu avec lui et après eh bien, ma foi, elle repartira en chasse !

Tout à coup elle entend le cliquetis d'une paire de talons aiguilles, une femme arrive près d'elle et sans façon s'assoie devant elle. Elle la fixe un moment derrière ses lunettes noires.

Elle l'a reconnaît, c'est l'amoureuse éconduite. Non mais franchement, si ce n'est pas de la pause de se balader tout le temps avec des lunettes noires sur le nez. Elle a bien rit avec son amant lorsqu'il lui a dit qu'elle ne les enlevait qu'au lit une fois la lumière éteinte. Que cela puisse être une maladie la laisse totalement indifférente.

Avec un sourire en coin, elle prend la parole.

"Que puis-je pour vous ?"

"Je sais ce que vous avez fait, êtes vous prête à en payer le prix ?"

"Vraiment ma chère,  pourquoi faire tout un mélodrame d'une histoire somme toute banale ?

"L'histoire oui, Chère, la femme que je suis un peu moins sachez-le"

"A cause de vos lunettes de soleil peut-être ?"

"Peut-être en effet. Au fait, n'attendez pas notre amant, je crains qu'il ne puisse venir"

"Que lui avez-vous fait harpie ?"

L'autre se met à rire

"Harpie, non chère amie vous vous trompez légèrement d'espèce"

Elle lève la main et d'un mouvement souple enlève ses lunettes de soleil.

Elle fixe l'autre femme.

Celle-ci sent son esprit vaciller sous le regard de feu qui la vrille.

Elle sent son corps qui se fige.

Un dernier battement, son cœur s'arrête et son âme s'envole en hurlant.

"Non" reprend la femme en remettant ses lunettes "pas une harpie, une gorgone et de quoi vous plaignez-vous, vous resterez inchangée jusqu'à la fin des temps. Quant à mon infidèle amant, il a rejoint ma collection, quel dommage que je ne puisse vous emmener"

Elle se lève et reprend, sereine, sa route.

Quelques temps plus tard, le propriétaire du bar contemple ébahi cette étrange statue assise devant son établissement.

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 00:59
Les éditions “DÉFI DU SAMEDI” cherchent pour leur nouvelle collection “Yeux grands ouverts” des auteurs de littérature jeunesse. La collection “Yeux grands ouverts” sera destinée à un public de 5 à 8-9 ans (enfants qui commencent à lire seuls) et se propose de faire découvrir aux apprentis lecteurs les réalités du monde. Tous les thèmes de société peuvent être envisagés, en quelque endroit de la planète que ce soit. Un seul thème sera traité par album. Le défi sera d’éviter de tomber dans la mièvrerie tout en gardant en tête que les enfants devront pouvoir lire seuls chacun des titres de la collection. Les auteurs enverront leur(s) manuscrit(s) à l’éditeur : samedidefi@hotmail.fr pour le samedi 2 mai 2009, 9h 00 ; ils rédigeront, également, la quatrième de couverture qu’ils placeront en tête de leur production et n’oublieront pas de donner un titre. Dans chaque album, il a paru souhaitable qu’un enfant, garçon ou fille, aide à l’identification du lecteur, mais tout autre procédé pourrait être envisagé, au gré de l’auteur. Les textes illustrés sont acceptés.

J'ai donc l'honneur de vous présenter le synopsis de mon futur album
 

Quatrième de couverture : Dans ce petit album « Civils ou incivils ? » nous poserons des questions de savoir-vivre simples et nous verrons comment y réagissent d’une part Mimi et son inséparable chat de gouttière Tom et d’autre part l’affreux jojo du coin Totor flanqué de Terreur son chat d’égout.

Hors album 

Note de la rédactrice pour le futur dessinateur des aventures de Mimi, Tom, Totor et Terreur.

Merci de partager chaque feuille par la diagonale, d’un côté nous trouverons le « Recommandé » avec Mimi et Tom, de l’autre côté le « A éviter » avec Totor et Terreur. Si cela ne vous dérange pas trop nous vous désignerons maintenant par le sigle CD pour Cher Dessinateur) 

Mimi est une charmante fillette rousse aux yeux verts (mais n’en faites quand même pas CD une mijaurée à qui on a envie de balancer des baffes) et Tom un chat bleu (oui bleu, ça ne vous pose pas de problème j’espère CD) aux yeux dorés. Totor est un affreux morveux avec le nez cassé, les cheveux d’une couleur indéfinissables car rarement lavés et Terreur un chat qui n’a de chat que le nom (aucune classe quoi, et disons d’un blanc sale, enfin vous faites comme vous le sentez CD).

1er planche. Dans le bus. 

Une vieille dame (ou un vieux monsieur ou éventuellement une mère et son bébé je vous laisse CD toutes latitudes pour décider) monte dans le bus, il n’y a plus de place. Que fais-tu ?

Mimi : « Je prends Tom dans mes bras et j’offre ma place à la vielle dame (ou vieux monsieur ou etc…) »

Tom « Je râle parce que j’étais parfaitement bien installé sur les genoux de Mimi, mais bon, paraît qu’il faut pas être égoïste »

Totor : « Non seulement je ne bouge pas, mais je laisse mon sac à dos sur la place à côté de moi, et en plus je mets mes pieds boueux sur le siège en face »

Terreur : « Il a raison, on aime avoir nos aises et puis les anciens (ou les mères avec mioches) ils n’ont qu’à prendre le bus aux heures creuses »

2ème planche. Chez le dentiste.

Tu dois aller chez le dentiste, comment t’y prépares-tu ? (Note pour mon CD, pas trop gore hein le cabinet du dentiste, il ne faut pas que nos jeunes lecteurs refusent d’y aller ensuite)

Mimi : « Je me lave les dents avant d’y aller et je prends un livre pour penser à autre chose en attendant mon tour »

Tom : « Cool, j’ai pas besoin d’aller chez le dentiste, mes croquettes suffisent à me laver les dents, comment ça on peut aussi laver les dents de son chat, venez-y un peu pour voir (ici CD j’aimerais bien que vous montriez Tom un peu énervé par l’idée d’un éventuel brossage de quenottes)

Totor : « Je bouffe de l’ail tant et plus, je me lave pas les dents pendant au moins une semaine avant et je le mords quand il approche la main » (allez-y CD éclatez vous avec ça)

Terreur : « Pendant que le patron mord le mec, moi je lui détruit son papier peint à coup de griffes »

3ème planche. A la piscine.

C’est mercredi, jour de piscine, comment gères-tu ce moment de loisir ? 

Mimi : « Je me mets en maillot de bain, je passe aux toilettes et je prends une douche. Après je nage en suivant le parcours (on part à droite, on revient à gauche) pour ne gêner personne ou je m’amuse avec mes amis en évitant d’éclabousser ceux qui ne savent pas bien nager »

Tom : « Ca va pas la tête non, là moi je reste peinard à la maison »

Totor : « Je mets mon maillot de bain dès le matin et je traîne avec toute la matinée. Je fais semblant de prendre une douche, si j’ai envie de faire pipi, zou dans l’eau en la remuant bien histoire que ça se voit pas trop, je tire par les pieds tous ceux qui passent pas loin, j’éclabousse les autres et je fais la bombe pour sauter dans l’eau, l’éclate quoi »

Terreur : « Pour une fois je suis d’accord avec l’autre pelé de Tom, je reste tranquille dans mon coin de terrain vague »

(Pour mon CD carte blanche, simplement un maillot de bain vert pour Mimi, c’est plus seyant avec des cheveux roux)

4ème planche. Dans l’hypermarché

Tu accompagnes ta mère pour faire les courses à l’hypermarché, comment te conduis-tu ?

Mimi : « Je pousse le caddy et j’attends que Maman mette les courses dedans, éventuellement, si elle est de bonne humeur je lui demande un paquet de bonbons ou un livre et si elle est de très bonne humeur un jouet en plus pour Tom. Si elle est de mauvaise humeur, je me tiens à carreau »

Tom : « Même pas drôle les chats sont interdits dans ces bidules, je reste au chaud dans la voiture et j’attends tranquillement que mes deux pattes reviennent tout en espérant qu’elles n’auront pas oublié mes croquettes préférées »

Totor : « Top génial, je fais du stock car avec le caddy, je fiche en l’air un maximum de piles de conserves, je braille pour que ma mère m’achète des trucs inutiles »

Terreur : « Je me glisse dans l’hyper en catimini et je dépiaute tout ce qui me passe à portée de griffes, éventuellement, je fais un petit pipi ou deux et dégustation de bouffe sur place »

(Allez y CD défoulez-vous, je suis sûre que ça va vous rappeler votre jeune temps. Pardon ? Vous dites ? Comment ça c’est plus marrant d’être du côté des « A éviter » que des « Recommandé », il me serait très désagréable d’avoir à changer de dessinateur maintenant, reprenez-vous voulez-vous ! Nous avons un ouvrage sérieux à écrire et un message important à délivrer à notre belle jeunesse).

Voilà chers lecteurs des Défis du Samedi les 4 premières planches de mon ouvrage éducatif pour enfants, vous pouvez bien sûr varier les motifs à l’infini, je suis bien sûre que vous vous souvenez des âneries que vous faisiez à cet âge à l’école, à la bibliothèque, à l’église (pour ceux qui ont été enfants de chœur), chez le coiffeur, au cinéma, dans la voiture parentale en partance pour les vacances, je vous laisse donc à votre nostalgie.

Un petit clic sur les liens qui suivent et vous verrez les dessins que Joye a très gentiment réalisé pour mon "album".

http://cjoint.com/data/feeYVoH0eH.htm
http://cjoint.com/data/fee22np8Tb.htm
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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 00:10
Ce texte avait été écrit pour les Impromptus littéraires : Inspirez-vous librement de cette photo pour nous écrire une histoire ou un poème qui devra néanmoins comporter obligatoirement le mot décalage. Mais je pense qu'il colle parfaitement avec le thème de Dana sur la lumière, alors voilà.


© crédit photo : Yannick Arnoud

La petite lumière voyage depuis longtemps déjà, enfin elle n'a pas une idée précise du temps mais qu'importe.
Elle voyage avec tout sa famille. Elle et les siens suivent à toute vitesse un long couloir qui les entraîne à travers des paysages très différents.
En regardant au-delà du couloir, tantôt elle voit d'étranges cités toute en hauteur, tantôt des longues étendues verdoyantes ou desséchées.
C'est très bizarre mais également très exaltant.
Parfois des membres de sa famille s'engouffrent dans des couloirs annexes et là c'est un adieu, jusqu'à maintenant ils n'ont jamais rejoint la petite lumière.
Et elle continue sa route à toute allure.

Elle traverse maintenant un endroit désertique peuplé de montagnes et de rochers.
Le flux qui l'entraîne semble ralentir un instant.
Alors la petite lumière sort à nouveau de son couloir pour observer d'un peu plus près le monde qui l'entoure.
A quelques mètres d'elle se tient un de ces insolites objets qu'elle a déjà eu l'occasion d'observer rapidement, ça se tient droit sur deux excroissances et ça avance sans avoir besoin d'un couloir, cela laisse la petite lumière très perplexe.
La chose qui elle aussi l'a aperçue la regarde étonnée et émerveillée aussi. Quelques instants auparavant elle se désolait devant ce grand poteau planté au milieu de la belle nature. Ce décalage entre son monde de paix et ce représentant d'une vie trépidante, la rendait triste.
Et voilà qu'un petit miracle se présente, une petite étincelle qui sort de ce câble noir et laid et qui semble éclairer tout le paysage autour d'elle.
Le moine sourit, adresse un petit signe à la petite lumière qui avant de repartir dans son couloir danse une dernière fois pour lui.
Elle fonce à nouveau vers son destin.
Le moine, serein, repart vers son monastère un léger sourire aux lèvres. Parfois la laideur apporte aussi la beauté.


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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 00:39

Consigne picturale, pour le défi du samedi, cette fois-ci, il fallait s'inspirer d'un tableau d'Edward Hopper

edward

Laissez aller votre imagination... vous pouvez détourner le tableau en couverture de livre, vous mettre à la place d'un des personnages, faire mention de la scène en passant, bref  les possibilités restent ouvertes, du moment que l'on retrouve la scène, même de manière fugace.

La seule contrainte: utiliser au moins une fois le titre: 'Les Oiseaux de Nuit'.

« Ils m’attendent !
Je sais qu’un jour ils viendront me chercher.
Comment tout cela a-t-il commencé ?
Une nuit d’insomnie je me suis approchée de la fenêtre de mon salon, attirée par une vive lumière.
En face de chez moi, j’ai découvert ce bar brillamment éclairé et ses occupants, deux hommes, une femme et le barman.
Curieusement, ils ne bougeaient presque pas.
Je les ai observés un moment puis j’ai été me recoucher sans plus y penser.
Le lendemain matin, je suis passé devant le bar sans m’en rendre compte.
La nuit suivante, comme un papillon j’ai à nouveau été fascinée par la lumière émanant de cet étrange endroit et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir la même scène que la veille.
Perturbée, je retournai me coucher bien décidée à en savoir plus le lendemain en m’arrêtant à ce bar pour prendre un café en revenant du travail.
Mais à nouveau, je passai dans la rue sans me souvenir de ma décision.
Etonnamment personne dans mon immeuble ne semblait connaître cet endroit, pourtant d’autres fenêtres que les miennes donnaient sur ce lieu énigmatique !
Et ainsi, nuit après nuit, j’ai épié cet étrange endroit figé dans un instant toujours identique.
Etais-je angoissée ?
Franchement, j’étais plutôt curieuse et furieuse chaque nuit de constater que je n’avais pas profité de mon passage dans la rue pour étudier de plus près cet endroit.
Et une nuit tout bascula.
A nouveau, j’étais à ma fenêtre guettant la scène immuable qui s’offrait à mes yeux avides.
Tout à coup, pour la première fois, quelqu’un entra dans le bar, un homme manifestement déjà saoul tituba jusqu’au comptoir.
Les autres se tournèrent vers lui et alors, je vous jure que je n’invente rien, les quatre étranges personnages se mirent à se métamorphoser, leurs silhouettes se brouillaient, ondulaient, changeaient de couleur. Leurs bras se transformèrent en ailes, leurs visages se parèrent d’un énorme bec et des plumes noires vinrent remplacer leurs vêtements. En revanche leur taille resta la même.
Le poivrot se trouva brusquement pris au milieu d’une tornade de plumes, il disparut quelques instants à ma vue. Je restai figée à ma fenêtre, tremblant de tous mes membres, me disant que je devais rêver.
Puis les immenses oiseaux se retirèrent et à la place de l’ivrogne virevoltait une plume rouge que l’un d’entre eux attrapa.
Ensuite, à nouveau j’eus devant moi la même scène que d’habitude, la femme avait simplement maintenant cette plume rouge glissée dans ses cheveux roux.
Haletante, je n’arrivais pas à me détacher de cette vue.
Alors, les quatre tournèrent leurs yeux jaunes vers moi.
Ce n’était pas possible, ils ne pouvaient pas me voir ! J’étais dans le noir, de l’autre côté de la rue, mais pourtant leur regard sembla me transpercer.
Je reculai en trébuchant et m’évanouis.
Le lendemain matin, je me réveillai dans le fauteuil dans lequel je m’étais écroulée, courbatue et morte de peur.
En sortant pour me rendre au travail, alors que jusqu’à maintenant j’avais été incapable de le faire, je réussis à m’approcher du bar et je tombai sur un mur de briques.
Avais-je passé toutes ces nuits à halluciner ?
Le soir même en rentrant, je trouvais sur mon paillasson une plume noire abandonnée, ne voulant pas la toucher je mis des gants et la jetai dans le vide-ordure.
Cette même nuit, une fois de plus, je me levai.
Mais rien, de l’autre côté de la rue, il n’y avait rien, rien qu’un mur de briques et devant des silhouettes noires figées que je ne pouvais que deviner.
Ils m’attendent !
Je sais qu’un jour les oiseaux de nuit viendront me chercher. »
                  

« Mon Dieu » s’exclama la jeune femme qui lisait ce texte.
Elle le tendit à son compagnon, un officier de police qui l’avait accompagnée au domicile de sa tante après qu’elle eut signalé sa disparition.
« Lisez ceci, est-ce possible ? »
L’homme prit le carnet, survola le texte et le lui rendit.
« Mais non voyons, votre tante devait écrire des contes voilà tout ».
Ils fouillèrent l’appartement, ne trouvant rien.
Le policier entraîna la jeune femme paniquée à l’extérieur, lui assurant que tout allait être fait pour retrouver sa parente.
Il la regarda s’éloigner, une lueur amusée dans ses yeux jaunes, ses doigts jouant avec une plume noire.
Ils attendent.
Les oiseaux de nuit vous attendent !

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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 00:55
J'avais appelé ce petit texte "Silence antinomique"

Silence vibrant des ronronnements de ma jeune chatte
Silence pépiant de l’oiseau dans mon jardin
Silence pétillant du feu dans la cheminée
Silence crépitant de la pluie sur mon toit
Silence bruissant de l’eau lorsque je nage
Silence roucoulant du pigeon dans mon sapin
Silence jacassant du vent dans les feuilles
Silence riant d’un enfant au loin
Silence tintinnabulant de la cloche de l’église
Silence fracassant du tonnerre
Silence murmurant du ruisseau
Silence rassurant du souffle du bébé
Silence apaisant du battement de mon cœur
Silence craquant de la page tournée
Silence déferlant de la vague sur le sable
Silence insinuant du tic-tac de l’horloge
Silence bouillonnant de la cascade
Silence crissant de la feuille morte sous mon pied
Silence pétillant de la fontaine
Silence frémissant de l’animal caressé
Silence lénifiant de la cigale dans la garrigue
Silence de tous ces sons qui font la vie
Silence de tous ces sons qui nous bercent et nous tranquillisent
Silence de tous ces sons loin des bruits de la ville
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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 00:47
Des lettres d'adieu pour Défi du Samedi. Petite contrainte pas plus de 500 mots.
En voici donc quelqu'unes, enfin vu la taille ce sont plutôt des Post-it d'adieu


Lettre d'adieu de la mante religieuse (ou plutôt de l'amante religieuse, dénomination proposée par une samedienne) : "Tu m'as fait perdre la tête, désolée pour la tienne"
Lettre d'adieu à un pompier : "Plus de combustible, adieu"
Lettre d'adieu à un plombier : "Je n'avais plus qu'une solution, la fuite"
Lettre d'adieu à un gendarme : "Passez votre chemin, il n'y a rien à voir"
Lettre d'adieu à un journaliste : "Un scoop pour toi, je te quitte"

Lettre d'adieu à un cruciverbiste : "Je n'ai qu'une définition pour toi : Un peu plus définitif qu'au revoir"
Lettre d'adieu à un pêcheur : "Pas la peine de sortir l'épuisette, je n'ai pas la taille requise il faut me relâcher"
Lettre d'adieu à un dentiste : "Arrête de jouer avec ta roulette, je n'ai plus besoin de détartrage"
Lettre d'adieu à un bibliothécaire (ou à un cinéphile) : "Désolée ton roman (ou ton film) vient d'afficher le mot fin"
Lettre d'adieu à un plongeur sous-marin : "Arrête de me pomper mon oxygène"

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 00:28
Communiqué de Samedi Défi
Depuis longtemps déjà la tribu de Secs avait soif.
Il faut dire que la tribu des Humides avait fait main basse sur la totalité de l’eau courante, l’enfermant dans des réservoirs et des canalisations. Les Secs n’avaient accès qu’à l’eau de pluie quand elle voulait bien tomber.
Ca ne pouvait plus durer ainsi, les Secs avaient de plus en plus soif. Ils se desséchaient, les plus durement touchés étaient les jeunes. Assez curieusement, les plus petits avaient été pris en charge par les Humides qui leur donnaient régulièrement de l’eau. Mais pour les Secs, ils n’étaient ni plus ni moins que des esclaves, d’ailleurs ils en payaient souvent le prix en disparaissant purement et simplement dans les maisons des Humides pour n’en ressortir que sous forme de cadavres.
Il était temps de réagir, les Secs ne pouvaient plus se laisser ainsi assoiffer.
Alors, la guérilla fut lancée.
Des espions commencèrent leur quête.
Il fallait savoir comment les Humides acheminaient l’eau des immenses réservoirs jusqu’à chez eux.
Les Secs sentaient cette eau et cette senteur les rendait fous.
L’apaisement de leur soif dévorante était si proche et en même temps si lointaine.
Il fallut du temps aux espions pour remonter jusqu’aux diverses voies de diffusion du précieux liquide.
Mais bientôt, de partout dans la région les informations affluèrent jusqu’aux représentants des tribus des Secs.
Petit à petit, la carte des flux d’eau fut dressée.
Il fallait maintenant agir de concert.
Les plus forts d’entre eux entrèrent en action.
Perçant la terre sèche, ils forèrent des tunnels jusqu’à atteindre enfin les sources multiples de leur désir.
Ils attendaient maintenant le feu vert du Grand Sec pour lancer l’attaque finale.
Et une nuit, l’ordre tant attendu retentit.
Dans un dernier effort, les forts percèrent les canalisations.
L’eau enfin libérée se rua au travers de la terre sèche et les racines purent enfin se gorger du liquide nourricier et l’envoyer nourrir les arbres, enfin ils allaient à nouveau pouvoir développer des bourgeons et des feuilles.
Le lendemain, au réveil, les tribus des Humides s’aperçurent que l’eau n’arrivait plus à leurs robinets, ilsdécouvrirent que les racines des grands arbres de la forêt environnante avaient dévasté les canalisations et que l’eau précieuse qu’ils ne voulaient plus partager se répandait tout autour des leurs habitations.
L’herbe commençait à perdre sa teinte jaune pour retrouver un vert éclatant, les arbres paraissaient plus forts, presque menaçants, les mettant au défi de voler à nouveau le sang de la terre pour leur seul profit.

 

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 00:39
A nouveau un texte écrit pour les Fanes de Carottes dans la catégorie "Liens" et qui a été retravaillé avec l'aide d'InFolio.

Les pêcheurs viennent d’arriver, ils s’installent tranquillement sur un beau rocher confortable et commencent à sortir leur matériel. Concentrés, ils appâtent, et lancent leurs lignes. Puis ils attendent patiemment que «ça morde» en discutant.
« Une bien belle journée pour pêcher, n’est-ce pas ? »
« Oui, vous avez raison, avec ce temps les proies devraient être plus nombreuses. »
« Tout à fait d’accord, on a beau dire, mais la météo joue quand même beaucoup. »
« Absolument ! Avec les beaux jours, il y a beaucoup plus de bancs qui passent. »
Un silence complice s’installe. Ils échangent quelques sourires et se laissent porter par la tranquillité du moment.
Puis la conversation reprend, plus « professionnelle » :
« Avec quoi appâtez-vous vos lignes ? »
« Rien ne vaut une mouche fabriquée avec du cuir et du papier. C’est un peu fragile, mais bien présenté, c’est infaillible » répond le grand escogriffe au visage constellé de tâches de rousseur.
« Certes, mais ceux qui mordent sont un peu coriaces, non ?»
« Vous savez, une fois bien marinés et assaisonnés, ils deviennent tout à fait délectables et puis mon épouse connaît mille façons de les accommoder. Je vous assure que je n’exagère pas. Avec une seule belle pièce, elle est capable de réaliser au moins trois au quatre repas absolument divins… Et puis, il faut reconnaître que ça mord de plus en plus jeune. Et vous-même ? »
Son voisin quitte un instant son bouchon du regard et sa face de lune semble s’illuminer : « Moi, mon appât préféré reste sans conteste la mouche scintillante, un beau reflet, de belles couleurs, plus c’est chatoyant mieux c’est. Mais il faut savoir choisir son coin. »
« Et les proies sont goûteuses ? »
« Ah, je dois dire qu'elles sont souvent aromatisées avec des parfums exotiques assez intéressants à tester. » 
Se tournant vers le troisième un bon gros rondouillard, resté silencieux : « Et vous-même ? »
« Moi, je ne m'intéresse qu'aux très jeunes. J'utilise donc des petites babioles faciles à saisir. Mais attention ! Elles doivent quand même être attractives, comme pour vous, il faut de la couleur. Toutefois, je dois dire que les prises sont rares, les petits restent très protégés par le banc, mais parfois ils s’éloignent et là hop, emballés. Et franchement, ça en vaut la peine, la chair est particulièrement délicate » répond celui-ci en agitant sa grosse tête.
« Je dois reconnaître également » reprend le plus grand « que ce lien avec un autre monde est aussi une motivation supplémentaire. »
« Absolument, on a une impression de puissance à se dire que quelque chose d’aussi fin que notre ligne peut faire la différence entre la vie et la mort. »
« Je n’avais jamais pensé à ça, mais vous avez bigrement raison ! »
Les trois pêcheurs retombent dans un silence contemplatif. Le nez levé, chacun surveille son bouchon avec application.
Tout à coup, une ligne se tend.
Vite, le pêcheur commence à tourner son moulinet pour ferrer sa proie. Dans le feu de l’action, ses taches de rousseur ressortent.
C’est un fort beau spécimen. Après une lutte farouche, on entend un grand plouf. Il se débat. D’abord activement. Puis il perd en vigueur. Il commence manifestement à manquer d'air, mais reste toujours fermement accroché à l’appât, un portefeuille en peau de requin récupéré sur une précédente proie. Le pêcheur y voit là une certaine justice, étant lui-même de cette race. Enfin, l’homme commence à couler.
Le pêcheur l'attrape avec son épuisette, l'assomme d'un bon coup de gourdin pour l'achever et le range soigneusement dans un grand sac noir. Satisfait de sa prise, il décide d’arrêter là sa partie de pêche. Il salue ses acolytes qui le félicitent et, qui, sereinement, reprennent l’attente en guettant les prises suivantes.
Tandis que Monsieur Roussette s’en retourne en haute mer en frétillant des nageoires, Monsieur Poulpe, ne pouvant laisser ses bras oisifs, attrape un petit jouet qu’il envelop
pe dans un papier cadeau multicolore. Monsieur Raie, quant à lui, un grand sourire éclairant sa face, accroche amoureusement des fards à paupières à d’autres hameçons.

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 00:08
Pour les Fanes de carottes il fallait une histoire à faire peur. Elle a été revue par Ekwerkwe. La lecture de cette histoire est donc à vos risques et périls.

La jeune femme regarde sa roue à plat. Elle est arrêtée en rase campagne, à des kilomètres de tout, seul un petit bois à quelques centaines de mètres rompt la monotonie du paysage. La dernière bourgade qu'elle a traversée est loin derrière elle et la prochaine est tout aussi éloignée. Et le soleil commence à se coucher.

Elle a monté la voiture sur le cric, sorti la roue de secours. Reste à desserrer les boulons.

Elle commence à désespérer, quand tout à coup elle perçoit le son d'un moteur qui arrive.

L'homme dans sa voiture voit la jeune femme en difficulté immobilisée au bord de la route.

Il ralentit, plutôt jolie, ça peut peut-être valoir la peine de s'arrêter.

Il freine, sort de son automobile et s'approche.

Il affiche un large sourire, regarde bien en face, il sait à quel point la première impression est importante pour mettre les "proies" en confiance.

D'une belle voix profonde, il interroge : "Puis-je vous aider ?"

La jeune femme le regarde s'avancer, lui lance un regard méfiant d’abord, puis approbateur : bel homme, bien habillé, une voix ferme, un regard franc.

Elle sourit à son tour : "Oui, volontiers, je n’arrive pas à venir à bout de ces sacrés boulons. »

"Laissez-moi faire, c'est l'affaire de quelques secondes. Vous avez de la chance que je sois passé, on ne sait jamais sur qui on risque de tomber en pleine nuit."

Il relève la tête, un sourire un peu narquois sur les lèvres, quelque chose de félin dans l’attitude.

Elle secoue la tête, un peu tendue, son cœur se met à battre plus vite. Elle regarde au loin pour vérifier si d'autres véhicules ne sont pas sur le point de passer.

L'homme continue de parler, de tout de rien, son ton en devient presque hypnotique.

Après quelques minutes de travail, la roue est changée.

Pendant qu'il range cric, manivelle et roue crevée, elle se glisse dans l'habitacle de sa voiture et attrape un rouleau d'essuie-tout pour qu'il puisse se nettoyer les mains.

Nonchalamment, il s'appuie sur la portière, l'empêchant de la fermer. Il attrape les chiffons et commence à se frotter les mains tout en la fixant du regard.

La voix un peu tremblante, elle lui propose une lingette pour finir de se dégraisser les mains, à son tour elle se met à parler de tout de rien pour essayer d’alléger l'atmosphère.

Il continue à la regarder d'un air de plus en plus ironique, un chat contemplant une souris.

Se sentant en état d'infériorité ainsi assise dans la voiture, elle attrape son sac et sort pour se tenir devant lui.

Et tout à coup c'est l'attaque. Brutale, violente, un rire sec, un "On va bien s'amuser ensemble".

Eclair argenté, choc, sang qui gicle, corps qui s’affaisse.

Le rire à nouveau : "Oui, on va bien s'amuser".

Le lendemain matin, les gendarmes entourent la voiture immobilisée sur le bas-côté. Ils ont été prévenus par un automobiliste affolé et à demi incohérent. Une voiture, la route, un corps, et du sang, du sang partout !

Maintenant, après les premières constatations, ils attendent le responsable chargé de l'enquête sur le tueur aux montres, parce que penchés sur le corps martyrisé ils ont vu la signature que laisse ce tueur impitoyable, la montre de sa victime écrasée à l'heure de sa mort. Comme les papiers de la victime ont également disparus, ils ont transmis le numéro d'immatriculation et attendent le résultat.

Bientôt, l'inspecteur chargé de l'affaire arrive. Il essaye de garder bonne contenance devant le corps, mais il a beau faire, à chaque fois le malaise le submerge, C’est pourtant déjà la dixième victime, il devrait s'y faire mais il ne peut s’habituer à la froide sauvagerie du tueur.

Alors qu'à son tour il fait le tour de la scène de crime, il entend qu'on ouvre le coffre, et se retourne, furieux, près à incendier le coupable, lorsqu'il voit le regard fixe du jeune gendarme qui contemple ahuri l'intérieur du coffre.

A son tour il s'approche et reste figé. Est-ce possible ? Dans le coffre, une bonne dizaine de sacs de femme s'entassent, couverts de sang.

Tous les hommes présents s'entre-regardent, mal à l'aise.

L'inspecteur s'éclaircit la gorge : "Eh bien au moins le collègue chargé de l'affaire du tueur aux sacs n'aura plus à s'arracher les cheveux, il semblerait que mon assassin ait réglé son problème."

Il se tourne vers le corps affalé par terre, le costume chic réduit en lambeaux et imprégné du sang qui a coulé de ses multiples blessures. L'homme a sur le visage un air étonné.

Chez elle, une jeune femme sort de son lit et s'étire avec tout l'abandon et le plaisir d'un tigre. Elle se
souvient de la délicieuse rencontre d'hier soir. Les hommes sont tellement prévisibles : ils ne donnent jamais un coup de main sans espérer une contrepartie en nature. Celui-là était un peu trop sûr de lui et comme d'autres avant lui, il l'a payé de sa vie. Elle jette un coup d'œil sur le portefeuille de sa victime, le range avec les autres dans son tiroir à secrets et tout en sirotant un jus de carotte, commence déjà à se demander sur quelle petite route départementale elle va tendre son prochain piège

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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 00:32
Merci à Dana qui avec son thème de la semaine "un souvenir d'enfance heureux" me permet de ressortir ce petit texte qui date d'une bonne année lui aussi.

 

Le cœur battant, je m'installe dans mon sulky.

Mon cheval blanc piaffe d'impatience.

Il est magnifique avec son poil brillant et sa longue crinière flottante.

Je m'empare des rênes.

Et ça y est le départ est donné.

Nous nous élançons.

Il lève haut les sabots.

Je sens le vent qui emmêle mes cheveux.

Nous fonçons dans l'espace.

Nous allons gagner, c'est forcé.

Nous sommes les meilleurs.

Nous ne faisons plus qu'un.

D'ailleurs c'es toujours avec lui que j'ai les meilleurs résultats.

Mon cœur bat à grands coups.

Au bord de la piste, les spectateurs nous encouragent.

Nous nous envolons.

Et tout-à-coup …

… … … … …

… … … … …

… … … … …

… … … … …

… … … … …

… … … … …

… … … … …

Une voix perçante traverse l'espace.

"Ma p'tite poulette, c'est terminé !"

Zut, mes dix minutes sont achevées, je souris vaguement à la petite dame toute ronde qui m'a sûrement accordé quelques minutes supplémentaires de rêve.

Encore quelques coups de pédales et toute essoufflée, je viens garer mon sulky près des autres.

J'en sors encore un peu chancelante de l'effort fourni et caresse la crinière de mon cheval de bois pour le remercier de ce bon moment de jeu.

Mes parents me sourient.

"Allez bonhomme, il est l'heure de rentrer, tu feras un autre tour demain".

Oh oui, vivement demain que je m'envole à nouveau avec mon cheval, là sur ce petit parking près de la mer.


Et me voilà avec mon cheval. Cette photo a été prise quand je devais avoir 3/4 ans. Mon père chtimi nous emmenait en vacances à Trépied qui se situe près du Touquet dans le 62. Sur le front de mer il y avait notamment un parking sur lequel était installée une écurie de ces sulkies à pédales, et c'était mon coin favori avec la superbe piscine qui a été détruite depuis. Ah ! Juste une précision, c'est bien moi "Bonhomme" c'est comme ça que ma mère m'appelait, et avec ma grand-mère j'avais le choix entre ma cocotte (beurk) et min fiu (autrement dit mon garçon, bref il ne faut pas s'étonner si par la suite j'ai développé un caractère de garçon manqué !



Cette piscine d'eau de mer chauffée faisait 66 mètres de long et on se déshabillait dans des petites cabines privées multicolores. Elle a été remplacée par une piscine ludique, tant mieux pour ceux qui veulent s'amuser, tant pis pour ceux qui veulent nager, parce que mine de rien, la mer du Nord c'est pas chaud, chaud. La voici dans les années 30.

 

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